Sénatoriales 2017 : y aura-t-il davantage de femmes élues ?
Les dernières élections législatives ont été marquées par une forte augmentation du nombre de femmes à l’Assemblée. Malgré les règles de parité imposées aux candidats, le nombre de sénatrices ne devrait pas faire un tel bond.

Sénatoriales 2017 : y aura-t-il davantage de femmes élues ?

Les dernières élections législatives ont été marquées par une forte augmentation du nombre de femmes à l’Assemblée. Malgré les règles de parité imposées aux candidats, le nombre de sénatrices ne devrait pas faire un tel bond.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dans le domaine de la parité, un écart s’est creusé entre l’Assemblée nationale et le Sénat, après les dernières élections législatives : on compte aujourd’hui 224 femmes députées (38,8%) alors que 87 sénatrices (25%) siégeaient au Palais du Luxembourg après le renouvellement sénatorial de 2014.

Le taux de sénatrices en croissance lente

Le taux de femmes au Sénat sera donc observé de près au soir des élections sénatoriales, le dimanche 24 septembre.

 

Depuis le début du XXIe siècle, le taux de femmes au Sénat connaît une croissance lente et est passé de 10,9% de femmes au Sénat en 2001 à 25% en 2014. 

Des règles de parité strictes

Afin de faciliter l’accès des femmes à cette fonction élective, des règles strictes de parité ont été prises ces dernières années. Dans les départements élisant les sénateurs à la proportionnelle, les listes de candidats doivent être paritaires et alterner un homme et une femme (ou inversement!) (loi du 6 juin 2000).

Dans les départements élisant les sénateurs au scrutin majoritaire uninominal, le binôme candidat/suppléant doit être paritaire (loi du 2 août 2013). (consultez l’évolution des lois facilitant l’accès des femmes aux mandats électifs)

Ces règles de parité peuvent entraîner des dissidences masculines. Sur une liste de candidats, quand une troisième place masculine ou une 5e place est non éligible selon la situation électorale du département, certains candidats masculins choisissent de mener une liste dissidente, pour avoir plus de chances d’être élus. C’est le cas dans la Manche, où les sénateurs (LR) Philippe Bas et Jean Bizet présentent deux listes séparées.

Candidats aux sénatoriales : la place donnée aux femmes selon les partis

En termes de parité, les formations politiques peuvent faire encore des progrès dans les candidats qu’elles présentent aux sénatoriales.

Parmi les têtes de listes, des places théoriquement plus éligibles que les autres, Europe Ecologie - Les Verts est le seul parti à présenter plus de femmes que d’hommes (9 femmes têtes de listes pour 6 hommes). Derrière, on trouve La République en Marche, le Parti socialiste, les communistes, qui présentent tous un tiers de femmes parmi leurs têtes de listes. Moins d’un quart de femmes sont placées têtes de listes chez et l’UDI (18%), le Front national (17%) et Les Républicains (16%).  

Beaucoup de femmes à des postes de suppléante

Dans les départements au scrutin majoritaire uninominal, on trouve moins de femmes candidates que de suppléantes. La République en Marche présente 39% de candidates, l’UDI et les communistes un tiers et le Front national un quart. Chez les Républicains, sur 23 binômes candidat/suppléant, on compte 20 suppléantes.

Une candidature rejetée à cause du mot « suppléante »

En Mayenne, le bulletin du candidat EELV pour les sénatoriales en Mayenne, Claude Gourvil, a été invalidé pour avoir qualifié sa suppléante de… « suppléante ». Le code électoral n’emploie que le masculin. Une application trop stricte et « ridicule » selon le candidat. La commission électorale a maintenu sa décision.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le

France Vivendi Bollore
5min

Politique

Tribune anti-Bolloré :  Maxime Saada, patron de Canal + nie toute « liste noire »

Même si le président du directoire de Canal+ réfute toute « liste noir », il affirme que le groupe tiendra désormais compte de « la considération portée à Canal+ » dans ses choix de financement. Des propos qui ravivent les tensions avec une partie du monde du cinéma, mobilisée contre l’influence de Vincent Bolloré.

Le

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » aux assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le