Solère mis en examen pour détournement de fonds publics et trafic d’influence
Ses activités de conseil dans le privé sont considérées comme suspectes par les juges: le député LREM Thierry Solère, visé par...

Solère mis en examen pour détournement de fonds publics et trafic d’influence

Ses activités de conseil dans le privé sont considérées comme suspectes par les juges: le député LREM Thierry Solère, visé par...
Public Sénat

Par Céline AGNIEL et Anne LEC'HVIEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ses activités de conseil dans le privé sont considérées comme suspectes par les juges: le député LREM Thierry Solère, visé par une instruction à Nanterre, a été mis en examen vendredi pour fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d'influence passif.

Le député des Hauts-de-Seine, qui a toujours nié les faits, s'est expliqué pendant cinq jours auprès de trois juges d'instruction du pôle économique et financier de Nanterre, chargé depuis quelques mois des investigations le concernant.

A l'issue de cet interrogatoire, ils ont décidé de le mettre en examen pour sept chefs d'infractions, dont fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d'influence passif concernant quatre sociétés, pour des faits qui se seraient déroulés entre 2003 et 2017, a indiqué vendredi soir le parquet de Nanterre.

"Nous contestons formellement l'intégralité des motifs de ces accusations", ont réagi auprès de l'AFP le député et ses avocats, Pierre-Olivier Sur, Mathias Chichportich et Jean-Pierre Gastaud. "Cette affaire est délirante et maintenant que nous avons enfin accès au dossier, nous en ferons la démonstration".

La justice s'intéresse à ce proche du Premier ministre Edouard Philippe depuis 2016, après une plainte de Bercy pour fraude fiscale qui avait entraîné l'ouverture d'une enquête préliminaire confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

L'affaire avait ensuite pris une autre ampleur: elle avait été élargie à une série d'autres infractions, notamment au trafic d'influence. L'élu s'était vu retirer son immunité parlementaire et il avait été placé en garde à vue en juillet 2018 - une mesure finalement levée pour raisons médicales.

En février 2019, les investigations ont été confiées à des juges d'instruction. Six autres personnes sont aussi concernées depuis l'ouverture de cette information judiciaire.

- Conseil dans le privé -

Dans cette affaire, l'élu est soupçonné de fraude fiscale, notamment pour ses activités de conseil dans le privé, qu'il pratiquait en parrallèle de ses mandats. Il est aussi soupçonné d'avoir usé de sa position d'élu pour favoriser certaines sociétés pour lesquelles il travaillait, afin qu'elles obtiennent des contrats publics.

L'embauche de l'épouse d'un ex-dirigeant d'une de ces sociétés en tant qu'assistante parlementaire intéresse en outre les enquêteurs.

C'est ce dossier qui a valu à l'ancien ministre Jean-Jacques Urvoas d'être condamné, fin septembre, à un mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende. L'ancien garde des Sceaux a en effet été reconnu coupable de "violation du secret professionnel", pour avoir transmis à M. Solère, en 2017, des éléments sur l'enquête.

Durant le procès de M. Urvoas, Thierry Solère, entendu comme témoin, a réaffirmé qu'il n'aurait "jamais" été visé par une enquête fiscale "s'il n'avait pas été l'organisateur de la primaire de la droite et du centre". Il avait après la plainte de Bercy dénoncé la présence d'un "cabinet noir à l'Elysée".

M. Solère, âgé de 48 ans, s'est en effet fait connaître du grand public en organisant la primaire des Républicains pour la présidentielle 2017. Il avait ensuite été porte-parole de François Fillon, avant de quitter avec fracas la campagne au moment de la révélation de l'affaire concernant le candidat.

Après sa réélection à l'Assemblée en 2017, il avait créé aux côtés de Franck Riester le groupe des "Constructifs" avant de rejoindre LREM quelques mois plus tard.

Depuis le début, le député conteste haut et fort avoir commis une quelconque infraction. En janvier, il a déposé une plainte pour "faux" visant indirectement la procureure de Nanterre et sa supérieure hiérarchique de l'époque: il estimait en effet que la magistrate avait basé sa demande de levée d'immunité parlementaire sur des informations qu'elle savait erronées. Cette plainte a été classée sans suite en mars.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: MEDEF, La REF Numerique 2024
3min

Politique

[Info Public Sénat] Christine Lavarde désignée rapporteure générale du budget par le groupe LR du Sénat

La sénatrice LR des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde, remporte le scrutin interne au groupe LR pour le poste de rapporteur du budget. Le premier vice-président LR désigné est Roger Karoutchi, qui a déjà occupé le poste. Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau, remporte l’autre vice-présidence LR. Côté PS, c’est Thierry Cozic qui sera le nouveau président de la commission des finances.

Le

FRANCE – BLOCUS DES LYCEES PARISIENS
7min

Politique

Nouvelle loi « casseurs-payeurs » : un effet d'annonce ou un nouveau régime juridique de responsabilité civile ?

En réponse aux violences et dégradations commises en marge du blocus lycéen, le gouvernement a décidé d'accélérer le calendrier d'examen au Sénat d'un texte visant à décliner le principe « tu casses, tu payes ». Un principe qui s'appliquerait même aux participants à une manifestation qui n'auraient pas commis eux-mêmes les dégradations. Un avis récent du Conseil d'État a encadré juridiquement le projet de loi afin d'éviter une censure du Conseil constitutionnel.

Le

Solère mis en examen pour détournement de fonds publics et trafic d’influence
2min

Politique

Blocage des lycées : « La réponse à la mobilisation lycéenne ne peut pas être uniquement la répression », martèle Éric Coquerel

Invité de la matinale de Public Sénat « Bonjour chez vous », Éric Coquerel, député La France insoumise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, est revenu sur la mobilisation des lycéens et les blocages qui se poursuivent. Il appelle le gouvernement à privilégier le dialogue plutôt que la répression.

Le

Solère mis en examen pour détournement de fonds publics et trafic d’influence
4min

Politique

« D’ici 2050, on aura peut-être des guerres de l’eau », alerte ce chercheur

L’eau est l’un des sujets de préoccupation majeurs des années à venir. Disponibilité de la ressource, partage des usages... Si la France bénéficie encore d’un régime de précipitations relativement abondant, le dérèglement climatique a largement perturbé les cycles de l’eau. Comment assurer un accès à la ressource pour tous ? La raréfaction de l’eau va-t-elle entraîner une baisse de sa qualité ? Dans la nouvelle émission de prospective de Public Sénat, Agenda 2050, Marie Drucker et ses invités esquissent des pistes pour éviter que l’eau ne vienne à manquer.

Le