Gérald Darmanin au Sénat
Credit:JEANNE ACCORSINI/SIPA/2310112035

Sondage : 67 % des Français pensent que le projet de loi immigration permettra un meilleur contrôle

À une semaine du début de l’examen du projet de loi immigration au Parlement, une enquête Odoxa pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale met en évidence une forte montée des préoccupations liées à la sécurité et à l’immigration chez les Français.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La sécurité revient en force dans les thèmes d’action publique jugés prioritaires par les Français. Deux semaines après l’attentat d’Arras, et sur fond de guerre au Proche-Orient, cette thématique est nettement remontée parmi leurs principales préoccupations, selon un sondage Odoxa pour Public Sénat en partenariat avec la presse quotidienne régionale, publié ce 31 octobre. La sécurité et la lutte contre le terrorisme sont désormais citées en troisième position par les Français (39 %) dans les thématiques jugées comme étant les plus importantes, derrière le pouvoir d’achat (57 %) et la santé (45 %).

À la mi-septembre, cette thématique ne figurait encore qu’à la sixième place des thématiques les plus importantes aux yeux des Français. Elle était alors citée par 26 % des personnes interrogées, et figurait encore derrière l’éducation, l’environnement ou encore la protection sociale.

L’immigration remonte également dans cette liste, elle est désormais citée dans les thématiques importantes par 30 % des personnes interrogées, contre 24 % en septembre.

Odoxa-thematiques-octobre2023

Dans ce contexte, les Français consultés par Odoxa adhèrent majoritairement au projet de loi immigration, dont l’examen commencera au Sénat à partir du 6 novembre. Les deux tiers de ceux qui ont entendu parler de ce texte (67 %) estiment qu’il permettra de mieux contrôler l’immigration. Ce sentiment est partagé dans toutes les tendances politiques de l’électorat.

sondage-immigration-odoxa

Près de 6 Français sur 10 estiment que le projet de loi immigration n’améliora pas l’intégration des étrangers

Les Français sont cependant dubitatifs sur le second objectif de la réforme : 58 % des personnes, au courant du projet de loi, sont d’avis qu’il ne permettra pas d’améliorer l’intégration des immigrés. C’est quoi qu’il en soit le premier volet qui est perçu comme prioritaire par les Français : 72 % des personnes interrogées considèrent qu’un meilleur contrôle de l’immigration est l’objectif le plus important du texte, contre 27 % s’agissant de l’amélioration de l’intégration.

À noter qu’une majorité de Français (55 %) soutient l’article 3 du projet de loi, qui propose la création d’un titre de séjour pour faciliter la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les secteurs en situation de forte pénurie de main-d’œuvre. Le soutien à cette disposition s’effrite cependant en l’espace de six semaines. En septembre, 57 % des personnes interrogées approuvaient l’idée. Le recul est particulièrement marqué chez les sympathisants des Républicains, qui ne sont plus que 49 % à soutenir l’article 3 (contre 59 % en septembre). Au Sénat, le titre de séjour pour les métiers en tension divise la majorité sénatoriale de droite et du centre.

Méthodologie : l’enquête a été réalisée le 25 octobre 2023, sur Internet, auprès d’un échantillon de 1 005 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Chaque sondage présente une incertitude statistique que l’on appelle marge d’erreur. La marge d’erreur dépend de la taille de l’échantillon ainsi que du pourcentage observé. Par exemple, dans un échantillon de 1 000 personnes, si le pourcentage observé est de 20 %, la marge d’erreur est égale à 2,5 points : le pourcentage réel est donc compris entre 17,5 % et 22,5 %.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le

La sélection de la rédaction