SNCF : Philippe refuse que le droit de retrait «soit détourné» pour «produire un désordre maximal»
Interrogé par la présidente du groupe communiste aux questions d’actualité, le Premier ministre a maintenu sa position. Le droit de retrait, appliqué par 73 % des personnels roulants, n’était pas justifié pour les conducteurs de TGV ou de Ouigo, selon lui.

SNCF : Philippe refuse que le droit de retrait «soit détourné» pour «produire un désordre maximal»

Interrogé par la présidente du groupe communiste aux questions d’actualité, le Premier ministre a maintenu sa position. Le droit de retrait, appliqué par 73 % des personnels roulants, n’était pas justifié pour les conducteurs de TGV ou de Ouigo, selon lui.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le droit de retrait des agents de la SNCF du 18 au 20 octobre, était-il justifié après l’accident survenu dans les Ardennes sur un train régional sans contrôleur ? Interpellé aux questions d’actualité au Sénat par la présidente du groupe CRCE (communiste, républicain, citoyen et écologiste), Éliane Assassi, le Premier ministre persiste et signe, après la cessation de travail de 17.000 cheminots sur 23.000 conducteurs et contrôleurs. « Mon analyse, celle de la direction de la SNCF, c’est que, à ce moment-là précis, dans le contexte de l’entreprise, quelque chose qui relèvement du détournement du droit de retrait a été effectué », a-t-il répété. « Nous ne pouvons accepter que ce droit (…) soit détourné de son objet pour produire un désordre maximal ! »

Selon le Code du travail, un salarié dispose d’un droit de retrait, dans toute situation de travail où il a un « motif raisonnable » de penser qu'elle présente un « danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé » (risque pouvant se réaliser brusquement et dans un délai rapproché). C’est ce que les syndicats ferroviaires ont fait valoir, estimant qu’un conducteur, de surcroît blessé, ne pouvait pas secourir à lui seul les passagers.

Au cours de sa question, la sénatrice de Seine-Saint-Denis a rappelé que cette disposition avait été validée par deux inspections du travail de la région Grand-Est et que le gouvernement assénait des « contre-vérités au mépris » de leur avis. « En tant qu’actionnaire unique de la SNCF, que répondez-vous aux inspecteurs du travail qui recommendent le retour des contrôleurs dans les trains, dans l’attente d’une évaluation complète des risques », lui a-t-elle demandé.

« Un écran de fumée relancer un énième débat sur le droit de grève », selon Éliane Assassi

SNCF : « Un écran de fumée relancer un énième débat sur le droit de grève », selon Éliane Assassi
02:19

Le chef du gouvernement a estimé qu’elle et lui n’avaient pas « la même appréciation de la façon dont s’applique le droit de retrait », citant par exemple les perturbations sur les grandes lignes. « Je ne suis pas du tout un spécialiste, mais, j’ai personnellement du mal à comprendre comment, alors que l’accident intervient dans un contexte particulier sur un type de train particulier, des conducteurs d’autres matériels, à d’autres endroits, pourraient considérer que le même problème est susceptible de se poser à eux. »

Et de poursuivre : « Pourquoi est-ce qu’un conducteur de TGV ou de Ouigo aurait dit qu’il y ait pour lui ou pour les passagers une menace grave et immédiate alors que la question qui a été posée concernait des lignes qui n'étaient pas affectées aux grandes vitesses et qui intéressait exclusivement les conducteurs de TER ? »

Édouard Philippe a par ailleurs souligné que la compagnie et l’exécutif avaient « pris les décisions » qui s’imposaient, à savoir la demande d’un audit interne et la saisine du bureau d’enquête accidents. « On ne transige pas avec la sécurité », a-t-il martelé, après la question de la sénatrice. « Ni le gouvernement, ni l’entreprise n’ont répondu à cette inquiétude légitime, préférant par un écran de fumée relancer un énième débat sur le droit de grève », s’était-elle indignée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le