Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu, en novembre 2025 - Christian Liewig -pool/SIPA

Sondage : Sébastien Lecornu nettement plus populaire qu’Emmanuel Macron, qui démarre sa plus mauvaise année depuis 2017

Selon notre dernier baromètre Odoxa, le président de la République débute 2026 à son plus bas niveau de début d’année, depuis sa première élection en 2017. 57% des Français éprouvent un sentiment de « rejet » à son égard. Son Premier ministre, lui, le devance nettement dans l’opinion, se classant 5e personnalité politique préférée des Français.
Aglaée Marchand

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les mois passent, et la défiance de l’opinion se confirme à l’encontre du chef d’État, d’après le dernier baromètre politique d’Odoxa et Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale. En dépit d’un léger mieux par rapport à novembre (+ 2 %), la cote de popularité d’Emmanuel Macron demeure extrêmement basse : seuls 23 % des Français le considèrent comme un « bon président ». Il enregistre ainsi son plus mauvais score de nouvelle année depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, loin derrière son niveau de janvier 2018 (49 %). « Au moment où il vit une séquence internationale forte où sa posture face aux États-Unis est en phase avec celle de ses concitoyens, janvier 2026 consacre le pire niveau observé pour Emmanuel Macron en début d’année depuis 8 ans et sa première élection », décrypte Gaël Sliman, président d’Odoxa.

Si 73 % des sympathisants de Renaissance jugent qu’il est un bon président, sa popularité s’effrite dans le reste de l’échiquier politique. « Il fait quasiment l’unanimité contre lui », souligne Gaël Sliman : 81 % des partisans de LFI, 79 % du Parti socialiste, 81 % des Ecologistes, 70 % des LR et 95 % du Rassemblement national ne le soutiennent pas.

Il maintient également sa position dans le classement des personnalités politiques les plus détestées de France, juste après Jean-Luc Mélenchon (69 %) et aux coudes à coudes avec Anne Hidalgo. 57 % des Français éprouvent en effet un sentiment de « rejet » à son égard, là où ils ne sont que 9 % à le soutenir et 11 % à « éprouver de la sympathie » pour lui.

Sébastien Lecornu tire son épingle du jeu

Malgré un léger recul (-2 %), après son recours au 49-3 sur le projet de loi de finances, le Premier ministre reste « nettement plus populaire » qu’Emmanuel Macron. Avec 33 % des Français qui estiment qu’il est un « bon Premier ministre », il surclasse de 10 points le chef d’État, mais reste tout de même « un Premier ministre fragile », précise Gaël Sliman. Alors que touche à sa fin la séquence budgétaire, le locataire de Matignon occupe la cinquième place des personnalités politiques les plus appréciées.

Dans le détail, Sébastien Lecornu conserve l’appui de 78 % des partisans de Renaissance et de 44 % des LR. A l’exception des sympathisants de LFI et du RN qui le rejettent à 80 %, le reste des oppositions est plus clément avec le Premier ministre qu’avec Emmanuel Macron : 57 % des Écologistes et 61 % du PS le soutiennent. Des scores qui diminuent néanmoins par rapport à novembre 2025 : « Sa popularité baisse de 5 points auprès des sympathisants PS, dont le parti a pu peser dans le texte sur le budget 2026, mais de 9 points auprès de ceux de LR et de 13 points auprès de ceux de Renaissance qui estiment certainement que les concessions faites au PS étaient trop importantes », analyse le président d’Odoxa. « C’est davantage cet épisode ponctuel du budget 2026 et le sentiment de son ‘empêchement’ à agir qui expliquent la faible popularité du Premier ministre plutôt que son image personnelle », complète-t-il.

Méthodologie : Enquête menée en ligne les 21 et 22 janvier 2026, auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Comme tout sondage, celui-ci comporte une marge d’erreur. Dans un échantillon de 1 000 personnes, un résultat de 20 % (ou 80 %) présente ainsi une incertitude d’environ ± 2,5 points.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le

Sondage : Sébastien Lecornu nettement plus populaire qu’Emmanuel Macron, qui démarre sa plus mauvaise année depuis 2017
6min

Politique

Elections sénatoriales en Gironde : la droite favorite, le RN veut créer la surprise 

En Gironde, la droite et le centre abordent les élections sénatoriales en position de force, après plusieurs victoires aux dernières municipales. À gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que le Rassemblement national espère profiter de la dispersion pour décrocher, pour la première fois, un siège dans le département.

Le

Election 2026 Republicans
7min

Politique

« Ça s’appelle de la corruption civile » : Donald Trump tente-t-il d’acheter ses électeurs en promettant des « dividendes » de 5000 dollars ?

À Dallas, ce mercredi 9 septembre, Donald Trump, le président américain promet 5 000 dollars à chaque adulte si son parti conserve la Chambre des représentants et le Sénat à l’issu des élections de mi-mandat. Une annonce spectaculaire, dont le financement reste flou et qui soulève des questions sur les limites entre promesse politique, incitation électorale et intégrité du scrutin.

Le