Sénat : le groupe UDI-UC change de nom et se voit en partenaire de Macron
Le groupe UDI-UC, qui retrouve son nom d’« Union centriste », a voté une motion plaçant le groupe dans la majorité présidentielle tout en laissant une liberté de vote. Si une majorité de sénateurs veut soutenir Macron, certains sont plus méfiants.

Sénat : le groupe UDI-UC change de nom et se voit en partenaire de Macron

Le groupe UDI-UC, qui retrouve son nom d’« Union centriste », a voté une motion plaçant le groupe dans la majorité présidentielle tout en laissant une liberté de vote. Si une majorité de sénateurs veut soutenir Macron, certains sont plus méfiants.
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Ils seront dans la majorité. Ou presque. Le groupe UDI-UC du Sénat a voté lundi une motion sur sa ligne politique plaçant le groupe de 42 sénateurs au sein de la majorité présidentielle, mais avec une liberté de vote pour ses membres. 4 sénateurs se sont abstenus. Une position différente du groupe des Constructifs LR/UDI de l’Assemblée, où les deux tiers sont pour l’abstention lors du vote sur la confiance contre un tiers pour.

François Zocchetto : « Nous avons élaboré une motion consensuelle »

« Nous avons élaboré une motion consensuelle sur la ligne politique du groupe. (…) Il y a un consensus qui s‘est dégagé pour dire que nous accompagnons le président de la République dans son effort de réforme » a affirmé ce mardi à Public Sénat François Zocchetto, président du groupe UDI-UC (voir la première vidéo, images de Stéphane Hamalian). Qui pour l’occasion, va changer de nom, ou plutôt retrouver son ancienne dénomination : « Union centriste ».

« Apres, il y a des nuances qui s’expriment dans le groupe traditionnellement, ce n’est pas nouveau. Le groupe a décidé qu’il s’inscrivait très majoritairement dans l’effort qui est produit par la majorité présidentielle », mais « nous ne sommes pas un groupe dans lequel on impose ou on obéit le doigt sur la couture du pantalon » précise François Zocchetto.

Si le président de groupe apporte ces nuances, c’est que son groupe était en réalité loin d’être uni, la semaine dernière. La réunion hebdomadaire avait été l’occasion d’un vif débat, « sanglant » même, selon une source interne au groupe. Si le mot est exagéré, il existe bien plusieurs lignes au sein du groupe.

Motion du Modem

Les sénateurs Modem, notamment Michel Mercier, ont proposé la semaine dernière à leurs collègues une motion visant à intégrer pleinement le groupe dans la majorité (voir notre article sur le sujet avec le texte de la motion). Comme l’est le groupe Modem de l’Assemblée. Sauf que le groupe centriste du Sénat est plus composite et comporte une majorité d’UDI ainsi que des Radicaux valoisiens.

Le sénateur UDI Jean-Léonce Dupont explique ainsi la géographie du groupe :

« Si on voulait résumer, il y a les "oui, je suis dedans". Il y a les "oui, je suis positif, constructif". Et il y a ceux qui seraient "non sauf si, prouvez-moi que" ».

Le sénateur du Calvados et questeur du Sénat se classe « probablement entre le deuxième et troisième » sous-ensemble. « A titre personnel », Jean-Léonce Dupont « ne voterait pas la confiance », tout en se disant « dans une attitude extrêmement positive ». Il reste « très attaché à ce qui est une caractéristique du groupe : laisser la liberté à chaque parlementaire de pouvoir exprimer en son âme et conscience sa position personnelle. C’est fondamental. (…) Je ne me suis jamais senti très à l’aise dans des organismes caporalisés ». Regardez :

Jean-Léonce Dupont : "Je ne me suis jamais senti très à l’aise dans des organismes caporalisés"
01:50

Menace de claquer la porte

Bernard Delcros, sénateur du Cantal qui avait déposé la semaine dernière le texte avec Michel Mercier, estime pour sa part avoir eu gain de cause. « Hier, nous avons adopté un texte qui est pratiquement celui que j’avais proposé. Simplement, il y a écrit que le groupe est très majoritairement dans la majorité présidentielle et chacun garde sa liberté d’expression et de vote » explique Bernard Delcros (voir la vidéo ci-dessous). Pour lui, ce n’était pas négociable : « Je ne serais pas resté dans un groupe qui ne se serait pas affiché clairement dans la majorité présidentielle », prévient-il. Dommage pour le nouveau groupe La République en marche de François Patriat, qui aurait peut-être pu trouver une nouvelle recrue.

Bernard Delcros sur le groupe centriste du Sénat : "Nous avons adopté un texte qui est pratiquement celui que j’avais proposé
01:51

François Zocchetto a ensuite déposé une sorte de texte de synthèse, capable de rassembler toutes les sensibilités. Bernard Delcros reconnaît que le texte voté « permet de garder l’unité du groupe ».

« Que les candidats s’inscrivent dans la majorité présidentielle en vue des prochaines échéances électorales »

Le texte voté par une majorité de centristes appelle à « voter très majoritairement la confiance au gouvernement Philippe », bien que le Sénat n’aura pas à se prononcer sur un vote, qui reste facultatif à la Haute assemblée. La motion affirme « aborder positivement l’examen et le vote du projet de loi de finances » et entend « favoriser les alliances de projets » et « que les candidats s’inscrivent dans la majorité présidentielle en vue des prochaines échéances électorales », soit les sénatoriales, « et en tant que partenaire de la majorité présidentielle ». « C’est clair » se réjouit un sénateur pro Macron.

Mais François Zocchetto lui-même est-il à l’aise avec la position arrêtée ? Le sénateur-maire UDI de Laval avait soutenu jusqu’au bout François Fillon, y compris après les affaires… « Tout ça, c’est derrière nous. Au deuxième tour, nous avons tous soutenu Emmanuel Macron pour son élection. Maintenant, nous regardons devant et nous voulons que les réformes soient faites » répond François Zocchetto. Reste qu’une majorité de sénateurs de son groupe souhaitent se ranger, à des degrés divers, derrière Emmanuel Macron. Ce qui ne laissait pas beaucoup de choix.

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