Service national de Macron: des « centres aérés » pour grands, selon Fillon
François Fillon a vivement critiqué vendredi le service national d'un mois prôné par Emmanuel Macron, estimant que les militaires avaient autre...

Service national de Macron: des « centres aérés » pour grands, selon Fillon

François Fillon a vivement critiqué vendredi le service national d'un mois prôné par Emmanuel Macron, estimant que les militaires avaient autre...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon a vivement critiqué vendredi le service national d'un mois prôné par Emmanuel Macron, estimant que les militaires avaient autre chose à faire que de gérer des "centres aérés pour que les jeunes puissent gambader".

"Je n'aurais pas osé proposer un truc pareil ! Pour moi, cela s'appelle un péché contre l'intelligence", a affirmé le candidat de la droite à la présidentielle, en présentant son projet en matière de défense.

"Nos armées ne sauraient être un instrument socio-éducatif et servir à assumer des missions de mixité sociale qui devraient être avant tout gérées par l'Education nationale", a-t-il martelé.

"Je ne considère pas que les militaires doivent consacrer une grande partie de leur temps à organiser des centres aérés d'un mois pour que les jeunes puissent gambader et améliorer leur maîtrise du français", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron compte instaurer, s'il est élu président, un "service national" obligatoire d'une durée d'un mois pour tous les jeunes, afin qu'ils découvrent "l'expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine".

Ce projet, jugé très onéreux - le candidat d'En Marche ! a chiffré son coût entre deux et trois milliards d'euros par an - impliquerait aussi, selon ses détracteurs, une trop forte mobilisation des militaires, déjà très engagés sur de multiples théâtres d'opérations, pour l'encadrement des jeunes.

Service civique, service militaire : les propositions des candidats
François Fillon lors d'une conférence de presse à Paris le 31 mars 2017
AFP

Taxant ses adversaires d'"immaturité" ou d'"irréalisme", François Fillon s'est posé de son côté en homme d'expérience, comme ancien Premier ministre (2007-2012) et ancien président de la Commission de la Défense à l'Assemblée nationale.

"Notre pays ne peut pas se permettre de confier cette responsabilité (de chef des armées) à un président de la République qui se prétend lui-même immature, inexpérimenté, ou à un président enfermé dans des schémas idéologiques irréalistes", a asséné François Fillon.

"Nous ne pouvons nous permettre d'appliquer aux relations avec les autres puissances le +marketing du vide+", a-t-il ajouté.

Face au "totalitarisme islamique", il a prôné une "augmentation immédiate" des moyens de la défense - de fait déjà en hausse depuis les attentats de 2015 - promettant de porter l'effort à 2% du PIB en 2023 (contre 1,8% aujourd'hui), là où Emmanuel Macron vise plutôt l'objectif d'ici 2025.

Il a taclé au passage le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui soutient Emmanuel Macron, en appelant à définir une "trajectoire financière robuste et pérenne, qui rompe avec les à-coups" du quinquennat de François Hollande.

Selon lui, les Européens devront aussi être plus associés aux opérations antiterroristes au Sahel, où l'armée française est aujourd'hui en première ligne avec 4.000 soldats.

"Le fardeau doit être partagé", a-t-il insisté, en suggérant par exemple une "rotation des forces qui assurent la sécurité dans la région".

"La France ne peut pas être le gendarme de l'Afrique pour le compte de l'Europe. Elle n'en a ni la capacité, ni les moyens, ni même la légitimité", a-t-il dit.

En Europe même, une "alliance européenne de défense", avec la France et l'Allemagne pour "moteurs", s'impose, a-t-il poursuivi, estimant que les propos de Donald Trump contre l'Otan fragilisaient l'Alliance.

En France, l'opération Sentinelle, qui mobilise 7.000 hommes pour la défense du territoire, doit "être redimensionnée, en retirant aux militaires les missions de garde statique et en les concentrant sur des missions d'interventions ponctuelles", a ajouté le candidat LR, esquissant une réduction de son format.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Service national de Macron: des « centres aérés » pour grands, selon Fillon
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le