Soupçons de fraude fiscale: la garde à vue de Thierry Solère levée
La garde à vue du député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (LREM), soupçonné de fraude fiscale mais aussi de corruption et d'abus...

Soupçons de fraude fiscale: la garde à vue de Thierry Solère levée

La garde à vue du député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (LREM), soupçonné de fraude fiscale mais aussi de corruption et d'abus...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La garde à vue du député des Hauts-de-Seine Thierry Solère (LREM), soupçonné de fraude fiscale mais aussi de corruption et d'abus de biens sociaux, a été levée mercredi à 21h45 "sur avis médical", a annoncé le parquet de Nanterre dans un communiqué.

"Les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité et à la vérification de certains éléments avancés par M. Solère (...) se poursuivent", a précisé le parquet.

Mes Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich, les avocats du député qui était en garde à vue depuis mardi matin, ont ajouté qu'il n'avait "pas été déféré devant un juge d'instruction en vue d'une mise en examen".

"Le parquet n'a pris aucune mesure coercitive ou d'interdiction quelconque à son encontre", ont précisé les avocats. L'immunité parlementaire de M. Solère avait été levée le 11 juillet, à la demande du parquet et de l'intéressé.

L'ex-élu LR est visé depuis septembre 2016 par une enquête ouverte par le parquet de Nanterre à la suite d'une plainte de Bercy pour "fraude fiscale".

En janvier 2017, les investigations ont été élargies aux infractions de "trafic d'influence, corruption, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales, manquements aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) et recels de ces infractions", a déclaré le parquet dans son communiqué.

M. Solère est soupçonné notamment de fraude fiscale sur la période 2010-2013, alors qu'il était conseiller général des Hauts-de-Seine et travaillait en parallèle comme conseiller dans le privé, avait révélé le Canard enchaîné l'été dernier.

Le parlementaire avait répliqué à l'époque avoir fait l'objet d'un "contrôle classique", et n'avoir commis "aucun délit fiscal".

Au-delà, il est aussi soupçonné de s'être servi de sa position pour "aider ses sociétés clientes à obtenir des contrats publics", selon un article du Monde publié récemment, citant un document du parquet.

L'embauche de l'épouse d'un ex-dirigeant d'une société cliente en tant qu'assistante parlementaire pose en outre question aux enquêteurs, ainsi que des transactions avec un promoteur immobilier. Des "faux prêts" auraient été consentis par les sociétés de ce promoteur, permettant l'acquisition de "trois appartements" revendus ensuite "à ces mêmes sociétés en opérant au passage des plus-values", d'après Le Monde.

M. Solère "regrette les fausses informations répandues en particulier s'agissant de +faux prêts+ dont il aurait bénéficié", ont assuré à l'AFP Mes Sur et Chichportich.

En marge de cette affaire, l'ex-garde des Sceaux socialiste Jean-Jacques Urvoas, soupçonné d'avoir transmis à M. Solère des éléments sur l'enquête, a été mis en examen en juin par la Cour de justice de la République pour "violation du secret professionnel".

Après avoir présidé le Comité d'organisation de la primaire de la droite, Thierry Solère a lâché en pleine campagne présidentielle François Fillon, comme Bruno Le Maire et ses proches Edouard Philippe et Gérald Darmanin, tous membres du gouvernement d'Emmanuel Macron aujourd'hui.

Exclu des Républicains, un temps membre des "Constructifs" (devenus Agir), il a rejoint La République en marche.

Partager cet article

Dans la même thématique

Soupçons de fraude fiscale: la garde à vue de Thierry Solère levée
5min

Politique

« J’ai bien peur du cauchemar » : Sébastien Lecornu pointe le contre-budget du RN et dénonce l’effort de « 18,4 milliards d’euros en 2031 » demandé aux collectivités

« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.

Le

Soupçons de fraude fiscale: la garde à vue de Thierry Solère levée
3min

Politique

« Un Etat qui tire sur ses enfants est un Etat qui a déjà perdu ! » : vifs échanges au Sénat entre Mélanie Vogel et Sébastien Lecornu sur la colère lycéenne

Dénonçant la politique de maintien de l’ordre face au mouvement lycéen, la sénatrice écologiste Mélanie Vogel demande au gouvernement de renoncer « à l'usage des LBD et des grenades ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu lui a reproché de ne jamais dénoncer les violences qui émaillent la contestation.

Le