Sénatoriales : la droite en ordre dispersé
Majoritaires au Sénat, Les Républicains ne comptent pas laisser les candidats de La République en marche rafler la mise aux prochaines sénatoriales comme ils l’ont fait aux législatives.  Si le mode de scrutin favorise les LR, dans certaines circonscriptions, la droite est divisée.

Sénatoriales : la droite en ordre dispersé

Majoritaires au Sénat, Les Républicains ne comptent pas laisser les candidats de La République en marche rafler la mise aux prochaines sénatoriales comme ils l’ont fait aux législatives.  Si le mode de scrutin favorise les LR, dans certaines circonscriptions, la droite est divisée.
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« Nous allons renforcer la logique majoritaire de la droite et du centre au Sénat. J’ai vu l’étude publiée dans le journal Le Monde cette semaine qui fait état d’une possible perte de 9 à 14 sièges pour la droite (voir notre article NDLR..). Cette étude se trompe lourdement. D’une part, la cote de popularité du chef de l’État est en train de baisser. Et d’autre part, les réformes mises en route ne vont pas du tout dans le sens de se que souhaitent les élus locaux » assure Marc-Philippe Daubresse, tête de liste LR dans le Nord, l’une des plus grandes circonscriptions avec 11 sièges à renouveler dont 4 sont occupés par la droite et le centre. « Je pense que nous pouvons avoir 6 sièges lors des prochaines élections »  prévoit l’ancien secrétaire général adjoint de l’UMP.

Quatre listes de la droite et du centre dans le Nord

Mais voilà, l’ancien ministre et député (il ne s’est pas représenté aux législatives en juin dernier) va devoir faire face à plusieurs listes de droite concurrentes. Tout d’abord ceux qu’il appelle « les battus aux législatives qui essayent de se refaire une santé aux sénatoriales ». Il s’agit de Jean-Pierre Bataille, maire de Steenvoorde et de Sébastien Leprêtre maire de La Madeleine. Tous deux proches de François Fillon, ils ont décidé de monter une liste aux sénatoriales après avoir échoué aux législatives.

Chez les centristes, il est à noter une liste conduite par la sénatrice sortante, Valérie Létard. Approchée à la fois par La République en marche et par Les Républicains pour une liste d’union, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy préfère conduire sa propre liste. « Je lui avais proposé d’être second sur une liste d’union de la droite et du centre. Ce n’est pas l’option qu’elle a choisie. Cela n’a rien d’extraordinaire, cela fait 20 ans qu’il n’y a pas eu de liste commune dans le Nord » confie Marc-Philippe Daubresse.

Il faut ajouter une liste de non inscrits proche de la droite. Alex Turc ne se représente pas, elle sera menée par l’ancien député Jean-Pierre Decool.

« La lame de fond d’En marche aux législatives » perturbe la droite sénatoriale dans les Hauts-de-Seine

Dans les Hauts-de-Seine, ce sont également des candidats malheureux aux législatives qui viennent perturber la liste officielle. Constituée par Philippe Pemezec, maire du Plessis-Robinson, et par Georges Siffredi, maire de Châtenay-Malabry, cette liste dite « des maires » menace la candidature de Jacques Gautier. Ancien sénateur et spécialiste des questions de défense, Jacques Gautier est troisième sur la liste officielle conduite par le sénateur sortant, Roger Karoutchi. La vice-présidente du Sénat, Isabelle Debré est en seconde position.« Avec une seule liste, nous pouvions espérer 5 sièges (sur 7 NDLR). Maintenant, on risque de n’en faire que 4 et le troisième de la liste officielle, en l’occurrence moi, peut être battu » regrette Jacques Gautier avant d’ajouter : « un certain nombre de nos collègues ont été surpris par la lame de fond d’En marche aux législatives. Ils ont considéré que s’ils n’étaient pas élus députés, ils seraient sénateurs ».

Édouard Courtial finalement candidat dans l’Oise

Dans l’Oise, c’est un candidat de « dernière minute » qui vient semer le trouble à droite. L’ancien député, Édouard Courtial, qui ne s’est pas représenté aux dernières législatives, a finalement décidé de sauter le pas pour les sénatoriales à la grande surprise du sénateur sortant, Alain Vasselle. À l’origine, la commission nationale d’investiture avait choisi Nadège Lefebvre, maire de La Chapelle-aux-Pots, comme tête de liste. Elle était secondée par le sortant, Alain Vasselle. «Cela participait à la volonté de féminisation et de renouvellement du parti » indique Alain Vasselle. Mais, la semaine dernière, la fédération LR de l’Oise en a décidé autrement en plaçant, contre l’aval de la direction du parti, l’ancien Secrétaire d’État, Édouard Courtial, en tête d’une liste pour les sénatoriales. Nadège Lefebvre redescend à la seconde place. Alain Vasselle a décidé de se maintenir et se considère comme en tête de la seule liste officielle du parti. « J’ai le soutien de Bruno Retailleau (président du groupe LR du Sénat) et de Gérard Larcher  (président du Sénat). Je peux vous dire que l’initiative d’Édouard Courtial est mal perçue sur le terrain. Il n’incarne pas la nouveauté, il a déjà fait trois mandats de député » insiste Alain Vasselle qui veut croire que sur 4 sièges à pourvoir dans le département, la droite ne pourra pas faire mieux que garder les deux sièges qu’elle détient actuellement. Édouard Courtial met lui, justement, en avant son expérience. « Nous avons réfléchi et considéré que compte tenu de mon expérience, j’étais le plus à même de porter cette liste  » explique-t-il au Courrier Picard. À noter également qu’Olivier Paccaud, vice-président LR du conseil départemental, a pris la tête d’une liste dissidente dans l’Oise.

Une liste « indépendante » à Paris

À paris, le sénateur sortant Philippe Dominati ne veut pas qu’on parle de dissidence à son endroit mais d’une candidature « indépendante ». Dans cette circonscription pas vraiment favorable à la droite, la candidature de Philippe Dominati pourrait menacer celle du sarkozyste Frédéric Péchenard, en troisième position sur la liste officielle conduite par Pierre Charon. «  Mon but n’est pas de menacer la candidature de Frédéric Péchenard mais de récupérer un siège dans la circonscription » explique Philippe Dominati qui met en avant la diversité des sensibilités de la droite parisienne. D’autres listes de droite pourraient aussi voir le jour dans les prochaines semaines, notamment une conduite par l’ancienne sénatrice de Paris, Catherine Dumas.

Contacté par publicsenat.fr, Les Républicains n’ont pas encore communiqué les listes officielles des candidats aux sénatoriales.

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