SNCF : reçus à Matignon, les syndicats restent sur leur faim
Les organisations syndicales vont défiler à tour de rôle ce lundi dans le bureau d’Édouard Philippe. Elles attendent des engagements précis sur le dossier de la réforme ferroviaire, notamment sur la reprise de la dette. De nouvelles discussions auront lieu au cours du mois de mai.

SNCF : reçus à Matignon, les syndicats restent sur leur faim

Les organisations syndicales vont défiler à tour de rôle ce lundi dans le bureau d’Édouard Philippe. Elles attendent des engagements précis sur le dossier de la réforme ferroviaire, notamment sur la reprise de la dette. De nouvelles discussions auront lieu au cours du mois de mai.
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Pour la première fois depuis le début du conflit ferroviaire, le Premier ministre a rencontré ce lundi les différentes centrales syndicales. Cette série de réunions se poursuivra cet après-midi avec des entretiens avec la direction de la SNCF, des associations d’usagers et les Régions.

Les représentants des salariés de la SNCF attendaient notamment de la part du gouvernement, qui ne compte pas toucher aux fondamentaux de la réforme, des engagements précis sur le montant de la dette à reprendre par l’État ou encore des garanties sociales. Beaucoup attendent de nouvelles réponses d'ici le début des débats au Sénat.

Des amendements du gouvernement lors du passage au Sénat

Premier syndicat à avoir ouvert le bal de ces consultations à Matignon, l’Unsa a annoncé que de nouvelles discussions, « dans la même configuration », ont été promises par Édouard Philippe, avant le début de l’examen du texte au Sénat le 29 mai. Le gouvernement va déposer des amendements sur le projet de loi.

Le secrétaire général de l’Unsa, Luc Bérille, note « quelques ouvertures en termes de discussion », mais « pas de garanties suffisamment précises » du gouvernement (vidéo de tête).

La centrale n’a pas obtenu de chiffres sur la dette. «Ce n’est pas beaucoup plus précis que ce que nous savions jusqu’à présent », a-t-il déclaré à la sortie. « Le Premier ministre nous a dit que son objectif était de parvenir à un équilibre financier à horizon 2020, ce qui veut dire que ça passerait à la fois par une reprise de la dette et un maintien de l’investissement. »

« La grève se poursuit », prévient la CGT-cheminots​

SNCF : « La grève se poursuit », prévient la CGT-cheminots​
03:53

De son côté, la CGT affiche sa déception à l’issue de son audition. « Le Premier ministre n’a pas dit autre chose que ce qu'il avait dit avant qu’on rentre », a réagi Philippe Martinez, le secrétaire général du syndicat. « Il n’y a pas grand-chose de nouveau », regrette-t-il, en énumérant la reprise de la dette, la restructuration de la dette ou encore le contenu de la future convention collective. « Clairement la grève se poursuit, il n’y a pas de débat », tranche Laurent Brun, de la CGT-cheminots. Une nouvelle période de grève doit débuter ce soir à 20h00, jusqu'à mercredi. 

SNCF : « Le gouvernement, une nouvelle fois, n’a pas donné de réponses très claires », réagit Philippe Martinez
02:27
« Le gouvernement, une nouvelle fois, n’a pas donné de réponses très claires, ou en tout cas suffisantes pour calmer les inquiétudes des cheminots » (Philippe Martinez, au micro de Clément Perrouault)

La CFDT considère qu’une « deuxième phase » dans la négociation vient de s’ouvrir

La CFDT considère qu’une « deuxième phase » dans la négociation vient de s’ouvrir
05:45

« Aujourd’hui, le dialogue a eu lieu, on ne peut pas dire qu’on a eu face à nous un Premier ministre qui nous a dit rideau », a réagi Laurent Berger, le numéro 1 de la CFDT. « On sent qu’on entre dans une deuxième phase, où l’on sent qu’on va pouvoir formuler des propositions y compris avant le passage au Sénat », a résumé le responsable syndical. Il annonce que la centrale discutera d’une quarantaine d’amendements avec le gouvernement.

Comme ses collègues avant lui, il n’a pas obtenu davantage de chiffres sur la reprise de la dette. Mais il note la « volonté dans le discours de dire qu’il y aura une reprise substantielle ». « Elle devra nous être précisée d’ici l’ouverture des débats au Sénat », ajoute-t-il.

