« Sentiment de submersion » : « Déçu » par la réponse de François Bayrou, Patrick Kanner lui « demande encore des efforts »

« Pourquoi servir la soupe à l’extrême droite ? » demande le président du groupe PS du Sénat, insatisfait de la réponse du premier ministre au Sénat, suite à ses propos sur le « sentiment de submersion ». « Au moment où je vous parle, les négociations sont bloquées », soutient Patrick Kanner.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les socialistes vont-ils revenir à la table des négociations ? Pas sûr. Après avoir annulé mardi leur présence à une réunion à Bercy sur le budget, suite aux propos de François Bayrou sur « le sentiment de submersion » migratoire, confirmés hier à l’Assemblée, les socialistes attendaient le premier ministre au Sénat, ce mercredi, pour les questions d’actualité au gouvernement sous forme de cession de rattrapage.

Le locataire de Matignon a tenté de les rassurer, à sa manière. « Les mots sont des pièges » a soutenu François Bayrou, dans une réponse écrite lue par le ministre Patrick Mignola. « On ne retient dans cette expression que le mot de submersion et non celui de sentiment », dit-il. Il parle un langage plus doux aux oreilles des socialistes, insistant sur « l’intégration » et les étrangers qui travaillent dans le pays.

« Le temps se raccourcit très vite en ce moment. S’il veut vraiment un accord ponctuel de non-censure, je lui demande encore des efforts »

Mais pour Patrick Kanner, ce n’est pas encore ça. Interrogé au micro de Public Sénat après les questions d’actualité, le patron du groupe PS de la Haute assemblée, qui a interpellé le premier ministre, lui demande « d’aller plus loin ». « Il ne m’a pas apporté de réponse sur deux questions précises : que fait-on des crédits diminués sur l’aide médicale d’Etat et est ce qu’il abandonne la question de la submersion migratoire, qui est un terme d’extrême droite », souligne le patron des sénateurs socialistes, « déçu de sa réponse, qui aurait pu être plus claire ». « Pourquoi servir la soupe à l’extrême droite, quand je vois hier les mines réjouies des députés RN ? » demande le sénateur du Nord. Il attend plutôt des réponses « sur le pouvoir d’achat » ou le financement « de la bifurcation écologique ».

La situation peut-elle mener à la censure ? « Ce sont des motifs de mécontentement, de colère », préfère dire Patrick Kanner. « Est-ce que cela ira à la censure ? Ce sont les instances du PS, qui décideront », rappelle celui qui fait partie des plus ouverts à l’idée de non-censure. S’il doit encore « réfléchir avec Olivier Faure », numéro 1 du PS, « au moment où je vous parle, les négociations sont bloquées. Nous n’avons pas repris les négociations avec le gouvernement, à quelques heures de la commission mixte paritaire », soutient le sénateur, qui fait partie des négociateurs, ne sachant « pas si cette réponse justifierait que nous revenions à la table des négociations ». Mais il met en garde : « Le temps se raccourcit très vite en ce moment. S’il veut vraiment un accord ponctuel de non-censure, je lui demande encore des efforts ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Présidentielle : « J’irai jusqu’au bout » de l’élection pour « remettre la France à l’endroit », clame Bruno Retailleau à son premier grand meeting
11min

Politique

Présidentielle : « J’irai jusqu’au bout » de l’élection pour « remettre la France à l’endroit », clame Bruno Retailleau à son premier grand meeting

Depuis le parc Floral, en bordure de Paris, l’ancien ministre de l’Intérieur a tenu le premier grand rassemblement de sa campagne présidentielle ce 20 juin. Devant plusieurs milliers de personnes, le candidat a fait le serment de « relever » le pays « et de le remettre à l’endroit », concentrant ses coups contre la France insoumise et les macronistes.

Le

« Sentiment de submersion » : « Déçu » par la réponse de François Bayrou, Patrick Kanner lui « demande encore des efforts »
4min

Politique

Sida : 45 ans après la découverte du virus retour sur l’Histoire d’une pandémie aux 44 millions de morts 

Aujourd’hui c’est une maladie « presque » comme les autres, et pourtant les années Sida ont, au début des années 1980, été une déflagration sanitaire et sociétale. Maladie sexuelle transmissible, sans traitement connu, elle touche d’abord les milieux homosexuels avant de se propager à toute la société et devient vite un sujet de santé publique mondial préoccupant. C’est cette histoire du SIDA, de ses origines à la découverte des antirétroviraux, que nous raconte Marion Aballéa dans son Histoire mondiale du SIDA (éditions du CNRS), un travail de recherche récompensé par le prix du Sénat du livre d’histoire 2026.

Le