Service et OTAN: Mélenchon détaille son programme de défense
Rétablissement du service national, dénucléarisation militaire, développement de l'arme "cyberguerrière", sortie de l'Otan: Jean...

Service et OTAN: Mélenchon détaille son programme de défense

Rétablissement du service national, dénucléarisation militaire, développement de l'arme "cyberguerrière", sortie de l'Otan: Jean...
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Par Lucile MALANDAIN

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Rétablissement du service national, dénucléarisation militaire, développement de l'arme "cyberguerrière", sortie de l'Otan: Jean-Luc Mélenchon a détaillé vendredi ses propositions de défense accompagnant sa vision géopolitique du monde.

"La clé de la théorie de la révolution citoyenne est la récupération par le peuple de son pouvoir dans tous les domaines dans lesquels sa puissance collective s'incarne", a résumé le candidat de La France insoumise en conclusion d'une matinée consacrée à son programme de défense à l'Institut des relations internationales et stratégiques.

"Le retour de l'intervention populaire dans les questions de pensée et de déploiement de ces moyens de défense" commence par "la fin de l'abolition de la conscription", a-t-il dit.

Il propose de rétablir un service national de 9 à 12 mois, obligatoire (sauf maladie et objection de conscience) pour garçons et filles entre 18 et 25 ans, rémunéré au Smic.

Un quart des jeunes mobilisés pourra choisir une composante militaire, les autres ouront pour options la police de proximité, la sécurité civile, les associations labellisées d'intérêt général, etc. Les jeunes conscrits ne seront pas envoyés en opérations extérieures.

"Je n'arrive pas à prendre au sérieux l'idée que la circonscription occupe pendant un mois toute la jeunesse de France, ça ce n'est pas la conscription, c'est la colonie de vacances", a raillé M. Mélenchon à propos de la mesure proposée récemment par Emmanuel Macron.

Le candidat PS Benoît Hamon s'est vu quant à lui accusé de "naïveté" et, plus globalement, ses concurrents d'avoir une "pensée très faible" et une "volonté indépendantiste proche de zéro".

Pour Jean-Luc Mélenchon, le retour du service national doit servir de "socle" à une garde nationale constituée sur la base du volontariat et placée sous commandement civil. Elle diversifiera ses activités au delà de la lutte anti-terroriste par exemple pour "se reéapproprier les tâches essentielles de sécurité sous-traitées au privé".

- "de Gaulle s'est entendu avec Staline" -

Assumant une forme d'héritage du général de Gaulle, M. Mélenchon a défendu sa vision d'une France militairement indépendante, en particulier du géant américain.

"Il n'y a personne en Europe à part votre serviteur qui dit que l'avenir de la défense, de sa patrie (...) est de sortir de l'Otan et de sortir de cet engrenage militaire!", argumente le candidat. Pour lui, c'est à l'ONU de devenir le "seul organe légitime pour assurer la sécurité collective". Il refuse donc toute construction d'une "défense européenne" qu'il assimile à "une guerre contre la Russie".

S'il concède une part "astérixienne" à cette volonté, M. Mélenchon rappelle que "le général de Gaulle s'est entendu avec Staline et également avec Mao. Par conséquent, le moment venu, je trouverais bien un moyen de m'entendre avec M. Poutine s'il s'agit d'empêcher que la guerre ait lieu sur le continent".

A propos de l'arme nucléaire, "clairement la France doit réaffirmer sa volonté d'une dénucléarisation, par zones successives peut-être si c'est le modèle le plus concret, du monde". Il a promis que la France y prendrait "sa part, dès le début".

M. Mélenchon a également promis de faire de la création de "cyberbrigades, de cyberescouades" et du recueil de "la participation de tous ceux qui ont des compétences et des qualifications les plus avancées dans ce domaine" une "tâche prioritaire". "La France, le moment venu, dans toute son étendue sera dotée de l'arme cyberguerrière dans ses formes les plus avancées", a-t-il assuré.

Quant au nerf de la guerre, le budget de la Défense, M. Mélenchon a globalement rejeté le principe de le fixer à 2% du PIB - un chiffre selon lui dicté par l'OTAN, c'est-à-dire par les Etats-Unis. "C'est la stratégie qui commande, pas le budget", a-t-il dit.

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