Soutien à l’Ukraine : « On entraîne la France dans un engrenage terrible », juge Nicolas Dupont-Aignan

Invité de Bonjour Chez Vous mercredi 13 mars, le député non-inscrit a justifié son opposition à l’accord bilatéral de sécurité signé entre la France et l’Ukraine et débattu hier à l’Assemblée nationale. Selon lui, la France doit arrêter de soutenir le régime de Volodymyr Zelensky.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Son vote figure dans la liste des 99 « contre ». Nicolas Dupont-Aignan, président du parti souverainiste Debout la France et député non-inscrit de l’Essonne s’est opposé à l’accord bilatéral de sécurité entre la France et l’Ukraine sur lequel les députés étaient appelés à s’exprimer hier avant les sénateurs ce mercredi. L’ancien maire de Yerres (Essonne) a justifié son choix sur Public Sénat : « Je vote contre parce qu’il est temps de siffler la fin d’une tragédie. C’est une tragédie pour le peuple ukrainien, pour les Russes et pour les Européens ».

Opposition au soutien occidental de l’Ukraine

En décidant de s’opposer à cet accord bilatéral, Nicolas Dupont-Aignan se distingue de Marine Le Pen à qui il s’était allié au second tour de l’élection présidentielle de 2022. La cheffe des députés Rassemblement National s’est abstenue comme les 88 élus de son groupe. « Elle a fait un discours très bien, je m’en tiens au discours, elle fait ce qu’elle veut en termes de vote », balaie le président de Debout la France.

Selon le député, avec cet accord qui scelle la coopération militaire entre la France et l’Ukraine pour faire face à l’invasion russe, le gouvernement entraîne « la France dans un engrenage terrible et l’Europe dans un suicide ». Il y voit « le passage du soutien au conflit avec la Russie », ajoutant que « la France est au bord de la faillite » et donc qu’elle ne devrait pas mettre des moyens pour aider l’Ukraine. L’accord bilatéral prévoit 3 milliards d’euros d’aide militaire pour 2024 qui se matérialiseront par la fourniture d’équipements ou la dispense de formations aux soldats ukrainiens.

Le règlement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine aura lieu, selon Nicolas Dupont-Aignan « quand l’OTAN, l’Europe occidentale et les Etats-Unis auront l’intelligence de retirer les bases qu’ils ont installées secrètement aux portes de la Russie, un statut de neutralité pour l’Ukraine et le respect des accords de Minsk ». Il accuse Volodymyr Zelensky, le président Ukrainien, de vouloir poursuivre la guerre « parce qu’il est soutenu par les Occidentaux». « Si on arrête la livraison d’armes, il s’arrêtera dans l’instant parce qu’il est porté à bout de bras par le contribuable », insiste le député.

Liste Debout la France aux élections européennes

Sa vision du conflit entre l’Ukraine et la Russie sera portée par une liste Debout la France aux élections européennes du mois de juin. Nicolas Dupont-Aignan a annoncé dans Bonjour Chez Vous qu’il dévoilera les candidats la semaine prochaine. Debout la France ne se joindra donc ni à la liste Rassemblement National de Jordan Bardella ni à celle de Reconquête ! menée par Marion Maréchal Le Pen. « Les européennes, c’est un scrutin à un tour, c’est comme une course hippique, chaque parti à son cheval », rétorque-t-il appelant pour les élections suivantes à une « coalition de tous ceux qui aiment la France ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

STRASBOURG International day against racism and fascism : demonstration
2min

Politique

Le Conseil d'Etat confirme la dissolution de La Jeune Garde

Le Conseil d'Etat a rejeté jeudi le recours du mouvement d'ultragauche La Jeune Garde contestant sa dissolution décidée en Conseil des ministres en juin 2025. Il estime que cette décision était « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l'ordre public ».

Le

Soutien à l’Ukraine : « On entraîne la France dans un engrenage terrible », juge Nicolas Dupont-Aignan
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Soutien à l’Ukraine : « On entraîne la France dans un engrenage terrible », juge Nicolas Dupont-Aignan
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Soutien à l’Ukraine : « On entraîne la France dans un engrenage terrible », juge Nicolas Dupont-Aignan
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le