PARIS: MEDEF, Audition des principales tetes de liste aux prochaines elections europeennes
Manon Aubry, La France insoumise, Jordan Bardella, Rassemblement national, Francois-Xavier Bellamy, les Republicains, Raphael Glucksmann, Place publique -PS, Valerie Hayer, Renaissance, Marion Marechal, Reconquete, Marie Toussaint, Europe Ecologie Les Verts. Audition des principales tetes de liste aux prochaines elections Europeennes. Paris, FRANCE-18/04/2024.//04MEIGNEUX_meigneuxA040/Credit:ROMUALD MEIGNEUX/SIPA/2404181703

Sondage : derrière le succès annoncé de Jordan Bardella, l’incertitude domine pour les autres listes

L’enquête électorale d’Ipsos, menée à la fin du mois de mai et relayée par Le Monde montre que l’extrême droite pourrait atteindre des records face à la déroute de la liste de la majorité présidentielle et une gauche qui stagne, dans une élection largement boudée par les Français
Hugo Ruaud

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Jordan Bardella tout en haut, Valérie Hayer toujours en baisse et Raphaël Glucksmann qui se stabilise : à moins d’une semaine du scrutin, l’enquête électorale d’Ipsos pour Le Monde, le Cevipof, l’Institut Montaigne et la Fondation Jean Jaurès prédit une victoire écrasante du Rassemblement national et un match pour la seconde place très serré entre la liste de la majorité présidentielle et celle du Parti socialiste / Place Publique. Avec 33 % des intentions de vote, le candidat du Rassemblement national progresse de deux points par rapport à la précédente enquête publiée en mars, et pourrait réunir plus de deux fois plus de voix que Valérie Hayer qui, à l’inverse, a perdu deux points en trois mois, à 16 %. Un écart colossal dont le parti à la flamme profite pour mettre en cause la légitimité du gouvernement. Lundi matin, sur Public Sénat, le vice président de l’Assemblée nationale Sébastien Chenu appelait Emmanuel Macron à « tirer les conséquences » du scrutin du 9 juin et à dissoudre la chambre basse en cas de victoire du Rassemblement national. En 2019, lors des précédentes élections européennes, le parti d’extrême droite était déjà arrivé en tête dans les urnes, mais l’écart avec la liste de Nathalie Loiseau était presque anecdotique : le RN avait obtenu 23,34 % des voix contre 22,42 % pour Renaissance, soit, in fine, le même nombre de siège attribué aux deux listes au Parlement européen.

 

 

Glucksmann talonne Hayer, mais stagne

 

Cinq ans plus tard, obtenir autant de sièges que le Rassemblement national paraît totalement hors de portée de la liste Renaissance, qui a plutôt tendance à surveiller ses arrières et donc la liste de Raphaël Glucksmann. Avec 14,5 % des intentions de vote, le député européen, déjà tête de liste pour Place Publique et le Parti socialiste en 2019, peut encore espérer dépasser la candidate Renaissance. De 6,5 points d’écart en mars, l’écart s’est réduit à 1,5 %. Mais la progression du philosophe de formation ralentit : il n’a gagné que 0,5 point d’intention de vote sur le dernier mois. Plusieurs motifs d’espoir existent cependant pour Raphaël Glucksmann. Le premier vient de la situation de la liste écologiste menée par Marie Toussaint, à nouveau en recul, frisant désormais avec la barre fatidique des 5 % – en deçà de laquelle elle n’obtiendrait aucun siège au Parlement, à 6 % d’intention de vote. Avec une baisse de 2,5 points en deux mois, la liste écologiste, grande gagnante des élections européennes de 2019, pourrait subir le phénomène de « vote utile » au bénéfice de Raphaël Glucksmann et Manon Aubry (LFI). La perspective de voir leur vote rendu nul par un résultat inférieur à 5 % semble faire douter les électeurs écologistes : seuls 45 % d’entre eux sont sûrs de mettre un bulletin Marie Toussaint dans l’urne. Le choix des 55 % restant sera donc capital, tant pour l’avenir des écologistes français au Parlement européen que pour l’ambition de Raphaël Glucksmann de dépasser la liste de Valérie Hayer. En effet, le candidat de Place publique jouit d’une bonne image auprès des électeurs écologistes. Ces derniers considèrent par exemple en moyenne qu’il tient le même positionnement politique que Marie Toussaint sur l’échelle gauche-droite. Surtout, parmi les électeurs écologistes hésitants, 40 % penchent pour Raphaël Glucksmann comme second choix derrière Marie Toussaint, contre seulement 16 % pour l’insoumise Manon Aubry.

 

 

Capture
Crédits photo : Capture d'écran Ipsos. Sûreté du choix au premier tour. Question : « Votre choix est-il définitif ou peut-il encore changer ? »

