Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur RN du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Les élections sénatoriales approchent, et la possibilité pour le RN de percer l’un des derniers plafonds de verre est à portée de main. Lors d’un point d’étape organisé au siège du parti dans le XVIe arrondissement, Ludovic Pajot, maire de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et directeur de campagne a réaffirmé l’objectif de constituer un groupe à la chambre haute, ce qui serait une première. A la différence de l’Assemblée nationale, le seuil pour constituer un groupe n’est pas de 15 mais de 10 parlementaires. Depuis les sénatoriales de 2023, le parti ne dispose que de trois sénateurs : Christopher Szczurek (Pas-de-Calais), Joshua Hochart (Nord) et Aymeric Durox (Seine-et-Marne). Tous trois étaient présents lors de ce point d’étape et leur travail « jugé consciencieux et utile » par Ludovic Pajot a été salué. « C’est précisément pour cela qu’il est essentiel que nous soyons en capacité de constituer un groupe au Palais du Luxembourg […] pour avoir les moyens adéquats, pour démultiplier notre action […] Obtenir un groupe au Sénat serait aussi un rééquilibrage démocratique. Il est anormal que le premier parti de France ne soit toujours pas dignement représenté à la chambre haute », a-t-il poursuivi.

« Il y aura d’autres départements ou l’UDR aura la tête de liste »

Aux élections sénatoriales qui se tiendront le 27 septembre prochain les grands électeurs, composés à environ 95 % des conseillers municipaux, constituent le corps électoral. Les dernières municipales ont été globalement synonymes de gains pour le RN. Si le parti a connu des déconvenues dans des grandes villes comme à Toulon, Marseille ou Nîmes, le parti revendique 70 communes et 3 000 conseillers municipaux. Sans compter l’allié UDR, le parti d’Éric Ciotti, qui a remporté Nice dans les Alpes-Maritimes.

Dans ce département, RN et UDR « travaillent main dans la main » a indiqué Ludovic Pajot qui précise que la tête de liste sera membre du parti d’Éric Ciotti. « Il y aura d’autres départements ou l’UDR aura la tête de liste », a-t-il ajouté.

A quatre mois des élections, le directeur de campagne a distillé quelques informations. Des têtes de liste ou candidats titulaires, selon le mode de scrutin proportionnel ou majoritaire, ont déjà été investis dans 46 départements sur les 63 concernés par le renouvellement. Pour la première fois, le RN aura un candidat en Guyane et dans la circonscription des Français de l’étranger renouvelable. L’ensemble des investitures devraient être finalisées d’ici la mi-Juin.

« Certains nous ont fait savoir que si nous avions la capacité de constituer un groupe, ils nous rallieraient »

Pour conquérir le Palais du Luxembourg, le RN veut miser sur des profils expérimentés, des élus locaux maires et adjoints, mais aussi 6 actuels députés et eurodéputés. La députée RN, Edwige Diaz sera bien tête de liste en Gironde et le député Frank Giletti dans le Var. Membre du RN depuis seulement quelques semaines, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente de la LR Martine Vassal au département, sera tête de liste RN aux sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône. Un département dans lequel le parti espère faire élire deux sénateurs. « J’ai franchi ce pas car je n’ai pas changé et je me suis rendu compte que le parti dans lequel j’étais, glisse vers la macronie et donc je ne retrouvais pas ma colonne vertébrale. Je ne pouvais pas continuer comme ça, en me reniant. J’écoute Marine Le Pen, Jordan Bardella, Sébastien Chenu. J’ai retrouvé la droite sincère que je défends, au travers de leurs propos. C’est donc tout naturellement que je suis allé au Rassemblement national », a expliqué Marie-Pierre Callet.

Combien d’élus de droite pourraient être attirés par un nouveau groupe RN/UDR au Sénat ? la question a été posée à Christopher Szczurek, sénateur RN du Pas-de-Calais. « On n’est pas l’abri de surprises. On a effectivement des contacts avec des sénateurs qui sont dans le groupe LR mais qui ne sont pas nécessairement encartés au groupe LR, parfois quelques sénateurs qui sont dans le groupe centriste. Certains nous ont fait savoir que si nous avions la capacité de constituer un groupe, ils nous rallieraient », a-t-il dévoilé saluant « les relations fluides et faciles » qui caractérisent les échanges au Sénat.

De là à imaginer le Sénat en laboratoire de l’union des droites, l’un des enjeux électoraux de la prochaine élection présidentielle, il n’y a qu’un pas que le sénateur du Nord, Joshua Hochart ne franchit pas totalement. « L’idée, c’est l’union de tous ceux au Sénat qui partagent notre philosophie pour le bien des Français et ils sont nombreux », assure-t-il.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le