« Si tout le monde n’a pas le doigt sur la couture, Jean-Luc Mélenchon veut casser la Nupes ? », interroge Yannick Jadot

Yannick Jadot continue de s’opposer à Jean-Luc Mélenchon sur la constitution d’une liste commune à la Nupes pour les élections européennes de 2024. Les verts entendent porter leurs propres couleurs dans un scrutin qui leur est traditionnellement favorable, sans remettre en cause pour autant la nécessité d’une union de la gauche en 2027.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« La proportionnelle à un tour, chacun y va avec son projet ! ». Invité ce mardi 6 juin de la matinale de Public Sénat, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot a redit sa volonté de voir les écologistes aborder les élections européennes de 2024 avec leur propre liste. Une stratégie qui crée le remous à gauche, notamment du côté de La France insoumise, où Jean-Luc Mélenchon a encore plaidé ce week-end, dans un entretien accordé à 20minutes, pour une liste d’union des gauches. « S’il n’y a pas d’union aux européennes, il n’y en aura pas non plus aux municipales. Pourquoi y en aurait-il une à la présidentielle ? », a averti le tribun.

« Le débat est tranché. Je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc Mélenchon remet la pression. Qu’est-ce qu’il cherche ? Il sait qu’il y aura une liste EELV, c’est normal, c’est le jeu démocratique », estime Yannick Jadot pour qui ce scrutin ne revêt pas la même dimension que les autres scrutins nationaux. « Il n’y a pas à dramatiser l’élection européenne qui est un scrutin proportionnel à un tour. Qu’est-ce que Jean-Luc Mélenchon cherche en disant, s’il n’y a pas de liste commune, il n’a plus de Nupes ? », interroge notre invité.

« Nous avons la responsabilité d’utiliser le scrutin européen pour avoir un maximum d’élus »

« La Nupes, c’est sa réussite pour le scrutin législatif de 2022. Il a pris cette initiative qui a été une très bonne stratégie de défense », concède Yannick Jadot « Mais on a l’impression, aujourd’hui, que si tout le monde n’a pas le doigt sur la couture, il n’y a plus de Nupes. Il veut casser le jouet ! », s’agace-t-il.

« L’élection européenne n’est pas un sondage national ou un scrutin intermédiaire pour la présidentielle », raille Yannick Jadot. « Nous avons la responsabilité d’utiliser le scrutin européen pour avoir un maximum d’élus. Les élections européennes, chacun y va avec son projet. Comme nous avons aussi la responsabilité de travailler à l’union dans notre pays pour faire en sorte qu’en 2027, nous ne soyons pas simplement au second tour. Avec une seule candidature, c’est presque acquis, mais la question c’est de gagner l’élection présidentielle sinon on se trompe de débat ».

Sénatoriales : Yannick Jadot vise vingt sénateurs écolos

Pour sa part, Yannick Jadot ne briguera pas un nouveau mandat de député européen. Candidat aux sénatoriales de septembre, l’ancien candidat à la présidentielle, veut « renforcer le groupe écolo au Sénat » et se fixe un objectif de « vingt sénateurs et sénatrices », alors que le groupe n’en compte que 12 actuellement.

Candidat à Paris en tandem avec Antoinette Guhl, un binôme désigné par les militants écolos, Yannick Jadot confie encore espérer la création d’une liste d’union de gauche dans la capitale. Un souhait qui risque fort de rester un vœu pieux, dans la mesure où les sénateurs socialistes de Paris restent largement critiques vis-à-vis de la Nupes.

Partager cet article

Dans la même thématique

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : « Plutôt une spécificité parisienne que française », note le politiste Fabien Jobard

Le deuxième sacre du PSG en ligue des Champions ce week-end a une nouvelle fois été marqué par des scènes de débordements, de casses et de violences dans l’espace public. Des faits qui ont conduit à 890 interpellations. Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS rappelle la particularité du club de la capitale dont « l’essentiel des forces supportrices vient de banlieues parisiennes. Des territoires caractérisés par la récurrence des affrontements entre ses habitants et la police ».

Le

UNIVERSITE TOULOUSE CAPITOLE
6min

Politique

Parcoursup, apprentissage… que contient le projet de régulation de l’enseignement supérieur privé examiné ce lundi par le Sénat ?

Les sénateurs examinent en séance ce lundi 1er juin le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, censé offrir des garanties aux étudiants face aux pratiques douteuses d’une partie du secteur. Un agrément de l’État et une réforme des conditions de l’apprentissage sont prévus dans le texte issu de la commission.

Le

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le