Sévères sur Fillon, l’UDI en ébullition face à l’aimant Macron

Sévères sur Fillon, l’UDI en ébullition face à l’aimant Macron

Les centristes de l'UDI sont en ébullition: après avoir demandé le retrait de François Fillon, ils semblent toujours vouloir conserver leur...
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Par Déborah CLAUDE

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Les centristes de l'UDI sont en ébullition: après avoir demandé le retrait de François Fillon, ils semblent toujours vouloir conserver leur alliance avec LR aux législatives mais beaucoup lorgnent sur Emmanuel Macron.

L'UDI, qui regroupe plusieurs partis centristes (Nouveau Centre, Parti radical, Fed...), réunit un bureau exécutif mardi soir. Lundi, son président, le député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, plaidait encore pour un changement de candidat car "Fillon ne rassemble plus personne".

Lors de la primaire de la droite, l'UDI avait soutenu Alain Juppé avant de se ranger derrière le vainqueur de la primaire de la droite. Mais, la semaine dernière, elle avait suspendu sa participation à la campagne de M. Fillon avant de demander son retrait.

"Nous sommes une majorité à continuer à vouloir un accord avec LR. Il faut que LR change de candidat pour avoir une chance de gagner", déclarait lundi M. Lagarde. Un accord LR-UDI avait finalement été annoncé le 1er mars par Les Républicains pour les investitures aux législatives.

Position d'attente, réaffirmation du soutien à Fillon comme l'a fait la semaine dernière Hervé Morin président du Nouveau Centre ou encore, comme le souhaitent certains, pas vers Macron ? Les avis divergent.

Et du côté de LR, c'est un peu l'opération récupération de centristes.

Luc Chatel a assuré mardi que cet accord sur les législatives, "pratiquement bouclé" avec l'UDI, "n'est pas caduc". "Nous souhaitons la reprise des discussions, dès maintenant. Il faut échanger sur la présidentielle et sur les législatives", a-t-il dit.

Mais, tonne un député centriste, "on s'est quand même fait insulter tout le week-end, entre Charles Beigbeder (conseiller LR de Paris, ndlr) qui dit que le QG de campagne est +épuré+ du fait de notre départ et l'utilisation du terme +socialo-centriste+!"

Il plaide de son côté pour que l'UDI, avant de se déterminer, attende, notamment la date de fin de clôture des parrainages le 17 mars et le passage de François Fillon devant les juges d'instruction.

- Vers une alliance Borloo-Macron? -

Jean louis Borlo, ici le 20 décembre 2016 à Paris, estime qu'il est
Jean louis Borlo, ici le 20 décembre 2016 à Paris, estime qu'il est "difficile" d'imaginer une "majorité" de droite et du centre après les soubresauts de la campagne Fillon
AFP/Archives

Même Laurent Wauquiez, pourtant jugé comme un repoussoir chez les centristes car trop droitier, a approuvé Nathalie Kosciusko-Morizet quand elle a pris la défense du centre devant le comité politique de LR lundi soir en lançant: "Il faut éviter d'exclure le centre par des propos agressifs."

L'entourage de François Fillon promet quant à lui "un discours de mobilisation et de rassemblement de la droite et du centre" lors de son meeting à Orléans mardi soir.

Retiré de la vie politique, Jean-Louis Borloo -fondateur de ce rassemblement de partis centristes à l'automne 2012 et à qui on a prêté des interventions en coulisses ces derniers jours pour trouver une solution à droite- a jugé mardi dans Le Monde "difficile" d'imaginer une "majorité" de droite et du centre après les soubresauts qu'a connus la campagne Fillon.

Encore considéré comme une figure tutélaire à l'UDI, il évoque "une recomposition politique entre des forces de gauche modernes et une droite progressiste", laissant penser à une alliance avec M. Macron. Déjà fin février, la rumeur d'un dîner Borloo-Macron avait circulé.

Certains centristes sont en effet tentés d'aller voir du côté de l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, à qui s'est déjà rallié Fançois Bayrou, président du MoDem.

De fait, le candidat d'En Marche! attire des électeurs centristes et leur ouvre grand la porte.

Encore à Caen samedi, il a lancé un appel à ceux "du centre et de la droite qui, aujourd'hui, doutent, sont blessés, se sentent floués (...) par des hommes qui ont décidé de ne plus prendre leurs responsabilités pour être dignes de la parole publique. Je leur dis (...) les valeurs dans lesquelles vous vous retrouvez, elles sont ici, rejoignez-les".

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