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Soumission chimique : procès requis contre le sénateur Joël Guerriau

Soupçonné d’avoir drogué à son insu la députée Modem, Sandrine Josso, dans le but de commettre une agression sexuelle, Joël Guerriau devra faire face à la justice. Le parquet de Paris a requis lundi un procès contre le sénateur.
Simon Barbarit

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Le parquet a requis un procès devant le tribunal correctionnel pour les faits visant le sénateur de Loire-Atlantique, Joël Guerriau. L’élu est soupçonné d’avoir dilué de la MDMA à 91,1 % pure dans un verre de champagne de la députée Modem, Sandrine Josso, qu’il avait invité à son domicile à la mi-novembre 2023.

Joël Guerriau a été par la suite mis en examen pour « administration de substance afin de commettre un viol ou une agression sexuelle » et pour « détention et usage de substances classées comme stupéfiants », et reste présumé innocent.

Le tribunal a depuis requis un non-lieu concernant la consommation de stupéfiants par le sénateur. Contacté par l’AFP, le sénateur, présumé innocent, n’a pas répondu dans l’immédiat. Sa défense non plus. Joël Guerriau a constamment nié avoir agi volontairement, avançant notamment une « erreur de manipulation » des coupes de champagne. Pour le parquet, le produit stupéfiant a été placé dans le verre « à dessein » s’appuyant sur « de nombreuses recherches en lien avec la drogue et le viol » faites en ligne par Joël Guerriau, « un peu plus d’un mois avant les faits », puis « le lendemain ».

Cette affaire avait mis en lumière la pratique de la soumission chimique qui consiste à administrer de substances psychoactives à une personne, à son insu, à des fins notamment d’agression et de viol. Le gouvernement avait par la suite mis en place une mission gouvernementale sur la soumission chimique conduite par la députée et par la sénatrice RDSE, Véronique Guillotin. La mission devrait remettre son rapport en mai.

Depuis sa mise en examen, le sénateur, placé sous contrôle judiciaire, n’est plus apparu dans l’hémicycle et a été suspendu de son parti Horizons et de son groupe parlementaire Les Indépendants-République et Territoires.

Il avait en revanche exclu de démissionner, estimant en septembre 2024 « totalement injuste » de quitter ses fonctions alors que la justice n’avait pas encore « tranché ».

Lundi, l’avocat de Sandrine Josso, Me Arnaud Godefroy, a salué auprès de l’AFP un réquisitoire qui « n’a rien d’étonnant au vu du dossier d’instruction particulièrement accablant pour le mis en examen ».

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