Soutien à Fillon : les sénateurs centristes unis dans la dispersion
Alors que le bureau exécutif de l’UDI doit définir une position officielle vis-à-vis de la campagne de François Fillon, pour plusieurs sénateurs centristes, la perspective de soutenir le candidat LR s’éloigne.

Soutien à Fillon : les sénateurs centristes unis dans la dispersion

Alors que le bureau exécutif de l’UDI doit définir une position officielle vis-à-vis de la campagne de François Fillon, pour plusieurs sénateurs centristes, la perspective de soutenir le candidat LR s’éloigne.
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Les centristes ne savent plus à quels candidats se vouer. Après avoir suspendu sa participation à la campagne de François Fillon en fin de semaine dernière, une majorité d’élus UDI, emmenée par le président du parti, Jean-Christophe Lagarde, misait beaucoup sur l’alternative Juppé pour  enclencher, enfin, la machine à gagner. Le maire de Bordeaux ayant  « une bonne fois pour toutes » évacué la possibilité d’être un recours pour la droite et le centre, l’UDI est dans une position délicate. D’autant que son fondateur Jean-Louis Borloo, tient, dans le journal le Monde, des propos proches de ceux d’Emmanuel Macron ou de François Bayrou. Jugeant la situation « pathétique » chez Les Républicains, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy s’interroge ouvertement sur la possibilité d’une majorité composée de la droite et du centre après la présidentielle. Et laisse entrevoir son souhait de d’« une recomposition politique entre des forces de gauche modernes et une droite progressiste ». « Cela fait quinze ans, qu’on explique avec François Bayrou que l’organisation de la vie partisane ne correspond plus à ce que pensent les Français. C’est bien que Jean-Louis Borloo s’en rende compte maintenant car jusqu’a présent, il se ralliait toujours au même parti » pointe la sénatrice MoDem, fidèle de François Bayrou, Jacqueline Gourault. La sénatrice estime qu’au sein des centristes du Sénat, plusieurs seraient, désormais, tenté par Emmanuel Macron. Mis à part les sénateurs Modem, personne, au groupe, n’a annoncé publiquement son soutien au président d’En Marche. « Je ne suis pas de gauche, si les instances du parti décident qu’il faut soutenir Fillon, je le ferai » répond, mal à l’aise, une sénatrice.

 « Notre groupe n’est pas un adepte de la position commune »

Alors que l’UDI doit tenir son bureau exécutif ce mardi, au Sénat la réunion de groupe UDI-UC était l’occasion de faire un tour de table des positions de chacun. La chose n’est pas aisée puisque l’UDI est composé d’une constellation de mouvements comme Les Centristes, l’Alliance centriste, ou encore la Gauche moderne. Au Sénat, les élus UDI siègent avec les Modem qui sont officiellement alliés à Emmanuel Macron. « Notre groupe n’est pas un adepte de la position commune donc l’objectif de cette réunion n’était certainement pas de se prononcer pour tel ou tel candidat » explique  François Zocchetto, président du groupe UDI-UC, proche de François Fillon, et qui ajoute : « à une époque, j’étais le seul parmi tous les membres du groupe à soutenir François Fillon, donc la situation n’est certainement pas pire qu’à ce moment là ».

 « Les soutiens seront dispersés »

A la question de savoir si l’UDI définira une position commune dans les prochaines heures, Loïc Hervé, proche d’Alain Juppé clôt le suspense. « Il n’y a pas d’inquiétude sur le fait que nous continueront à former un groupe uni, mais en ce qui concerne l’élection présidentielle, les soutiens seront dispersés ». Unis dans la diversité, sorte de lapalissade pour l’UDI.

« Il ne peut pas y avoir ni de dérives populistes »

Néanmoins, pour le sénateur-maire du Bourget, Vincent Capo-Canellas, il va falloir que le candidat LR à la présidentielle donne des gages pour récupérer le soutien des centristes. « Il ne peut pas y avoir ni de dérives populistes, ni de dérives sur un thème qui serait celui de la droite identitaire. De ce point de vue là, il y a des corrections à apporter. Soit François Fillon les apporte et les choses sont possibles soit il faudra en tirer les conséquences » prévient-il. Pourtant, Vincent Capo-Canellas a donné son parrainage à François Fillon en début de semaine dernière. « Je l’ai fait par loyauté mais si le bulletin de parrainage était arrivé sur mon bureau jeudi ou vendredi, je ne l’aurais pas fait » explique-t-il.

« Ne comptez pas sur moi pour réagir, il n’y a que des coups à prendre »

Quelques heures plus tôt, l’embarras était palpable chez les sénateurs centristes. « Ne comptez pas sur moi pour réagir, il n’y a que des coups à prendre et je suis renouvelable. Gérard Larcher (président du Sénat), Bruno Retailleau (président du groupe LR au Sénat) et François Zocchetto (président du groupe UDI au Sénat) sont pro-Fillon. Mais pour moi, un François Fillon mis en examen et soutenu par Sens Commun, ce n’est pas possible » lâche un sénateur dépité.

 

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