Séparatisme : la gauche du Sénat s’alarme de « dispositions qui rognent la liberté de la presse »
En fin d’après-midi le Sénat a adopté l’article 20 du projet de loi confortant les principes de la République. Il permet une comparution immédiate à certains délits de presse, malgré la forte opposition de la gauche du Sénat.

Séparatisme : la gauche du Sénat s’alarme de « dispositions qui rognent la liberté de la presse »

En fin d’après-midi le Sénat a adopté l’article 20 du projet de loi confortant les principes de la République. Il permet une comparution immédiate à certains délits de presse, malgré la forte opposition de la gauche du Sénat.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les débats entre Éric Dupond-Moretti et la gauche du Sénat étaient déjà tendus en début d’après-midi, mais l’absence du garde des Sceaux au moment d’examiner l’article 20 du projet de loi confortant les principes de la République, n’a pas plus rassuré les élus. « Quand le garde des Sceaux est venu ici, il nous a expliqué avec force et grands effets de manche, qu’il ne toucherait pas à la loi sur la liberté de la presse. Il n’est plus là. Son absence est un dur silence pour nous. On comprend bien que ce qui est touché par ce texte, c’est la loi sur la liberté de la presse » s’est désolé le sénateur communiste, Pierre Ouzoulias qui comme sa collègue socialiste, Marie-Pierre de la Gontrie, et l’écologiste, Esther Benbassa, a déposé un amendement de suppression à cet article.

L’article 20 permet une comparution immédiate suite aux délits de presse comme de provocation à la commission d’infractions graves, des délits d’apologie d’infractions graves, ainsi que des délits de provocation à la haine discriminatoire ».

« Nous ne voulons pas laisser passer dans une sorte d’apathie des dispositions qui rognent la liberté de la presse […] cette affaire de comparution immédiate n’est pas du tout anodine […] C’est très grave lorsqu’on vient banaliser pour des œuvres de l’esprit, des œuvres d’écriture, la comparution immédiate » s’est alarmé Jean-Pierre Sueur, sénateur PS.

La commission des lois du Sénat a amendé cet article excluant de la comparution immédiate, les délits où un organe de presse est concerné. Insuffisant pour la gauche du Sénat qui met en avant que les journalistes qui s’expriment sur les réseaux sociaux en leur nom, seraient concernés par la comparution immédiate.

Le ministre en charge de la Transition numérique, Cédric O qui remplaçait Éric Dupond-Moretti a estimé que l’article était suffisamment protecteur pour les journalistes « car les contenus éditorialisés » sont exclus du champ de la comparution immédiate.

« J’ai été interpellé à deux reprises, hors micro, par le garde des Sceaux » dénonce la présidente de la séance

L. Rossignol accuse Dupond-Moretti d'avoir porter atteinte à sa fonction de présidente de séance
01:13


Avant la clôture, la présidente PS de la séance, Laurence Rossignol a souhaité faire état « d’un fait institutionnel qui se serait déroulé en début d’après-midi. « J’ai été interpellé à deux reprises, hors micro, par le garde des Sceaux, cherchant des échanges avec moi qui n’ont rien à voir avec la séance […] Ce n’est pas à moi à titre personnel qu’il a été porté atteinte mais à la présidence, à la sérénité de son exercice et à une règle essentielle qui est la dissociation entre la personne du président et l’exercice de la présidence », a-t-elle rapporté.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

ELYSEE PRESSE 1© La Famiglia
3min

Politique

« Cap sur l’Élysée » : Public Sénat lance sa série documentaire sur la présidentielle, à voir en avant-première

Public Sénat propose, en ligne dès ce 24 octobre, le premier épisode de « Cap sur l’Élysée », série documentaire inédite qui suivra la campagne présidentielle jusqu’au scrutin. Le premier épisode est disponible en intégralité sur publicsenat.fr, une semaine avant sa diffusion télévisée, le samedi 31 octobre à 21h sur le canal 8 de la TNT.

Le

MANIF FEMINISTE ANTI RASSEMBLEMENT NATIONAL
6min

Politique

Manifestation contre le RN à Orléans : un « aveu de faiblesse » pour la gauche ou un échec de la dédiabolisation de Marine Le Pen ?

20 000 à 30 000 opposants au Rassemblement national sont attendus samedi à Orléans où se tient le congrès du parti. Associations, syndicats, mais aussi responsables politiques comme Olivier Faure, Marine Tondelier ou Bally Bagayoko feront partie du cortège. Signe d’une dédiabolisation qui n’est pas encore aboutie pour le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ou un aveu d’impuissance de la gauche ? En 1997, une contre-manifestation avait rassemblé 50 000 personnes et les chefs de partis de gauche à Strasbourg où se tenait le congrès du Front national.

Le

7min

Politique

Pas de panier de produits sains à prix coûtant pour les consommateurs français : le texte a été rejeté par le Sénat

Jeudi, la proposition de loi déposée par les écologistes, qui entendait favoriser l’accès à une alimentation saine, a été rejetée par le Sénat. Si la nécessité de garantir l’accès aux produits de première nécessité dans un contexte inflationniste a été unanimement reconnue, plusieurs groupes politiques ont fait part de leur désaccord avec les moyens de sa mise en œuvre.

Le