Les mois passent, et la défiance de l’opinion se confirme à l’encontre du chef d’État, d’après le dernier baromètre politique d’Odoxa et Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale. En dépit d’un léger mieux par rapport à novembre (+ 2 %), la cote de popularité d’Emmanuel Macron demeure extrêmement basse : seuls 23 % des Français le considèrent comme un « bon président ». Il enregistre ainsi son plus mauvais score de nouvelle année depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, loin derrière son niveau de janvier 2018 (49 %). « Au moment où il vit une séquence internationale forte où sa posture face aux États-Unis est en phase avec celle de ses concitoyens, janvier 2026 consacre le pire niveau observé pour Emmanuel Macron en début d’année depuis 8 ans et sa première élection », décrypte Gaël Sliman, président d’Odoxa.
Si 73 % des sympathisants de Renaissance jugent qu’il est un bon président, sa popularité s’effrite dans le reste de l’échiquier politique. « Il fait quasiment l’unanimité contre lui », souligne Gaël Sliman : 81 % des partisans de LFI, 79 % du Parti socialiste, 81 % des Ecologistes, 70 % des LR et 95 % du Rassemblement national ne le soutiennent pas.
Il maintient également sa position dans le classement des personnalités politiques les plus détestées de France, juste après Jean-Luc Mélenchon (69 %) et aux coudes à coudes avec Anne Hidalgo. 57 % des Français éprouvent en effet un sentiment de « rejet » à son égard, là où ils ne sont que 9 % à le soutenir et 11 % à « éprouver de la sympathie » pour lui.
Sébastien Lecornu tire son épingle du jeu
Malgré un léger recul (-2 %), après son recours au 49-3 sur le projet de loi de finances, le Premier ministre reste « nettement plus populaire » qu’Emmanuel Macron. Avec 33 % des Français qui estiment qu’il est un « bon Premier ministre », il surclasse de 10 points le chef d’État, mais reste tout de même « un Premier ministre fragile », précise Gaël Sliman. Alors que touche à sa fin la séquence budgétaire, le locataire de Matignon occupe la cinquième place des personnalités politiques les plus appréciées.
Dans le détail, Sébastien Lecornu conserve l’appui de 78 % des partisans de Renaissance et de 44 % des LR. A l’exception des sympathisants de LFI et du RN qui le rejettent à 80 %, le reste des oppositions est plus clément avec le Premier ministre qu’avec Emmanuel Macron : 57 % des Écologistes et 61 % du PS le soutiennent. Des scores qui diminuent néanmoins par rapport à novembre 2025 : « Sa popularité baisse de 5 points auprès des sympathisants PS, dont le parti a pu peser dans le texte sur le budget 2026, mais de 9 points auprès de ceux de LR et de 13 points auprès de ceux de Renaissance qui estiment certainement que les concessions faites au PS étaient trop importantes », analyse le président d’Odoxa. « C’est davantage cet épisode ponctuel du budget 2026 et le sentiment de son ‘empêchement’ à agir qui expliquent la faible popularité du Premier ministre plutôt que son image personnelle », complète-t-il.
Méthodologie : Enquête menée en ligne les 21 et 22 janvier 2026, auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Comme tout sondage, celui-ci comporte une marge d’erreur. Dans un échantillon de 1 000 personnes, un résultat de 20 % (ou 80 %) présente ainsi une incertitude d’environ ± 2,5 points.