Présidentielle : « Le moment Mélenchon », selon notre sondage mensuel

Présidentielle : « Le moment Mélenchon », selon notre sondage mensuel

Le candidat de la France insoumise voit sa cote de soutien et de sympathie progresser dans le dernier baromètre politique d’Odoxa-Mascaret, réalisé pour les chaînes parlementaires et la presse quotidienne régionale. Sa performance est toutefois plus la conséquence d’un choix par défaut que d’une adhésion au programme. Sur un mois, la popularité d’Emmanuel est orientée à la hausse, depuis l’invasion russe en Ukraine.
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Jean-Luc Mélenchon va-t-il réitérer sa percée de fin de campagne présidentielle de 2017 ? Une dynamique semble s’être installée, en tenant compte de sa cote d’adhésion calculée par le baromètre politique d’Odoxa-Mascaret, mené les 23 et 24 mars pour les chaînes parlementaires et la presse quotidienne régionale. Dans cette enquête, le candidat de la France insoumise reste stable, à la septième place de notre palmarès de l’adhésion (25 %), c’est-à-dire les personnes ayant exprimé un soutien ou de la sympathie. Sa popularité est également remontée en mars à 33 %, parmi l’ensemble des Français, quelques jours après sa marche parisienne. C’est le plus haut niveau mesuré par Odoxa depuis novembre 2017. Sa popularité était à l’époque de 36 %. 27 % personnes interrogées ont « plutôt une bonne opinion » de lui, et 6 % une « très bonne opinion ».

Odoxa mars 2022 : palmarès de l'adhésion

Auprès des sympathisants de gauche et d’extrême gauche, le député poursuit sa progression, récoltant 60 % d’adhésion (4 points de plus en un mois), loin devant François Hollande (47 %), Yannick Jadot (44 %), Christiane Taubira (43 %), Fabien Roussel (41 %) ou Anne Hidalgo (33 %).

En termes d’intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon bénéficie d’ailleurs de réserves potentielles à gauche. 12 % des Français affirment qu’ils vont « certainement » voter pour lui le 10 avril, et 15 % pourraient « probablement » faire de même, ce qui lui laisse une marge de progression dans cette dernière ligne de la présidentielle. Dans le détail, la moitié des sympathisants PS et 55 % des sympathisants d’Europe Ecologie-Les Verts, et les deux tiers des sympathisants communistes (67 %) n’excluent pas de pouvoir voter pour lui.

Jean-Luc Mélenchon, un choix par défaut, pour 57 % des Français qui seraient susceptibles de voter pour lui

Cette dynamique électorale est pourtant fragile. L’essentiel des personnes interrogées qui seraient susceptibles de voter pour lui n’en fait qu’un choix par défaut. Ainsi, 32 % des Français envisageraient de voter pour lui car c’est le candidat « le moins éloigné de leurs valeurs », et 25 % résonneraient en termes de « vote utile », pour faire permettre à la gauche de l’emporter. Seulement 42 % des Français ayant l’intention de mettre son nom dans l’urne le feraient par adhésion : 32 % le feraient pour son programme, et 10 % car ils jugent que le candidat a l’étoffe d’un président.

Et si elle s’est améliorée au cours des derniers mois, l’image de Jean-Luc Mélenchon reste toutefois mauvaise chez l’ensemble des Français. Les deux tiers des Français (66 % contre 33 %) ont une mauvaise opinion de lui. Les critiques se concentrent notamment sur sa personnalité. 70 % l’estiment incapable de diriger la France, 78 % le considèrent impulsif, 70 agressif et 64 % populiste. 54 % des Français ne le trouvent pas proche des gens, et 59 % ne le trouvent pas convaincant.

Odoxa mars 2022 : l'image de Jean-Luc Mélenchon

Emmanuel Macron, jugé bon président de la République par 56 % des sympathisants LR

Quant au président de la République, sa popularité bondit à la faveur de la guerre en Ukraine. 46 % des personnes interrogées estiment qu’il est un bon président de la République. C’est cinq points de plus par rapport à la précédente enquête, réalisée deux jours avant le début de l’invasion russe. Emmanuel Macron retrouve un niveau de popularité qui n’a plus été atteint depuis le printemps 2018.

Le président sortant bénéficie d’une popularité bien plus haute que ses deux prédécesseurs à la même époque. La popularité de Sarkozy plafonnait à l’époque à 36 %, et celle de Hollande végétait à 22 %, c’est-à-dire quasiment moitié moins que l’actuel chef de l’Etat.

C’est auprès des sympathisants LR que la popularité d’Emmanuel Macron progresse le plus : 56 % d’entre eux estiment qu’il est un bon président de la République, un bond de 17 points en un mois. 51 % des sympathisants EELV sont également de cet avis (+ 2 points). Le président candidat recule nettement en revanche dans les sympathisants socialistes : ils sont plus que 39 % à le juger comme un bon président (- 9 points).

Odoxa mars 2022 : popularité d'Emmanuel Macron

La cote d’adhésion de Marine Le Pen supérieur de 20 points à celle d’Éric Zemmour, chez les sympathisants de droite et d’extrême droite

Odoxa mars 2022 : palmarès de l'adhésion selon la proximité partisane

Selon cette dernière vague du baromètre Odoxa, Marine Le Pen reste mieux que placée que Jean-Luc Mélenchon pour se qualifier au second tour. 20 % des électeurs se disent certains de voter pour Marine Le Pen, et 17 % « probablement ». Son potentiel de vote est donc supérieur de dix points à celui de Jean-Luc Mélenchon. Avec 34 % de cote d’adhésion, Marine Le Pen est à la troisième place du palmarès de l’adhésion. Elle n’est plus qu’à un point de Roselyne Bachelot (35 %) mais reste loin de l’indétrônable Édouard Philippe, et de ses 44 %.

Marine Le Pen apparaît comme la personnalité politique préférée chez les sympathisants de droite et d’extrême droite, malgré un recul de cinq points : sa cote d’adhésion atteint 64 % chez les sympathisants des droites (UDI, LR, DLF, RN et Reconquête), 9 points de plus que Nicolas Sarkozy, en deuxième position. Elle dépasse également Marion Maréchal (3e avec 48 %), Éric Zemmour (4e avec 44 %) et Valérie Pécresse (8e avec 36 %).

Pour les deux principaux rivaux de Marine Le Pen, Éric Zemmour et Valérie Pécresse, le mois de mars a été difficile. Auprès de l’ensemble des Français, le candidat de Reconquête recule de quatre points dans le palmarès de l’adhésion, avec 19 % (13e place), soit quatre points de moins sur un mois. La candidate LR chute d’autant, et se retrouve à 23 % d’adhésion. Elle passe sous Jean-Luc Mélenchon (25 %).

La cote d’adhésion de ces deux candidats s’érode surtout chez les sympathisants des droites. Éric Zemmour chute de 9 points (44 %), et Valérie Pécresse recule de 5 points (36 %).

Méthodologie : L’enquête a été réalisée via Internet les 23 et 24 mars 2022, auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l
interviewé après stratification par région et catégorie dagglomération. « La marge derreur des résultats densemble s’établit, selon le score visé, entre plus ou moins 1,4 et 3,1 points. »

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