SNCF : le texte « ne changera pas fondamentalement », mais « peut être encore finalisé » (Philippe)
Après avoir reçu les cinq organisations syndicales, le Premier ministre a déclaré qu’il aborderait la nouvelle phase de négociation, avant l’examen de la réforme ferroviaire au Sénat, « avec ouverture et fermeté ».

SNCF : le texte « ne changera pas fondamentalement », mais « peut être encore finalisé » (Philippe)

Après avoir reçu les cinq organisations syndicales, le Premier ministre a déclaré qu’il aborderait la nouvelle phase de négociation, avant l’examen de la réforme ferroviaire au Sénat, « avec ouverture et fermeté ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

À l’issue d’une matinée de rencontres avec les syndicats des cheminots, Édouard Philippe martèle que le « gouvernement ne reviendra pas sur les grands principes » de la réforme de la SNCF, adoptée par les députés en avril. Ils sont au nombre de trois : l’ouverture à la concurrence, la fin du recrutement au statut et le changement de statut de l’entreprise au 1er janvier 2020.

S’il prévient que le texte, qui sera examiné en séance au Sénat le 29 mai, « ne changera pas fondamentalement », le Premier ministre concède toutefois que le texte « peut être encore finalisé ».

Le Parlement se prononcera sur la reprise d’une partie de la dette ferroviaire

Première confirmation : le chef du gouvernement donne des gages du côté des aides de l’État. « Nous devons sans doute aller plus loin pour financer notamment des travaux de modernisation de la signalisation », indique-t-il.

Sur la question de la reprise de la dette, « l’État prendra ses responsabilités », assure-t-il, invitant l’entreprise à réaliser des économies et à réduire les « surcoûts ». L’instauration d’une « règle d’or » visant à interdire « un endettement excessif de l’entreprise » serait une autre contrepartie. L’objectif du gouvernement « est que la reprise de la dette permette au groupe public d’être à l’équilibre économique à la fin du quinquennat : à partir de 2022, la SNCF ne doit plus perdre de l’argent chaque année. »

Cette opération, dont il n’a pas précisé les modalités, fera l’objet d’un vote au Parlement. Les montants ne sont pas précisés, au grand dam des syndicats, mais ils le seront avant le passage au Sénat. Cette reprise « ne sera ni minimale ni totale. Nous reprendrons une partie substantielle », se contente de répondre pour l’heure Édouard Philippe.

Sur le plan humain, le Premier ministre veut inviter la direction de la SNCF à « préparer un plan ambitieux de formation » pour les salariés.

La ministre des Transports prête à adopter des amendements « utiles à la réforme »

Parmi les points qui doivent encore être discutés, avant l’arrivée du texte au Sénat, la ministre des Transports a cité plusieurs éléments dans le domaine social. Quelles conséquences pour les salariés s’ils refusent d’être transférés à un nouvel opérateur ? Quelles seront leurs garanties en cas de filialisation ?

D’autres questions, relatives aux régions, devraient aussi intéresser le Sénat. Il s’agit du devenir des rames ou encore des centres de maintenance. Sur tous les sujets, la ministre se dit prête à adopter tous les amendements qui seraient « utiles » à la réforme.

Particulièrement vigilants sur la future convention collective, plusieurs syndicats comme la CFDT ou Sud-Rail devraient accueillir froidement l’absence de l’État dans les négociations. « « L’État s’impliquera pas dans la négociation comme il l’a fait trop longtemps. Elle relève de la SNCF », a prévenu la ministre. Au niveau de la branche, elle presse les partenaires sociaux de se mettre rapidement au travail, et de fixer un agenda d’ici deux semaines.

Syndicats et gouvernement doivent se retrouver le 24 ou le 25 mai, c’est-à-dire en plein travaux de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat sur le texte. Dans l’intervalle, les différentes centrales promettent de poursuivre la mobilisation des cheminots. L’intersyndicale doit arrêter sa décision mercredi.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

SNCF : le texte « ne changera pas fondamentalement », mais « peut être encore finalisé » (Philippe)
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le