Au cours de cet entretien, la CFDT a « insisté » pour que l’État « s’intéresse » et « s’implique » dans les discussions entre syndicats et patronat à la SNCF sur la construction du « nouveau cadre social ».

Quant à la poursuite du mouvement de grève, Laurent Berger l’affirme : « Il faut continuer de peser pour qu’on soit entendu ». « Pas question de lever la mobilisation », renchérit Didier Auber, à la tête de la branche cheminots de la CFDT.

« Le gouvernement joue le pourrissement du conflit », estime Sud Rail

« Le gouvernement joue le pourrissement du conflit », estime Sud Rail
02:31

Erik Meyer, secrétaire fédéral de Sud Rail est, lui, amer. « On sort d’un entretien d’une heure et quart où on nous précise que sur l’essentiel, il n’y a rien à renégocier », raconte-t-il. Autant de réponses du gouvernement « qui ne sont pas de nature à arrêter la grève », selon lui.

Il s’agace de ne rien voir venir sur la très attendue reprise en main de la dette ferroviaire par l’État. « On voit qu’il n’y a pas de plan, on repousse les annonces de semaine en semaine ! » Idem sur d’autres dossiers. « Sur toute la dimension sociale on voit bien qu’il n’y a pas de plan. »

« Après deux mois de négociations, on voit bien qu’en fait rien n’a été pensé, rien n’a été réfléchi plus loin que des postures de dogmes politiques », résume-t-il, avant d’annoncer que la mobilisation des cheminots se poursuivra.

Et de conclure : « On aurait tendance à penser qu’aujourd’hui le gouvernement joue le pourrissement du conflit. C’est clairement lui qui porte la responsabilité de la grève. »

« On nous refuse la capacité de négocier », dénonce FO

SNCF : « On nous refuse la capacité de négocier », regrette Pascal Pavageau (FO)
05:07

Nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO), Pascal Pavageau a accusé le gouvernement de vouloir « déprotéger » les cheminots avec la réforme ferroviaire. Ses inquiétudes concernent également les usagers. « Tout le monde va être perdant […] Nous serons tous et toutes les victimes à un moment donné de cette contre-réforme », a-t-il répondu à la sortie de sa réunion à Matignon.

Il y a un « effort de nous avoir reçu, le problème,  c’est qu’on nous explique qu’on ne veut discuter de rien […] On nous refuse la capacité de négocier », a-t-il dénoncé.

Réclamant un moratoire d’un mois sur la réforme, pour « laisser le temps » à la négociation, avant l’examen au Sénat, Pascal Pavageau a regretté une « fin de non-recevoir ».

« Aujourd’hui, objectivement, il n’y a rien qui a bougé. Il n’y a pas de point d’ouverture », a-t-il conclu. « Je pense qu’on est bien parti pour le maintien de la grève. »

« Nous avons senti dès ce matin qu’il y avait une seconde étape qui s’ouvrait », se félicite Guillaume Pépy

« Nous avons senti dès ce matin qu’il y avait une seconde étape qui s’ouvrait », se félicite Guillaume Pépy
05:12

Reçu après les responsables syndicaux, le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, a tiré la même lecture que Laurent Berger de la CFDT, considérant que ce  7 est « une seconde étape qui s’ouvrait », une étape « riche en avancées », qui va « permettre de retrouver le chemin de la négociation ».

Le patron de la compagnie note que cette « ouverture » du gouvernement « a été assez largement saisie par certaines organisations syndicales » et que les amendements à préparer dans la perspective de l’examen au Sénat, pourront « être utiles pour améliorer la qualité du texte, particulièrement sur la concurrence ».

Pour Guillaume Pépy, les engagements financiers supplémentaires pris par l’État et l’objectif d’une règle d’or pour la SNCF sont des « décisions rassurantes ». Le PDG annonce que le plan de compétitivité de la SNCF, pour se préparer à l’ouverture à la concurrence, sera mis en œuvre « dès maintenant ».

Quant aux futures conventions collectives ferroviaires, le fait que le gouvernement ait arrêté la date du 23 mai comme date limite pour fixer l’agenda des négociations, Guillaume Pépy estime là aussi qu’il s’agit d’une avancée. « Le Premier ministre met une pression réelle », souligne-t-il.

Alors que les 15 et 16e jours de grève se préparent, le PDG s’est placé du côté des usagers. « Nous, notre première préoccupation, c’est d’être aux côtés des clients des 4,5 millions de clients pendant cette période. »

 

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