Sondages de l’Elysée sous Sarkozy: le juge a achevé ses investigations
Le juge d'instruction a clos son enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution des sondages de l'Elysée entre 2007...

Sondages de l’Elysée sous Sarkozy: le juge a achevé ses investigations

Le juge d'instruction a clos son enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution des sondages de l'Elysée entre 2007...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le juge d'instruction a clos son enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution des sondages de l'Elysée entre 2007 et 2012, dans laquelle six membres de l'équipe du président Nicolas Sarkozy risquent un renvoi en procès, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

L'enquête, qui n'avait pu démarrer qu'en 2013 après une longue bataille procédurale, porte sur la régularité des contrats passés sans appel d'offre à partir de 2007 avec les sociétés de Patrick Buisson (Publifact puis Publiopinion) et de Pierre Giacometti, à l'époque conseillers de Nicolas Sarkozy, tous deux mis en examen pour recel de favoritisme.

Le juge Serge Tournaire, qui a notifié le 26 mai la fin de ses investigations aux parties, a également mis en examen l'ancienne directrice de cabinet de l'Elysée, Emmanuelle Mignon, pour favoritisme et l'ancien secrétaire général, Claude Guéant, pour complicité de favoritisme.

Deux autres conseillers de la présidence, Jean-Michel Goudard et Julien Vaulpré, sont mis en examen pour favoritisme.

La fin des investigations a ouvert un délai de trois mois durant lequel les parties peuvent encore demander des actes d'enquête, avant les réquisitions du parquet national financier puis une décision du juge sur la tenue d'un éventuel procès.

Patrick Buisson, également mis en examen pour détournement de fonds publics, faisait partie des conseillers les plus influents de Nicolas Sarkozy. Il avait notamment signé une convention en 2007, qui octroyait à Publifact "l'exécution de sondages", à sa liberté d'appréciation et avec les instituts de son choix.

Dans un rapport de 2009, qui allait conduire l'association Anticor à porter plainte, la Cour des comptes avait dénoncé le caractère "exorbitant" de cette convention, l’Élysée n'ayant "ni la maîtrise ni le contrôle" des dépenses.

Au final, les enquêteurs ont retrouvé trace de 235 sondages achetés par le cabinet de Patrick Buisson et revendus à l’Élysée, avec un bénéfice d'environ 1,4 million d'euros, soit entre 65% et 70% de marge, d'où les poursuites pour détournement de fonds publics.

"Les investigations, et notamment les confrontations, ont fait litière de la thèse médiatique de +prix prohibitifs et marges anormales+", estime pour sa part Me Gilles-William Goldnadel, avocat de M. Buisson. Il a de nouveau demandé une expertise "plus approfondie" sur le coût des sondages.

Les sociétés Ipsos et No Com, qui a pris la suite du cabinet Giacometti Péron, ont également été mises en examen pour recel de favoritisme.

Partager cet article

Dans la même thématique

PSG Victory Celebration Champions League Paris
7min

Politique

Violences après la victoire du PSG : « Plutôt une spécificité parisienne que française », note le politiste Fabien Jobard

Le deuxième sacre du PSG en ligue des Champions ce week-end a une nouvelle fois été marqué par des scènes de débordements, de casses et de violences dans l’espace public. Des faits qui ont conduit à 890 interpellations. Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS rappelle la particularité du club de la capitale dont « l’essentiel des forces supportrices vient de banlieues parisiennes. Des territoires caractérisés par la récurrence des affrontements entre ses habitants et la police ».

Le

UNIVERSITE TOULOUSE CAPITOLE
6min

Politique

Parcoursup, apprentissage… que contient le projet de régulation de l’enseignement supérieur privé examiné ce lundi par le Sénat ?

Les sénateurs examinent en séance ce lundi 1er juin le projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé, censé offrir des garanties aux étudiants face aux pratiques douteuses d’une partie du secteur. Un agrément de l’État et une réforme des conditions de l’apprentissage sont prévus dans le texte issu de la commission.

Le

Paris Gabriel Attal Meeting
8min

Politique

« Un an pour convaincre » : pour son premier grand meeting, Gabriel Attal mise sur « l’espoir » et joue sa différence avec Edouard Philippe

Devant 5.000 personnes réunies à Paris, Gabriel Attal a réussi sa première grande démonstration de force. Le candidat à la présidentielle entend dessiner un projet loin du « pessimisme » ambiant avec « quatre chantiers capitaux » : l’école, avec « moins de 20 élèves par classe » en primaire, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, et « deux dettes à résorber », celle des finances publiques et du réchauffement climatique. Mais il n’oublie pas de se démarquer de son principal concurrent, un certain Edouard Philippe…

Le