Jean Philippe Tanguy and Marine Le Pen during the weekly session of questions to the government at the French National Assembly.
Paris, FRANCE-14/11/2023//01JACQUESWITT_Choix004/Credit:Jacques Witt/SIPA/2311141743
Sondage : Marine Le Pen, deuxième personnalité politique préférée des Français ex aequo avec Gabriel Attal
Pari gagnant pour la cheffe de file des députés RN, qui a marché contre l’antisémitisme mis novembre, en dépit de la polémique suscitée par la participation de son parti à ce rassemblement : Marine Le Pen gagne une place dans le classement Odoxa des personnalités politiques les plus appréciées des Français, et se hisse sur la deuxième place du podium, juste derrière l’ancien Premier ministre Edouard Philippe.
La séquence internationale qui s’est ouverte avec le conflit israélo-palestinien, et son impact sur la scène nationale, réussit à Marine Le Pen. L’ex-candidate à la présidentielle cumule 36 % d’opinions favorables dans le baromètre politique Odoxa de novembre, réalisé par Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale*. Elle enregistre ainsi une hausse de trois points par rapport au mois d’octobre, et prend la deuxième place du classement des personnalités politiques suscitant le plus de soutien ou de sympathie, à égalité avec le ministre de l’Education nationale, Gabriel Attal (35 %), et Edouard Philippe (40 %), l’ancien Premier ministre qui continue de caracoler sur la première marche du podium.
« Marine Le Pen semble bien être la grande gagnante de ce mois de novembre : en participant à la manifestation contre l’antisémitisme, elle poursuit sa dédiabolisation et enregistre une hausse impressionnante de ses mentions (+65 %) et de ses engagements (+140 %) sur les réseaux », notent les analystes de Mascaret Benjamin Grange et Yves Censi. La présence du Rassemblement national à la marche « civique » contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre à l’appel de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et du président du Sénat, Gérard Larcher, a suscité une vive controverse au sein de la classe politique. Si le parti fondé par Jean-Marie Le Pen a été souvent taxé d’antisémitisme au cours de son histoire, la présence du RN dans ce rassemblement transpartisan a été vue comme une pierre supplémentaire apportée à l’entreprise de normalisation mise en place par sa fille depuis une dizaine d’années.
Un « effet drapeau » dans un contexte de guerre
Marine Le Pen est d’ailleurs suivie dans ce classement par Jordan Bardella, l’actuel président du RN, malgré la polémique soulevée par les propos qu’il a pu tenir pour prendre la défense du patriarche. « Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen était antisémite », a-t-il déclaré sur BFM TV le 5 novembre. Avec 31 % d’opinions favorables, la cote de confiance de Jordan Bardella progresse de deux points. Globalement, la quasi-totalité des personnalités politiques figurant dans ce palmarès enregistre une hausse de 2 à 3 points depuis le début du conflit au Proche Orient, profitant vraisemblablement de ce que Gaël Sliman, le président de Odoxa, qualifie d’« effet drapeau ».
« Mais quelques-uns n’avancent pas, voire reculent depuis septembre et se trouvent ainsi totalement décrochés dans l’opinion. C’est notamment le cas de Jean-Luc Mélenchon », relève Odoxa. Le tribun de la France insoumise, épinglé pour ses prises de position sur le Hamas, arrive à la 17e position du palmarès, avec seulement 18 % d’opinions favorables. L’ancien député des Bouches-du-Rhône a perdu onze places depuis le mois de juin.
61 % des Français veulent qu’Élisabeth Borne quitte Matignon
Un « effet drapeau » qui profite également au chef de l’Etat. 35 % des sondés estiment qu’Emmanuel Macron est un « bon président de la République », soit un point de plus par rapport à octobre. En revanche, la Première ministre Élisabeth Borne stagne, avec seulement 30 % d’opinions positives, 69 % des Français estimant qu’elle n’est pas une bonne cheffe de gouvernement. Plus encore, ils sont 61 % à vouloir qu’Élisabeth Borne quitte Matignon.
« Chose paradoxale pour cette femme, venant de la gauche et pupille de la nation, c’est justement auprès des femmes (66 %, soit 10 points de plus que les hommes), des catégories populaires (69 %, soit 6 points de plus que les CSP +) et des sympathisants de gauche (69 %, soit 15 points de plus que les LR) que l’on compte le plus de partisans de son départ de Matignon », relève Gaël Slimane.
Qui pour remplacer Élisabeth Borne si elle venait à quitter le gouvernement ? Gabriel Attal, le ministre de l’Education nationale, remporte la majorité des suffrages chez les sondés, avec 30 % de citations. Il confirme ainsi la dynamique enregistrée depuis sa nomination rue de Grenelle et l’interdiction du port de l’abaya dans les écoles. Il est suivi par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire (27 %), et un peu plus loin par Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur (18 %).
Le locataire de la place Beauvau, souvent cité comme premier ministrable, semble aussi profiter de son exposition des dernières semaines avec une cote de popularité à 26 % (+1 point), passant ainsi de la huitième à la sixième place. L’ancien LR a été sous le feu de l’actualité avec la résurgence du risque terroriste et l’examen au Sénat du projet de loi immigration dont il est le porte-drapeau. Une séquence qui devrait encore se prolonger avec l’arrivée cette semaine du texte à l’Assemblée nationale.
* Enquête réalisée selon la méthode des quotas auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par Internet le 22 novembre 2023.
Chaque sondage présente une incertitude statistique appelée marge d’erreur. Celle-ci dépend de la taille de l’échantillon ainsi que du pourcentage observé. Par exemple, dans un échantillon de 1 000 personnes, si le pourcentage est de 20 %, la marge d’erreur est égale à 2,5 points : le pourcentage réel est donc compris entre 17,5 % et 22,5 %.
Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.
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