Sondage : 67 % des Français rejettent le report à 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite

Sondage : 67 % des Français rejettent le report à 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite

Selon notre sondage Odoxa-Mascaret pour Public Sénat, LCP-AN et la presse régionale, une majorité des sondés rejette l’engagement de campagne d’Emmanuel Macron. Le nombre de personnes estimant qu’il s’agit d’une bonne réforme est cependant en hausse de 5 points en un mois, avec 32 %.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Un projet de réforme majoritairement rejeté. Selon notre sondage Odoxa avec Mascaret, pour Public Sénat, LCP-AN et la presse régionale, le projet de réforme des retraites, qui sera dévoilé le 10 janvier par le gouvernement, n’est pas accepté.

Réforme soutenue chez les plus de 65 ans et les foyers les plus aisés

Interrogées sur la réforme qui prévoit « de repousser (progressivement) à 65 ans l’âge de départ à la retraite », 67 % des personnes interrogées pensent que ce projet n’est pas « une bonne réforme ». 32 % pensent au contraire qu’il s’agit d’une bonne réforme, en hausse de 5 points par rapport à octobre. Un point positif pour l’exécutif, qui fait face à l’union des syndicats contre un report de l’âge.

Lire aussi >> Retraites : « La première ministre est intéressée par la synthèse du Sénat », selon Hervé Marseille

Parmi les sondés qui estiment qu’il s’agit d’une bonne réforme, le niveau de réponses positives passe à 51 % chez les 65 ans et plus – une population qui ne sera pas concernée par la réforme – et 38 % chez les foyers les plus aisés. Chez les personnes qui estiment le moins que c’est une bonne réforme, on trouve les 35-49 ans (25 %), les 50-64 ans (24 %), les employés et ouvriers (24 %) et les salariés (25 %).

66 % des sympathisants LR soutiennent le report de l’âge légal à 65 ans

Selon les sympathies politiques, le report de l’âge de départ à 65 ans est soutenu à 77 % chez les sympathisants Renaissance et à 66 % chez ceux de LR. Un chiffre intéressant, quand on sait qu’une partie des députés, à commencer par le président du groupe LR de l’Assemblée, Olivier Marleix, s’opposent à un report à 65 ans.

Lire aussi >> Report de la présentation de la réforme des retraites : Macron a-t-il « écouté » Bayrou ou est-il dans une « totale improvisation » ?

Le rejet le plus fort est observé chez les sympathisants RN (85 %), LFI (84 %), suivis de ceux d’EELV (66 %) et du PS (62 %). Quant au recours au 49.3, 68 % des sondés le jugent inacceptable, contre 32 % acceptable.

Dans le baromètre politique, 41 % des personnes interrogées jugent qu’Emmanuel Macron est un bon président, en hausse de 3 points. 59 % pensent qu’il ne l’est pas. La cote d’Elisabeth Borne est stable. 36 % des personnes jugent qu’elle est bonne première ministre, 63 % disent le contraire. La première ministre, plus exposée que le chef de l’Etat sur la réforme des retraites, semble jouer ici le rôle traditionnel de paratonnerre pour le président de la République.

Cote d’adhésion : Edouard Philippe caracole toujours en tête

Quant à la cote d’adhésion, Edouard Philippe caracole toujours en tête, avec 42 % d’adhésion à sa personnalité (+3). Preuve que sa stratégie de prise de distance et de discrétion, ces dernières semaines, par rapport au tumulte des polémiques politiques, est efficace.

L’ancien premier ministre est suivi par Marine Le Pen (33 %, -1 point), Bruno Le Maire (30 %, +1), qui pourrait viser 2027 comme Edouard Philippe, Olivier Véran (29 %, +2), Gabriel Attal (25 % -1), Jean-Luc Mélenchon (24 %) et Xavier Bertrand (24 %, +1).

Eric Ciotti en hausse de 2 points

A noter que Laurent Wauquiez, avec 19 % d’adhésion (-1), ne profite pas pour le moment de l’élection à la présidence des LR d’Eric Ciotti, qui en fait ouvertement le candidat des LR pour 2027. A l’inverse du député des Alpes-Maritimes, qui siège à la quatorzième place avec 17 %, en hausse de 2 points. Marine Tondelier, la nouvelle secrétaire nationale d’EELV, est testée pour la première fois. Peu connue du grand public, elle recueille pour l’heure seulement 8 % d’adhésion.

Au palmarès du rejet, Eric Zemmour devance largement toute la classe politique, avec 64 % (+1), devant Jean-Luc Mélenchon (53 %, +1), Marine Le Pen (46 %, +1), Adrien Quatennens (46 %), Sandrine Rousseau (45), Jordan Bardella, qui a pris la présidence du RN (43 %, +3) et Eric Ciotti (39 %, -3).

 

Méthodologie :

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet les 12 et 13 décembre 2022. Echantillon de 1005 Français représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Pour un pourcentage de 20 % ou 80 %, la marge d’erreur est de 2,5 points pour un échantillon de 1000 personnes. Soit, pour un score de 20 %, le pourcentage réel est compris dans l’intervalle 17,5 % - 22,5 %.

Dans la même thématique

Turin – Marifiori Automotive Park 2003, Italy – 10 Apr 2024
6min

Politique

Au Sénat, la rémunération de 36,5 millions d’euros de Carlos Tavares fait grincer des dents. La gauche veut légiférer.

Les actionnaires de Stellantis ont validé mardi 16 avril une rémunération annuelle à hauteur de 36,5 millions d’euros pour le directeur général de l’entreprise Carlos Tavares. Si les sénateurs de tous bords s’émeuvent d’un montant démesuré, la gauche souhaite légiférer pour limiter les écarts de salaires dans l’entreprise.

Le

Operation Wuambushu a Mayotte : Demolition en cours d’un vaste bidonville – Operation Wuambushu in Mayotte: Ongoing demolition of a vast slum
8min

Politique

« Mayotte place nette » : « La première opération était de la communication et la deuxième sera de la communication », dénonce le sénateur Saïd Omar Oili

Le gouvernement a annoncé ce mardi 16 avril le lancement du dispositif « Mayotte place nette », un an après le maigre bilan de l’opération baptisée « Wuambushu ». Saïd Omar Oili, sénateur de Mayotte, regrette le manque de communication du gouvernement avec les élus du département et met en doute l’efficacité de ce « Wuambushu 2 ».

Le

Paris : Question time to the Prime Minister Gabriel Attal
6min

Politique

100 jours à Matignon : « La stratégie Attal n’a pas tenu toutes ses promesses », analyse Benjamin Morel

Le Premier ministre marquera jeudi le passage de ces cent premiers jours au poste de chef du gouvernement. Si Gabriel Attal devait donner un nouveau souffle au deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, sa stratégie n’est néanmoins pas payante car il « veut en faire trop sans s’investir fortement sur un sujet », selon Benjamin Morel, maître de conférences en droit public.

Le