Sénatoriales: le FN bouscule le jeu en Haute-Marne

Sénatoriales: le FN bouscule le jeu en Haute-Marne

En Haute Marne, deux sièges sont à pourvoir aux prochaines élections sénatoriales. Le FN est en lice avec la candidature de Julien Volot, qui a reçu ce weekend un soutien de poids en la personne de Marine Le Pen qui faisait sa rentrée politique à Brachay,  reportage de Quentin Calmet et Fabien Recker
Quentin Calmet

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C’est en terrain conquis que Marine Le Pen arrive à Brachay. Dans ce village de 57 habitants, la candidate frontiste à réalisé un score de 90% au second tour de l’élection présidentielle.  Arrivée sur les chapeaux de roues, Marine Le Pen vient en Haute-Marne pour son grand discours de rentrée politique. Mais avant cela, une rencontre avec des élus locaux FN (front national) a été organisée. Dans ce département, ils sont une dizaine de maires à avoir parrainé la candidate frontiste à l’élection présidentielle.

Julien Volot, 37 ans est parmi ces élus. Agriculteur et maire d’un petit village dans le département. C’est à lui qu’a été confiée la mission de transformer l’essai aux sénatoriales, après des élections intermédiaires très favorables au FN. Il mène campagne pour dénoncer les dernières réformes territoriales dans la droite lignée du discours de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle. A Brachay, le jeune édile fait le tour des militants et n’hésite pas à citer le Général de Gaulle : “Bien sûr que le Parlement, les Parlements français ne servent plus à rien aujourd’hui parce qu’ils n’ont plus de capacité et de Gaulle le disait tout le temps, un Parlement [européenà] au dessus des nations ce n’est pas normal”.

A Brachay, Marine Le Pen est venue lancer la reconstruction de son parti. En 45 minutes de discours, sous le tonnerre et les averses, elle revient sur les fondamentaux de sa campagne présidentielle : immigration, sécurité, dénonciation du macronisme. Des thèmes qu’elle adapte aussi aux élections sénatoriales. La présidente du Front national explique : “Il y a un vrai débat pour les sénatoriales, parce qu’il y a vraiment un projet de disparition des communes, il y a un projet de disparition même des départements en réalité, à terme.”

Marine Le Pen qui reste floue sur l’objectif de son parti pour cette élection. Et pour cause : signe que le FN est en mauvais état, il pourrait n’engranger que quelques nouveaux sièges le soir du 24 septembre. D’après l’aveu des cadres du parti : le FN pourrait récolter deux ou trois sièges.

La Haute-Marne est une terre de droite. Un territoire soigneusement choisi par le FN, car c’est le département symbole de l’héritage du Général de Gaulle. Un mémorial en honneur du général se dresse à Colombey-les-deux-Eglises, à une vingtaine de kilomètres de Brachay. Bruno Sido est l’un des deux sénateurs LR sortants et candidat à sa propre réélection au Palais du Luxembourg. Il est également président du conseil départemental. Pour lui, la présence ici du FN est le signe d’une récupération politique. Selon Bruno Sido, le vote FN est “un vote protestataire. Quand on voit les décisions de l’administration ou des gouvernements précédents, il y a de quoi protester pour les agriculteurs, pour les artisans etc… [Mais le FN, ce n’est pas] un parti de gouvernement, et de toute façon il faut bien trouver une solution donc nous cherchons, nous, la droite classique, pas excessive, à trouver les bonnes solutions.”

Bruno Sido est affaibli par une condamnation pour omission dans sa déclaration de patrimoine et blanchiment de fraude fiscale. Alors depuis quelques jours, le candidat multiplie les rencontres avec les maires, partout dans le département.

Cette campagne de terrain, c’est aussi celle revendiquée par l’autre candidat Les Républicains, Charles Guéné. Il est  le second sénateur sortant en Haute-Marne. En 7 semaines de campagne sénatoriales, il entend visiter plus de 500 communes.


Selon le candidat, la montée du Front national en Haute-Marne est directement liée à la fuite des services publics. Dans cette campagne, le sénateur entend jouer la carte de l’expérience : “J’expose en général aux grands électeurs, et ils reçoivent assez bien l’idée, que l’on a probablement eu un coup de balancier qui a mis sans doute beaucoup de sang neuf à l’Assemblée nationale - et à la limite c’est peut-être un bien, on verra par la suite - mais qu’il est nécessaire que le Sénat soit là pour contrebalancer avec un peu d’expérience ces effets.


Les deux sénateurs LR Bruno Sido et Charles Guené partent favoris en Haute-Marne. Parmi les challengers : Nicole Samour. À quelques kilomètres au nord du département, la candidate socialiste mène campagne au forum des associations de St-Dizier. Investie par le PS elle se dit lucide: peu de chances pour elle d’être élue au soir du 24 septembre. Elle explique ainsi qu’”il faut être réaliste et que le Parti socialiste n’est pas en tête à l’heure actuelle mais j’espère que par mes compétences et par la reconnaissance qu’ont mes collègues de moi-même faire un score plus qu’honorable.”

Nouvelle organisation territoriale, inquiétude montante des élus concernant leurs ressources financières : tous ces thèmes reviennent régulièrement dans cette campagne sénatoriale. En Haute-Marne, ce scrutin attire les vocations : avec pas moins de 10 candidats au total. À eux, de convaincre les 810 grands électeurs appelés aux urnes le 24 septembre.

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