Paris :  Political leaders leave after a meeting on Iran and Middle East war at Matignon
À l’arrière-plan, Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, et, au premier plan, Jordan Bardella, le président du parti, quittent l'hôtel de Matignon à Paris, le 11 mars 2026.

Sondage : la candidature de Jordan Bardella éclipse celle de Marine Le Pen pour la présidentielle

Alors que la candidature de Marine Le Pen pour la prochaine présidentielle est toujours suspendue à un épilogue judiciaire, Jordan Bardella gagne du terrain dans l’opinion. Selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale, il est largement préféré par les sympathisants du Rassemblement National pour porter les couleurs du parti en 2027.
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L’élève a-t-il dépassé le maître ? Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, s’impose désormais comme le meilleur candidat de son camp pour la prochaine élection présidentielle, devant Marine Le Pen. En effet, 97% des sympathisants du RN estiment qu’il ferait un bon prétendant à l’Elysée, contre 88% pour la députée du Pas-de-Calais, selon le baromètre politique Odoxa du mois de mars, réalisé par Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale. Cet écart se retrouve aussi à l’échelle nationale, puisque le chef de fil du groupe « Patriotes pour l’Europe » au Parlement européen est nettement préféré à la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale par les Français interrogés dans cet enquête (45% vs 39%).

« Si l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain (c’est la question posée dans ce sondage), Marine Le Pen n’aurait de toute façon pas le droit d’être candidate… Mais le fait que Jordan Bardella s’impose aussi dans l’opinion comme meilleur candidat compliquerait probablement une candidature de Marine Le Pen si la justice le lui permettait finalement », analyse Gaël Sliman, le président d’Odoxa. Pour rappel, le procès en appel des assistants de l’ex-FN s’est achevé le 12 février, les juges rendront leur décision le 7 juillet. Dans cette affaire, Marine Le Pen a été condamnée en première instance à quatre ans de prison dont deux ferme, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui compromet sérieusement ses chances de concourir à une quatrième élection présidentielle.

les différents camps

En difficulté pour le second tour

Présenté comme son remplaçant, Jordan Bardella domine largement le premier tour de la présidentielle dans les différentes hypothèses testées par Odoxa. Il est crédité de 34 à 38% des intentions de votes, soit une avance d’au moins dix points sur les autres compétiteurs. En revanche, il pourrait s’incliner au second tour face à Edouard Philippe, donné à 52% contre 48% pour le patron du RN, en recul de 5 points par rapport à novembre.

Alors que le maire du Havre a vu sa cote de popularité bondir de huit points depuis sa réélection (36%), Jordan Bardella engrange trois points sur un mois et se maintient en tête du palmarès des personnalités politiques préférées des Français, avec un taux d’adhésion de 38%. Marine Le Pen arrive sur la troisième marche du podium, à 34% d’opinions positives.

palmares de l'adhesion

75% de sympathisants de droite favorables à une candidature de Bruno Retailleau

Si la candidature d’Edouard Philippe s’impose très largement du côté du bloc central (47% de Français pensent qu’il ferait un bon candidat pour son camp et 92% des sympathisants du centre), du côté de la droite, c’est Bruno Retailleau qui a l’avantage. La candidature du patron des Républicains est plébiscitée par 75% des sympathisants de droite et 30% des Français. En revanche, seulement 16% des personnes sondées estiment que Laurent Wauquiez, son grand rival, serait un bon prétendant à l’Elysée, contre 40% du côté des militants.

Notons que Dominique de Villepin, qui ne fait plus mystère de ses ambitions présidentielles, engrange davantage de soutiens chez l’ensemble des sondés (24%) que du côté des seuls sympathisants de droite (21%).

Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon, favoris à gauche de l’échiquier politique

Côté socialiste, l’hypothèse Raphaël Glucksmann continue de prévaloir pour 2027 : 76% des sympathisants PS et 31% des Français estiment que le co-fondateur de Place publique ferait un bon candidat. 22% des sondés pensent de même de François Hollande ; la candidature de l’ancien président de la République est soutenue par 57% des électeurs socialistes. En revanche, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, très contesté en interne après une série d’alliances PS-LFI aux municipales, ne récolte que 37% d’opinions favorables pour une candidature en 2027 auprès des électeurs PS, et seulement 18% auprès des Français.

Chez LFI, sans surprise, la possibilité d’une quatrième candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle est plébiscitée par 78% des soutiens de la gauche radicale, contre seulement 17% des Français interrogés dans cette enquête. « À la gauche de la gauche, si Jean-Luc Mélenchon est largement détesté par les Français, il n’est pas contesté à LFI et ira quoi qu’il arrive à la présidentielle. De toute façon, dans notre sondage, sa candidature est encore pour le moment préférée à celle de François Ruffin par les sympathisants de gauche radicale », explique Gaël Sliman.

« À Reconquête enfin, on rejoue comme au RN le complexe œdipien : Sarah Knafo est largement préférée comme candidate à Éric Zemmour : +5 points auprès des Français (21% vs 16%) et +4 auprès des sympathisants de leur propre parti (98% vs 94%) », note le patron d’Odoxa.

*Méthodologie

L’enquête a été réalisée les 25 et 26 mars 2026, sur Internet, auprès d’un échantillon de 1 005 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Chaque sondage présente une incertitude statistique que l’on appelle marge d’erreur. La marge d’erreur dépend de la taille de l’échantillon ainsi que du pourcentage observé. Par exemple, dans un échantillon de 1 000 personnes, si le pourcentage observé est de 20 % ou de 80 %, la marge d’erreur est égale à 2,5 points : le pourcentage réel est donc compris dans un intervalle entre 17,5 % et 22,5 %.

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