LFI se maintient

Cette dernière progresse d’un point en un mois, à 8 % des intentions de vote, boostée par le vote des jeunes (18-24 ans et 25-34 ans), qui sont respectivement 19 et 17 % à pencher en sa faveur, mais toujours boudée par les séniors, qui sont seulement 4 % à vouloir lui accorder leur vote. Très active pour dénoncer la situation à Gaza, la liste LFI est parvenue à capitaliser électoralement sur cette question : alors que la situation à Gaza est un choix déterminant pour le vote pour seulement 6 % des Français, ils sont 33 % à considérer ce sujet comme capital parmi l’électorat LFI. Si le score de Manon Aubry en reste là, la candidate ferait mieux qu’en 2019, où elle n’avait récolté que 6,31 % des voix. Loin des standards du vote Mélenchon à l’élection présidentielle, Manon Aubry pâtit d’un scrutin qui mobilise moins les jeunes et les classes populaires, traditionnellement plus enclins à voter pour son courant politique – scrutin de 2019 mis à part où Yannick Jadot s’était accaparé le vote des jeunes de gauche. Mais l’abstention n’est pas la seule explication au score qui se dessine pour la France insoumise. La liste LFI perd en effet des plumes et ne parvient pas à mobiliser tous ses électeurs de 2022 qui compte voter le 9 juin : seul un gros tiers d’entre eux (35 %) compterait mettre un bulletin Manon Aubry dans l’urne, quand 27 % pencheraient en faveur de Raphaël Glucksmann, et 12 % pour la liste de Marie Toussaint. Heureusement pour Manon Aubry, ses électeurs sont en revanche davantage sûr de leur choix que ceux de sa concurrente écologiste (69 %).

 

L’extrême droite à 40 %, LR en souffrance

 A droite et à l’extrême droite, les dynamiques ne sont pas les mêmes. Personne ne peut contester à Jordan Bardella son leadership. La liste Reconquête ! menée par Marion Maréchal-Le Pen perd 0,5 point, à 5 % et pourrait n’obtenir aucun siège au Parlement. Si une écrasante majorité des électeurs Reconquête penchent pour le Rassemblement national (74 %) comme deuxième choix, la plupart des personnes déclarant vouloir voter pour le parti d’Eric Zemmour sont sûres de leur décision (73 %). Un luxe dont ne peut pas se targuer François-Xavier Bellamy, chef de file des Républicains, dont seule la moitié des électeurs se déclarent sûrs de leur choix. Le député européen, pris en étau entre les listes d’extrême droite et celle de la majorité présidentielle, ne parvient pas à « percer ». Il demeure englué à 7 % des intentions de vote, soit le même score qu’en mars. Parmi les électeurs qui hésitent encore à lui confier leur vote, un tiers pencherait pour la liste de Valérie Hayer, et un tiers se tournerait vers celle de Jordan Bardella. Avec le RN à 33 %, Reconquête ! à 5 et le reste des petites listes d’extrême droite, ce courant politique représente désormais 40 % des intentions de vote sur ce scrutin, un record. A titre de comparaison, la gauche pèse à peine plus de 30 %.

Les Français entre indifférence et colère

Au-delà des intentions de vote et des résultats de chaque liste, c’est une nouvelle fois l’abstention qui devrait dominer ce scrutin. Dans l’enquête Ipsos, seuls 47 % des Français se déclarent certains d’aller voter. Mais ce chiffre fluctue considérablement selon plusieurs variables, à commencer par l’âge : les 70 ans et plus sont par exemple deux fois plus nombreux que les 18-34 ans à déclarer voter. Le phénomène est aussi visible selon la catégorie socio-professionnelle : les cadres sont 47 % à être certains d’aller voter, contre seulement 37 % des employés et 39 % des ouvriers. En 2019, le taux de participation avait été à peine supérieur à 50 % (50,1 %). La faible participation annoncée est concomitante avec la faible notoriété et le déficit d’image des candidats auprès des électeurs. Jordan Bardella, le plus connu et le plus populaire des candidats, culmine à 41 % d’opinions positives (mais pâtit de 47 % d’opinions négatives). En dehors de lui, hormis Marion Maréchal-Le Pen dont la célébrité va de paire avec un fort taux d’opinions négatives, tous les candidats souffrent d’un manque de notoriété. 47 % des Français considèrent par exemple qu’ils ne connaissent pas assez Valérie Hayer pour se prononcer sur sa personne. Ils sont 42 % dans ce cas concernant Raphaël Glucksmann et 62 % concernant Marie Toussaint. L’abstention colossale que pourrait connaître ce scrutin s’explique aussi en partie par l’état d’esprit des Français, qui oscille entre « inquiétude », « incertitude » et « fatigue ». Malgré la présence et les scores de plusieurs listes « eurosceptiques », le projet européen suscite l’adhésion d’une écrasante majorité de Français (78 %). Les électeurs sont en revanche globalement en décalage vis-à-vis des thèmes et des sujets abordés par les médias et les candidats dans le cadre de la campagne. Les trois thèmes les plus déterminants pour leur vote sont le pouvoir d’achat, l’immigration et le système de santé. Si 38 % des Français considèrent l’immigration comme un sujet déterminant dans le choix du vote, ils sont 57 % à trouver que ce sujet est évoqué par les candidats et les médias. En revanche, seuls 8 % entendent le sujet du système de santé abordé par les candidats ou les médias soit un différentiel de 21 % avec le nombre de Français qui considèrent ce sujet comme déterminant. La surexposition médiatique concerne également la guerre en Ukraine ou encore la situation à Gaza. Mais quel que soit le sujet, la plupart des Français considèrent de toute façon les élections européennes comme peu influentes sur le cours des événements. A la question de connaître l’efficacité des différents scrutins pour faire entendre sa voix, seuls 38 % des sondés considèrent ces élections comme efficaces ou plutôt efficaces (seulement 7 % pour efficaces).

Enquête Ipsos pour le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne menée du 27 au 30 mai 2024 auprès de 11 430 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrite sur les listes électorales, âgée de 18 ans et plus.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. 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