« Si le gouvernement tombait demain, le président de la République renommerait un de ses amis, qui ferait à peu près la même chose », estime Sébastien Chenu

Invité de la matinale de Public Sénat, le vice-Président du Rassemblement national et député du Nord Sébastien Chenu a réagi à l’échec d’une nouvelle motion de censure déposée par les Insoumis contre François Bayrou, lundi 10 février. Pour le parlementaire, faire tomber le gouvernement n’a pas d’intérêt tant qu’Emmanuel Macron ne peut pas dissoudre à nouveau l’Assemblée nationale.
Clarisse Guibert

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre François Bayrou a échappé une nouvelle fois à la censure, lundi 10 février, grâce à l’abstention des voix socialistes, mais également de celles du Rassemblement national. Si le camp de Marine Le Pen avait pris part à la censure du gouvernement Barnier en décembre dernier, le député du Nord Sébastien Chenu n’y voit cette fois pas d’intérêt. En effet, pour le parlementaire, tant que le président de la République ne peut pas dissoudre la Chambre basse, il renommera « un de ses amis » à Matignon, et « donc on ferait du surplace » estime-t-il.

Pour le Rassemblement national, le sujet reste l’adoption des textes budgétaires.  « Ce sont de mauvais budgets, ils font du mauvais travail », mais il faut « faire passer » des mesures, notamment pour les agriculteurs, a-t-il plaidé sur notre antenne. Cependant, un nouveau Premier ministre ne changerait pas la donne pour Sébastien Chenu : « On aurait toujours les mêmes équipes qui feraient ce mauvais travail ».

En déposant une motion de censure, « les socialistes essaient de retrouver une bienveillance de leurs alliés » du NFP

Par ailleurs, si les députés socialistes n’ont voté aucune des motions de censure déposées par les Insoumis contre le gouvernement Bayrou, ils en ont tout de même déposé une autre pour dénoncer l’emploi par le Premier ministre de l’expression « submersion migratoire », lors d’une interview accordée à LCI, le 27 janvier dernier.

A la question de savoir si le groupe du RN participera à cette motion, le vice-Président du parti Sébastien Chenu n’y voit qu’une manière pour le Parti socialiste de « retrouver » une forme de « bienveillance de leurs alliés » du Nouveau Front populaire. En effet, après la non-censure du gouvernement Bayrou grâce à l’abstention des députés du parti à la rose lors du vote du projet de loi de finances 2025, le groupe de la France insoumise avait pris « acte de l’interruption par le PS du NFP » dans un communiqué.

Mais le député du Nord reste ouvert : « Tout est sur la table », affirme-t-il, et le groupe discutera de la participation ou non des parlementaires du RN à la motion déposée par les socialistes lors de leur prochaine réunion de groupe.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

ST CLOUD:Socialist candidates-TV debate
5min

Politique

Présidentielle : il y a 20 ans, la première primaire « semi-ouverte » du PS, et déjà Ségolène Royal

À l’occasion du premier débat télévisé entre les cinq candidats de la primaire coorganisée par le PS, ce mercredi 23 septembre, Public Sénat se replonge dans ses archives. Il y a 20 ans, les deux chaînes parlementaires avaient accueilli les trois débats télévisés de la première primaire « semi-ouverte » du PS. Ségolène Royal, encore candidate cette année, faisait alors figure de grande favorite.

Le

Pope Leo XIV Wednesday General Audience – September 23  2026
8min

Politique

La visite du pape enfreint-elle le principe de laïcité ?

L'arrivée du pape Léon XIV pour une longue visite de quatre jours en France suscite plusieurs interrogations sur la compatibilité de son accueil avec le principe de laïcité. Messe géante, restriction de l'accès à l'espace public, achat d'écrans géants par une mairie, et demande de banalisation de la journée d'école de vendredi dans les établissements privés sous contrat… On fait le point.

Le

Sweden NATO
3min

Politique

« Les élections palestiniennes doivent impérativement se tenir », déclare le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot

Durant tout le mois de septembre, la France assure la présidence du Conseil de sécurité des nations unies. Cet après-midi, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot s’est exprimé au siège de l’ONU devant la presse. IA, sanctions contre l’ex-patronne de la chaîne d’Etat russe RT en France, élections palestiniennes, Ormuz… Le ministre aborde divers sujets internationaux.

Le

Compte personnel de formation, France Travail : dans le viseur du budget 2027, le ministère du Travail est à la veille de nouvelles économies drastiques
6min

Politique

Compte personnel de formation, France Travail : dans le viseur du budget 2027, le ministère du Travail est à la veille de nouvelles économies drastiques

La mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » sera fortement mise à contribution l’an prochain, avec une proposition de réduction de ses moyens de 2,5 milliards d’euros dans le budget. Cette fois, l’apprentissage ne devrait pas subir de coupes, ce qui présage un recul sur les autres programmes.

Le

La sélection de la rédaction

« Si le gouvernement tombait demain, le président de la République renommerait un de ses amis, qui ferait à peu près la même chose », estime Sébastien Chenu
4min

Politique

« Ceux qui n’ont pas voté la motion de censure sont responsables d’un budget de souffrance », dénonce la députée insoumise Aurélie Trouvé

Le gouvernement de François Bayrou a survécu à deux motions de censures, déposées par La France insoumise sans le soutien des députés socialistes. Sur le plateau de Parlement Hebdo, Aurélie Trouvé accuse le PS d’ « offrir un boulevard au gouvernement pour aller vers les idées de l’extrême droite ».

Le

« Si le gouvernement tombait demain, le président de la République renommerait un de ses amis, qui ferait à peu près la même chose », estime Sébastien Chenu
3min

Politique

Présidentielle 2027 : « Il faudra un candidat unique de la droite et du centre », appelle la députée Ensemble pour la République Maud Bregeon

Invitée de la matinale de Public Sénat, la députée Ensemble pour la République et ancienne porte-parole du gouvernement Barnier, Maud Bregeon appelle, comme Gérald Darmanin, à une « candidature unique de la droite et du centre » lors de la prochaine élection présidentielle, pour faire face à un Rassemblement national « de plus en plus puissant et de plus en plus structuré ».

Le