Les élections sénatoriales approchent, et la possibilité pour le RN de percer l’un des derniers plafonds de verre est à portée de main. Lors d’un point d’étape organisé au siège du parti dans le XVIe arrondissement, Ludovic Pajot, maire de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et directeur de campagne a réaffirmé l’objectif de constituer un groupe à la chambre haute, ce qui serait une première. A la différence de l’Assemblée nationale, le seuil pour constituer un groupe n’est pas de 15 mais de 10 parlementaires. Depuis les sénatoriales de 2023, le parti ne dispose que de trois sénateurs : Christopher Szczurek (Pas-de-Calais), Joshua Hochart (Nord) et Aymeric Durox (Seine-et-Marne). Tous trois étaient présents lors de ce point d’étape et leur travail « jugé consciencieux et utile » par Ludovic Pajot a été salué. « C’est précisément pour cela qu’il est essentiel que nous soyons en capacité de constituer un groupe au Palais du Luxembourg […] pour avoir les moyens adéquats, pour démultiplier notre action […] Obtenir un groupe au Sénat serait aussi un rééquilibrage démocratique. Il est anormal que le premier parti de France ne soit toujours pas dignement représenté à la chambre haute », a-t-il poursuivi.
« Il y aura d’autres départements ou l’UDR aura la tête de liste »
Aux élections sénatoriales qui se tiendront le 27 septembre prochain les grands électeurs, composés à environ 95 % des conseillers municipaux, constituent le corps électoral. Les dernières municipales ont été globalement synonymes de gains pour le RN. Si le parti a connu des déconvenues dans des grandes villes comme à Toulon, Marseille ou Nîmes, le parti revendique 70 communes et 3 000 conseillers municipaux. Sans compter l’allié UDR, le parti d’Éric Ciotti, qui a remporté Nice dans les Alpes-Maritimes.
Dans ce département, RN et UDR « travaillent main dans la main » a indiqué Ludovic Pajot qui précise que la tête de liste sera membre du parti d’Éric Ciotti. « Il y aura d’autres départements ou l’UDR aura la tête de liste », a-t-il ajouté.
A quatre mois des élections, le directeur de campagne a distillé quelques informations. Des têtes de liste ou candidats titulaires, selon le mode de scrutin proportionnel ou majoritaire, ont déjà été investis dans 46 départements sur les 63 concernés par le renouvellement. Pour la première fois, le RN aura un candidat en Guyane et dans la circonscription des Français de l’étranger renouvelable. L’ensemble des investitures devraient être finalisées d’ici la mi-Juin.
« Certains nous ont fait savoir que si nous avions la capacité de constituer un groupe, ils nous rallieraient »
Pour conquérir le Palais du Luxembourg, le RN veut miser sur des profils expérimentés, des élus locaux maires et adjoints, mais aussi 6 actuels députés et eurodéputés. La députée RN, Edwige Diaz sera bien tête de liste en Gironde et le député Frank Giletti dans le Var. Membre du RN depuis seulement quelques semaines, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente de la LR Martine Vassal au département, sera tête de liste RN aux sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône. Un département dans lequel le parti espère faire élire deux sénateurs. « J’ai franchi ce pas car je n’ai pas changé et je me suis rendu compte que le parti dans lequel j’étais, glisse vers la macronie et donc je ne retrouvais pas ma colonne vertébrale. Je ne pouvais pas continuer comme ça, en me reniant. J’écoute Marine Le Pen, Jordan Bardella, Sébastien Chenu. J’ai retrouvé la droite sincère que je défends, au travers de leurs propos. C’est donc tout naturellement que je suis allé au Rassemblement national », a expliqué Marie-Pierre Callet.
Combien d’élus de droite pourraient être attirés par un nouveau groupe RN/UDR au Sénat ? la question a été posée à Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais. « On n’est pas l’abri de surprises. On a effectivement des contacts avec des sénateurs qui sont dans le groupe LR mais qui ne sont pas nécessairement encartés au groupe LR, parfois quelques sénateurs qui sont dans le groupe centriste. Certains nous ont fait savoir que si nous avions la capacité de constituer un groupe, ils nous rallieraient », a-t-il dévoilé saluant « les relations fluides et faciles » qui caractérisent les échanges au Sénat.
De là à imaginer le Sénat en laboratoire de l’union des droites, l’un des enjeux électoraux de la prochaine élection présidentielle, il n’y a qu’un pas que le sénateur du Nord, Joshua Hochart ne franchit pas totalement. « L’idée, c’est l’union de tous ceux au Sénat qui partagent notre philosophie pour le bien des Français et ils sont nombreux », assure-t-il.