SNCF: la réforme sur les rails du Sénat, signaux pour les syndicats réformistes
La réforme ferroviaire, décriée par la gauche et les syndicats, arrive mardi au Sénat avec de nouvelles retouches en vue, dont des signaux pour...

SNCF: la réforme sur les rails du Sénat, signaux pour les syndicats réformistes

La réforme ferroviaire, décriée par la gauche et les syndicats, arrive mardi au Sénat avec de nouvelles retouches en vue, dont des signaux pour...
Public Sénat

Par Jean-Louis PREVOST

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La réforme ferroviaire, décriée par la gauche et les syndicats, arrive mardi au Sénat avec de nouvelles retouches en vue, dont des signaux pour les syndicats réformistes avec la bénédiction de l'exécutif.

Après le vote "très au-delà de la seule majorité" à l'Assemblée, les trois jours de débats au Sénat vont "permettre d'aboutir à un texte conforme à la volonté que porte le gouvernement", avec notamment la reprise de "certains apports demandés par l'Unsa et la CFDT", souligne Edouard Philippe dans le JDD.

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) estime, lui, que la Chambre haute dans sa majorité votera la loi "sur les grands principes", mais "améliorée".

"Ferme sur les principes" clefs de la réforme (transformation de l'entreprise, ouverture à la concurrence, fin du recrutement au statut), le Premier ministre martèle qu'il est "ouvert à la discussion" sur certains points.

Ainsi, "pour dissiper, s'il le fallait, la crainte d'une privatisation", glisse le chef du gouvernement, l'"incessibilité" des titres du futur groupe ferroviaire sera, finalement, gravée dans la loi.

Et les conditions de retour au sein de la SNCF des salariés qui l'auraient quittée lors d'un transfert d'activité seront précisées, assure-t-il. La CFDT souhaite que les possibilités de retour se fassent sans délai, non dans les trois ans comme le souhaite le gouvernement.

Face aux "inquiétudes légitimes des salariés", selon le rapporteur Gérard Cornu (LR), les sénateurs ont favorisé en commission le volontariat pour le transfert, ou permis, pendant une période déterminée, aux salariés réembauchés dans le groupe public ferroviaire de bénéficier à nouveau du statut.

Le patron de la CFDT Laurent Berger (d) et celui de la CFDT-Cheminots Didier Aubert arrivent à Matignon le 7 mai 2018
Le patron de la CFDT Laurent Berger (d) et celui de la CFDT-Cheminots Didier Aubert arrivent à Matignon le 7 mai 2018
AFP

Si le Premier ministre récuse "jouer un syndicat contre un autre" pour parvenir rapidement à la fin de la grève par épisodes lancée début avril à la SNCF, l'exécutif mise sur les réformistes, en quête d'autres "avancées".

L'Unsa se prononcera "très rapidement" sur son éventuelle sortie du conflit. Et le numéro un de la CFDT Laurent Berger juge que "les deux semaines qui s'ouvrent sont décisives", sa centrale comptant peser "jusqu'au bout" du processus parlementaire pour obtenir "les évolutions que nous souhaitons".

"J'imagine que M. Berger attend de s'assurer que la nouvelle rédaction est adoptée" notamment sur l'"incessibilité", et "si le Sénat ne le fait pas, on le fera", a déclaré sur France 3 le patron des députés LREM Richard Ferrand. "Tout est prêt pour repartir sur des bons rails, il est temps que tout le monde se remette au travail", selon lui.

Après la première lecture au Sénat et le vote solennel le 5 juin, députés et sénateurs tenteront de s'accorder sur une version commune en commission mixte paritaire le 13 juin.

- "Dernières propositions" -

Dette de SNCF réseau
Evolution de la dette de SNCF réseau depuis 2007.
AFP

"La CFDT veut sortir au plus vite du conflit, mais dans de bonnes conditions pour les cheminots et l'avenir du transport ferroviaire", ajoute son patron dans une interview au JDD.

Pour Emmanuel Macron, "nous sommes arrivés au bout du processus, le texte va arriver au Sénat" et le gouvernement a "fait ses dernières propositions" avec les annonces de Matignon vendredi sur la reprise d'une large partie de la dette, à hauteur de 35 milliards d'euros.

Et le gouvernement compte "introduire dans le texte au Sénat un amendement qui limitera la capacité d'endettement de la SNCF, pour qu'elle ne se retrouve jamais confrontée à nouveau à un endettement insoutenable", selon le Premier ministre.

Très attachés à l'aménagement du territoire, les sénateurs veulent aussi retoucher la loi en ce sens.

Ils ont ainsi voulu, en commission, préserver certaines dessertes TGV, et les prérogatives des régions, autorités organisatrices de transports pour les TER.

Des passagers sur le quai de la gare de Bergerac (Dordogne) le 20 février 2018
Des passagers sur le quai de la gare de Bergerac (Dordogne) le 20 février 2018
AFP/Archives

"La responsabilité du maintien des dessertes directes des villes moyennes ne saurait peser sur les seules régions, en l'absence de financements spécifiques", selon le président de la commission Hervé Maurey (UC).

Du coup, les sénateurs ont intégré au texte une proposition de loi, votée fin mars, prévoyant la conclusion par l'État de contrats de service public pour répondre aux besoins d'aménagement du territoire et préserver des dessertes directes sans correspondance.

Partager cet article

Dans la même thématique

SNCF: la réforme sur les rails du Sénat, signaux pour les syndicats réformistes
3min

Politique

Présidentielle 2027 : « J’ai toujours considéré que Jean-Luc Mélenchon était le vote inutile à gauche », souligne Patrick Kanner

Le président des sénateurs socialistes ne se montre pas surpris par les intentions de vote élevées, que recueille le leader de la France insoumise, dans notre baromètre Odoxa. L’ancien ministre des Sports rappelle qu’une campagne présidentielle est un « marathon » et que l’enjeu pour la gauche est de faire émerger un candidat capable de l’emporter face au Rassemblement national au second tour.

Le

SNCF: la réforme sur les rails du Sénat, signaux pour les syndicats réformistes
3min

Politique

Deux TGV Paris-Nice immobilisés : le ministre des Transports plaide en faveur « d’un projet de loi-cadre » pour augmenter les investissements sur le rail

Deux TGV Paris-Nice immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après une rupture de caténaire, sont arrivés avec sept heures de retard dans la nuit. Sans électricité, les deux trains n’étaient plus climatisés. Au micro de Public Sénat, le ministre des Transports, Philippe Tabarot chiffre à 4 milliards et demi d’euros les investissements pour que le réseau fonctionne de « manière beaucoup plus optimum » lors de fortes chaleurs.

Le

SNCF: la réforme sur les rails du Sénat, signaux pour les syndicats réformistes
5min

Politique

Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur RN du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.

Le