Soupçons de fraude fiscale: le député LREM Thierry Solère en garde à vue
Quelques jours après la levée de son immunité parlementaire, le député LREM des Hauts-de-Seine Thierry Solère, visé par une...

Soupçons de fraude fiscale: le député LREM Thierry Solère en garde à vue

Quelques jours après la levée de son immunité parlementaire, le député LREM des Hauts-de-Seine Thierry Solère, visé par une...
Public Sénat

Par Céline AGNIEL et Anne LEC'HVIEN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Quelques jours après la levée de son immunité parlementaire, le député LREM des Hauts-de-Seine Thierry Solère, visé par une enquête pour fraude fiscale et corruption, a été placé en garde à vue mardi à Nanterre.

Le député était entendu depuis mardi matin dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en septembre 2016, a indiqué le parquet de Nanterre interrogé par l'AFP, confirmant une information du Monde.

D'abord ouverte pour "fraude fiscale" après une plainte de Bercy, l'enquête, menée par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), avait ensuite été élargie aux chefs de "trafic d'influence, corruption, abus de biens sociaux, financement illicite de dépenses électorales et manquement aux obligations déclaratives auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)".

M. Solère a perdu son immunité parlementaire le 11 juillet, à la demande du parquet. Une demande relayée par l'intéressé lui-même qui disait vouloir "être entendu" dans cette affaire.

Sollicité mardi par l'AFP, l'avocat du député, Me Pierre-Olivier Sur, n'a pas souhaité s'exprimer.

Après avoir présidé le Comité d'organisation de la primaire de la droite, Thierry Solère a lâché en pleine campagne présidentielle François Fillon, comme Bruno Le Maire et ses proches Edouard Philippe et Gérald Darmanin, tous membres du gouvernement d'Emmanuel Macron aujourd'hui.

Il a été au centre d'une polémique en se faisant élire, au nom de "l'opposition", questeur de l'Assemblée au nez et à la barbe du LR Eric Ciotti, avant de devoir céder son poste fin 2017. Exclu des Républicains, un temps membre des "Constructifs" (devenus Agir), il a finalement rejoint La République en marche.

Les faits dont les enquêteurs le soupçonnent remontent notamment, pour la fraude fiscale, à la période 2010-2013, alors qu'il était conseiller régional et lieutenant de Bruno Le Maire.

Le député travaillait en parallèle comme conseiller stratégique dans le privé, notamment chez Chimirec, une entreprise spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets industriels. Un poste qui lui rapportait "12.000 euros par mois", avait révélé Mediapart en septembre 2016.

- "Enrichissement occulte" -

A l'été 2017, Le Canard enchaîné avait dévoilé que Thierry Solère avait "omis de régler une partie de ses impôts sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière année". Un "oubli" qui lui avait valu "une saisie-arrêt sur salaire", selon l'hebdomadaire.

L'élu avait répliqué avoir fait l'objet d'un "contrôle classique" et n'avoir "commis aucun délit fiscal".

Selon un article du Monde publié récemment, le parquet soupçonne également M. Solère "de s'être servi de son influence" pour "aider ses sociétés clientes à obtenir des contrats publics ou un agrément des pouvoirs publics".

Le quotidien évoquait aussi des soupçons d'embauche à "caractère fictif" de l'épouse d'un ex-dirigeant de la société Aliapur comme assistante parlementaire. Celle-ci était "chargée de faire son bilan de mi-mandat", "ce qu'elle a fait", affirme l'entourage de l'élu.

Il lui est en outre reproché, toujours selon Le Monde, des faits "d'enrichissement occulte": de "faux prêts" auraient été consentis par les sociétés d'un promoteur immobilier, permettant l'acquisition de "trois appartements" revendus ensuite "à ces mêmes sociétés en opérant au passage des plus-values".

Le député conteste vigoureusement toute irrégularité, s'appuyant sur des attestations de fin de remboursement de plusieurs crédits immobiliers, que l'AFP a pu consulter.

Le promoteur évoqué par Le Monde, un ami personnel de l'élu, se défend de toute transaction illégale avec ce dernier. Il affirme lui avoir bien acheté trois appartements, mais sans en avoir été le propriétaire auparavant, a indiqué son entourage à l'AFP.

L'homme d'affaires assure par ailleurs lui avoir accordé un prêt, déclaré aux services fiscaux, mais qui ne concerne pas ces biens immobiliers.

Cette affaire aux multiples facettes a eu un effet collatéral de taille: soupçonné d'avoir transmis à M. Solère des éléments sur l'enquête, l'ex-garde des Sceaux socialiste Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen en juin par la Cour de justice de la République pour "violation du secret professionnel".

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le