A quelques jours de l’ouverture du dépôt des candidatures pour les élections sénatoriales, un rouage s’est dégrippé entre socialistes et écologistes. Les deux partis sont signataires d’un accord national en vue du scrutin qui aura lieu le 27 septembre prochain. Mais ce dernier était menacé par un désaccord en Seine-Maritime.
Un hic en Seine-Maritime
La fédération socialiste de Seine-Maritime, qui compte parmi ses rangs l’opposant à Olivier Faure et maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, refusait de respecter l’accord national. Il leur fallait pour cela laisser la deuxième place de liste à l’écologiste Bénédicte Martin. Une situation qui a ulcéré les Verts.
La place d’Hélène Geoffroy dans la balance
Ces derniers, pour négocier, ont menacé d’envoyer valser l’accord national. Ils ont ainsi mis dans la balance la place de l’ancienne maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy. Cette proche de Nicolas Mayer-Rossignol a perdu sa mairie en mars dernier et espérait figurer en deuxième position sur une liste d’union PS-Ecologistes dans le Rhône, menée par le sortant, le Vert Thomas Dossus. L’avenir de l’ancienne édile aurait fait plier la fédé normande. « Hélène Geoffroy s’apprêtait à partir toute seule si nécessaire, mais ce n’était pas gagné pour elle, car elle n’a pas que des amis dans la métropole lyonnaise », confie à Public Sénat un socialiste très au fait des négociations. Dans le Rhône, la situation pour la gauche non-mélenchoniste et les écologistes est tendue : avec la perte de la métropole de Lyon à la droite et de plusieurs villes comme Vaulx-en-Velin ou Vénissieux au profit de la France Insoumise, le deuxième siège des Ecologistes est vraisemblablement perdu. D’après ce socialiste, les Verts ont également menacé de barrer la route à de potentielles réélections, dans le Calvados et le Finistère, en présentant une liste concurrente.
L’accord doit être entériné par la fédération socialiste de Seine-Maritime
Après plusieurs réunions de la fédération socialiste de Seine-Maritime, les lignes ont bougé. La candidate écologiste devrait être avalisée par ses colistiers PS, et Hélène Geoffroy devrait bien avoir sa deuxième place sur la liste écologiste dans le Rhône. Il ne reste plus qu’à la fédération socialiste normande d’entériner la décision par un vote pour qu’elle ne soit effective. « Elle a été difficile à prendre, mais il fallait sortir de cette situation, parce que cela aurait eu des conséquences très lourdes sur d’autres départements », affirme le socialiste au courant du dossier. Roses et Verts pourraient ainsi espérer prendre deux sièges dans le département, sur les six à pourvoir.
« L’accord permet de maintenir le groupe au même nombre »
Le réalisme l’aurait-il emporté ? Sans accord national, les deux groupes ont des plumes à perdre dans la bataille. « Sur nos sept sénateurs renouvelables, trois sont en très grande difficulté : dans le Rhône, en Gironde et dans le Bas-Rhin », explique Thomas Dossus, sénateur sortant qui gère les élections pour les Ecologistes, « l’accord permet de maintenir le groupe au même nombre et de compenser ces trois pertes potentielles ». Ils visent ainsi un siège en Seine-Maritime, en Savoie et en Haute-Garonne. Ce dernier département pose également un problème : ne figurant pas dans l’accord national PS-Ecologistes, ces derniers ont les mains libres. Ils ont ainsi prévu de s’allier à la France Insoumise pour soutenir un candidat « Divers gauche », le maire de L’Union Marc Péré. Une décision qui crispe côté socialiste. Pour autant, les Roses restent ouverts à la discussion. « Je souhaite qu’il y ait un accord gagnant-gagnant », plaide le socialiste cité plus haut, « s’il n’y a pas d’accord, il peut y avoir trois ou quatre départements qui pourraient fragiliser notre position au Sénat ». L’enjeu pour eux : ne pas descendre en dessous de soixante membres, pour pouvoir déposer seuls un recours devant le Conseil constitutionnel, et ne pas passer derrière le groupe Union centriste, demeurant ainsi le deuxième groupe du Sénat en nombre et le premier groupe d’opposition.
Pour l’heure, l’ambiance est à l’apaisement entre Roses et Verts. Du moins, sur le dossier des élections sénatoriales. Sur celui de l’élection présidentielle, les rebondissements sont loin d’être terminés.