Soupçons d’emplois fictifs: François Fillon de nouveau entendu par les juges
François Fillon est revenu vendredi chez les juges d'instruction à Paris, dans un des derniers actes de l'enquête sur les...

Soupçons d’emplois fictifs: François Fillon de nouveau entendu par les juges

François Fillon est revenu vendredi chez les juges d'instruction à Paris, dans un des derniers actes de l'enquête sur les...
Public Sénat

Par Benjamin LEGENDRE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon est revenu vendredi chez les juges d'instruction à Paris, dans un des derniers actes de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de son épouse et de ses enfants qui avait fait voler en éclat la campagne de l'ex-candidat de la droite à la présidentielle.

Mis en examen dans ce dossier, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a été entendu dans la matinée au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris au lendemain d'une nouvelle audition de son épouse Pénélope, a appris l'AFP de source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

Il a été vu par l'AFP quittant le tribunal en début d'après-midi et une autre source proche du dossier a confirmé que l'audition était terminée.

"Ces auditions sont un processus classique, après la remise du rapport de synthèse des enquêteurs en juin et avant la clôture prochaine de l'information judiciaire", a expliqué la source proche du dossier.

Les révélations du Canard enchaîné le 25 janvier 2017 avaient déclenché l'ouverture d'une enquête du parquet national financier (PNF), qui s'avérera fatale pour la candidature de François Fillon. Parti favori dans la course à l'Elysée, il avait finalement été éliminé en avril dès le premier tour.

Au cœur du dossier, les soupçons d'emplois fictifs de sa femme Pénélope et de ses enfants quand ils étaient ses assistants parlementaires. Les investigations portent aussi sur les salaires - 3.500 euros net par mois - touchés de mai 2012 à décembre 2013 par son épouse pour un emploi à la "Revue des deux mondes", propriété d'un homme d'affaires proche de François Fillon, Marc Ladreit de Lacharrière.

Mis en examen le 14 mars 2017, notamment pour "détournement de fonds publics" et "complicité et recel d'abus de bien sociaux", François Fillon s'était alors borné à lire une brève déclaration devant les juges.

Mais aux soupçons d'emplois fictifs se sont ajoutées les révélations de Robert Bourgi, figure des réseaux de la "Françafrique", qui s'est vanté d'avoir offert lors de la campagne deux costumes d'une valeur de 13.000 euros à l'ancien Premier ministre.

François Fillon avait été entendu pour la première fois sur le fond de l'affaire quelques mois après la présidentielle par les juges Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau.

Lors de cette audition, fin juillet 2017, François Fillon avait défendu la réalité des emplois d'assistants parlementaires de sa femme à l'Assemblée nationale, entre 1986 et 2013, lorsqu'il était député, et de ses enfants Charles et Marie quand il siégeait au Sénat, entre 2005 et 2007.

Quatre personnes ont été mises en examen dans cette enquête : les époux Fillon, Marc Joulaud (ancien suppléant de François Fillon à l'Assemblée nationale), et Marc Ladreit de Lacharrière. Les deux enfants du couple Fillon ont été placés sous le statut de témoin assisté.

- "Il est heureux caché" -

Par la suite, l'enquête avait semblé tourné au ralenti tandis qu'aucun des recours envisagé initialement par le camp de l'ex-Premier ministre n'avait été déposé.

La défense remettait en question la compétence du PNF et avait fait valoir que le délit de détournement de fonds publics n'était pas applicable à un député. Ce dernier argument a été rejeté récemment par la Cour de cassation dans une autre affaire.

"Les enquêteurs ont tout effectué en quelques semaines, aujourd'hui il ne se passe plus rien", assurait à l'AFP en janvier Antonin Lévy, avocat de l'ex-candidat de droite.

Néanmoins, plus d'une dizaine d'auditions ont été menées au fur et à mesure par les policiers de l'Office anticorruption de la police judiciaire (OCLCIFF), sans entraîner de nouvelles poursuites connues à ce jour.

Les investigations se sont, dans ce deuxième temps, intéressées à la société 2F Conseil, créée en 2012 par François Fillon, et à d'éventuels conflits d'intérêts. Après des perquisitions chez ses clients, notamment l'assureur Axa, dont l'ex-PDG Henri de Castries est un ami de l'ex-Premier ministre, aucune nouvelle mise en examen n'a été prononcée.

Désormais retiré de la vie politique, l'ancien Premier ministre, âgé de 64 ans, a rejoint il y a un an la société de gestion d'actifs et d'investissement Tikehau Capital. "Il est heureux caché", a déclaré à l'AFP un de ses anciens soutiens chez Les Républicains.

bl-bpa-nal-edy/jt/phc

Partager cet article

Dans la même thématique

Soupçons d’emplois fictifs: François Fillon de nouveau entendu par les juges
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le