C’est un coup dur pour Edouard Philippe qui se prépare depuis près de deux ans à être candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le parquet national financier a en effet annoncé l’ouverture d’une enquête menée par un juge d’instruction sur des soupçons de détournement de fonds publics. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.
Pour Christophe Béchu, « il n’y a rien de nouveau »
Selon Christophe Béchu, directeur de la campagne d’Edouard Philippe, le candidat déclaré pour 2027 a réagi « avec beaucoup de sérénité ». Toujours selon le maire d’Angers, il s’agit plutôt d’un nouvel élément de procédure que d’une menace concrète pour le maire du Havre. « Je vais dire qu’il n’y a rien de nouveau. Quand vous vous constituez partie civile il y a automatiquement un nouvel acte de procédure », pointe l’ancien ministre.
Sur le fond, Christophe Béchu écarte toute responsabilité d’Edouard Philippe dans l’affaire en pointant des accusations anciennes. « Il y a une forme de judiciarisation de la vie politique avec des dépôts de plainte dont on parle beaucoup plus que les non-lieux à la fin du process », lance le maire d’Angers qui regrette que des plaignants puissent jouer « avec un calendrier électoral et politique ».
Des soupçons qui remontent à 2020
La plainte vise Edouard Philippe en tant que président de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, l’un de ses adjoints, Stéphanie de Bazelaire ainsi que la directrice générale des services de l’agglomération. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 par Edouard Philippe, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech.
LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets.