SONNAY Nord Isere le 04/06/2021 : Campagne officielle pour le premier tour des elections regionales de la region Auvergne Rhone Alpes.Ici en photos tableaux d affichages dans un petite village pour les candidats des partis politiques//07ALLILIMAGES_14170002/2106061429/Credit:Mourad ALLILI/SIPA/2106061435
Sondage : l’image catastrophique des partis auprès des Français
Le rejet est sans appel. Plus de huit Français sur dix ont une mauvaise opinion des partis politiques, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro.
C’est un chiffre qui résume à lui seul le désamour des Français pour leur classe politique. 82 % d’entre eux ont une mauvaise opinion des partis, d’après un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro. « On atteint des niveaux colossaux » reconnaît Emile Leclerc, directeur d’études chez Odoxa.
Crédits photo : Sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro réalisé les 17 et 18 juillet 2024
Mais le sondeur n’y voit pas un phénomène nouveau. « On pourrait remonter dans le temps sur les quarante dernières années, les Français ont été systématiquement déçus après chaque élection ». Un phénomène historique, aggravé par la crise politique que traverse la France depuis la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin dernier. « Les psychodrames actuels ne redorent pas l’image des partis » abonde Emile Leclerc.
Crédits photo : Sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro réalisé les 17 et 18 juillet 2024
Si l’on creuse, le tableau est encore plus sombre. Plus de huit Français sur 10 considèrent que les partis politiques ne sont pas « crédibles » ni « honnêtes », et près de sept Français sur dix ne les jugent même pas « utiles ». Des chiffres qui ont « sidéré », Christine Lavarde.
« De l’extérieur, les gens se disent que c’est une mascarade »
Mais au fond, la sénatrice partage un peu le même constat que les sondés. Elle-même a quitté les LR en décembre 2022 après l’élection d’Eric Ciotti à la tête du parti, et ne le regrette pas. « Regardez ce qu’il s’est passé récemment au sein des LR. Un chef qui a pris une décision et qui s’est mis en porte-à-faux avec tous les autres dirigeants. Les gens qui regardent ça de l’extérieur se disent que c’est une mascarade. Il y a un grand décalage entre les problèmes des Français et ce dont s’occupent les partis politiques. C’est pour ça que je ne suis plus dans un aucun parti. En même temps, c’est impossible de faire fonctionner une démocratie sans les partis. Comment faire ? C’est une vraie question » concède l’élue des Hauts-de-Seine.
« Compréhensible et injuste »
La classe politique française mérite-t-elle sa mauvaise réputation ? Pour le sénateur Jerôme Durain, c’est à la fois « compréhensible et injuste. Beaucoup de militants et d’élus sont des gens investis. On célèbre l’engagement associatif et bénévole, celui des élus aussi devrait être reconnu ». Mais le socialiste admet que les partis devraient aussi se réinventer, trouver des formes de mobilisation plus modernes que les traditionnels meetings et sections locales de militants.
Ce que les sondés reprochent aux partis politiques, c’est aussi leur incapacité à s’entendre en période de crise. 61 % d’entre eux disent ne pas comprendre l’impossibilité de former une coalition. « Le dépassement des partis, c’est l’ADN du macronisme » rappelle François Patriat. « Depuis les élections, on appelle les partis de l’arc républicain, du PS aux LR, à faire une coalition. On ne peut pas nous reprocher à nous de ne pas savoir s’entendre » s’insurge le patron du groupe macroniste au Sénat.
Les écologistes en tête
Tous les partis ne sont pas pour autant logés à la même enseigne. Avec 40% d’opinions positives, les écologistes progressent de 4 points et se hissent en tête du classement, loin devant les insoumis qui chutent à 21%. Pourtant, avec 9,8% des voix aux européennes du 9 juin, LFI a fait presque deux fois mieux que les 5,5% d’EELV. « Ce sont deux choses différentes » explique le sondeur Emile Leclerc. « Ça signifie que les écologistes ont une meilleure image parce qu’ils sont plus consensuels. Mais LFI a un socle électoral plus large ».
Deux autres partis tirent leur épingle du jeu : le Rassemblement National et les socialistes. Avec 37% d’opinions positives, le PS est le parti qui connaît la plus forte progression en termes d’image. Les Républicains, en revanche, reculent légèrement, mais surtout, Renaissance perd 5 points. Seuls 30% des sondés ont une bonne opinion du parti présidentiel. « Après sept ans au pouvoir, 30% ce n’est pas si mal » veut croire François Patriat. « Les Français aiment la politique mais ils n’aiment pas les politiques, c’est comme ça » se console le fidèle du chef de l’Etat.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.