Soupçons de financement libyen: l’audition de Hortefeux suspendue
L'interrogatoire de l'ex-ministre Brice Hortefeux, convoqué mardi matin en vue d'une éventuelle mise en examen dans l'enquête sur...

Soupçons de financement libyen: l’audition de Hortefeux suspendue

L'interrogatoire de l'ex-ministre Brice Hortefeux, convoqué mardi matin en vue d'une éventuelle mise en examen dans l'enquête sur...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'interrogatoire de l'ex-ministre Brice Hortefeux, convoqué mardi matin en vue d'une éventuelle mise en examen dans l'enquête sur les accusations de financement par l'ex-régime libyen de Kadhafi de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a été suspendu et doit reprendre en août, a appris l'AFP de source proche du dossier.

Dans un premier temps, l'avocat de l'eurodéputé LR, Me Jean-Yves Dupeux, avait indiqué qu'une décision serait prise le 1er août sur cette possible mise en examen et que son client était ressorti sous le statut de témoin assisté.

La source proche du dossier a démenti le fait que M. Hortefeux était placé sous ce statut intermédiaire.

Au cours de son interrogatoire au tribunal de Paris, M. Hortefeux a effectué une longue déclaration liminaire, puis a refusé de répondre aux questions des magistrats, a détaillé son avocat.

Il a soulevé l'incompétence, selon lui, des juges d'instruction et déposé une requête aux fins de saisine de la Cour de Justice de la République (CJR), seule habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions.

Depuis 2013, les magistrats instructeurs mènent de vastes investigations pour vérifier les accusations de financement libyen, formulées par l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine et d'anciens dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi, qui n'ont cependant pas été matériellement étayées jusqu'ici.

Les soupçons visant M. Hortefeux reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d'Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens.

Son propos liminaire mardi matin avait pour but "d'exposer les incohérences du dossier, les contre-vérités, les erreurs de Ziad Takkiedine et Abdallah Senoussi", a souligné Me Dupeux.

L'ancien ministre et secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et Nicolas Sarkozy ont été mis en examen, notamment pour "corruption passive" et "recel de détournements de fonds publics" dans cette procédure qui fait l'objet de recours devant la cour d'appel.

Brice Hortefeux avait été interrogé le 20 mars 2018 par les policiers de l'office anti-corruption à Nanterre (Oclciff).

Abdallah Senoussi avait affirmé avoir "personnellement supervisé" des transferts de fonds destinés à la campagne du candidat de l'UMP (devenu LR).

Il affirme qu'en décembre 2005 Brice Hortefeux, alors ministre aux Collectivités territoriales, lui a remis "une feuille (avec) un nom de banque et un numéro de compte" sur lequel les fonds devaient être versés.

Devant les policiers, Brice Hortefeux a confirmé s'être rendu chez M. Senoussi en marge d'un voyage officiel, mais assuré ne lui avoir remis "aucune référence de compte".

asl-nal-edy-mch/epe/phc

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the  Cour des Comptes in Paris
7min

Politique

Nouvel impôt sur la fortune, taxe sur les holdings, révision du Pacte Dutreil : les pistes de la Cour des comptes accueillies froidement par la majorité sénatoriale

Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.

Le

Soupçons de financement libyen: l’audition de Hortefeux suspendue
2min

Politique

Primaire du PS : Boris Vallaud se dit « peiné et consterné du ton que prend cette campagne »

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a regretté les propos de Ségolène Royal concernant Raphaël Glucksmann. En attendant le premier tour le 9 octobre, le dialogue pourrait encore se tendre entre les cinq candidats, parmi lesquels figurent Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.

Le