Municipale à Biarritz : revivez notre grand débat

Les six principaux candidats à l’élection municipale à Biarritz ont participé au débat organisé par Public Sénat, TV7 et Sud-Ouest. La question du logement et de l’immobilier a largement animé les débats. Incontournables à Biarritz, les rapports entre la ville et le club de rugby ont également été au cœur des échanges.
Henri Clavier

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A Biarritz, le logement est un sujet sur lequel les candidats à l’élection municipale des 15 et 22 mars 2026 ne peuvent pas botter en touche. Les contraintes liées à la ville rendent particulièrement difficile la construction de nouveaux logements et la part massive de logements secondaire (40 %) exerce une pression importante sur la capacité des ménages à se loger dans la ville du Pays basque. Dans ce contexte, le projet d’aménagement de la plaine sportive d’Aguilera, porté par la maire LR sortante, Maider Arosteguy, divise largement les candidats.

« Réquisitionner les logements qui appartiennent à des Biarrots est absolument scandaleux »

Le projet porté par la maire sortante prévoit de « réhabilité la quasi-intégralité de la plaine sportive, sauf 8 % consacrés au logement », pour permettre la construction de 250 logements dont 150 logements sociaux. Pour la candidate LR, il s’agit notamment d’une manière de créer du logement sans recourir aux « réquisitions ». « Réquisitionner les logements qui appartiennent à des Biarrots qu’ils soient résidents principaux ou secondaires est absolument scandaleux, on n’a pas vu ça depuis l’Union soviétique », estime Maider Arosteguy.

Pour Guillaume Barucq, tête de liste de « Biarritz Nouvelle Vague », « Maider Arosteguy a franchi le Rubicon en voulant construire sur notre sanctuaire sportif ». Ce dernier plaide pour la rénovation urbaine plutôt que pour la construction de nouveaux logements. Un constat partagé par l’ancien rugbyman Serge Blanco, à la tête de la liste « Mon équipe c’est Biarritz » et l’ancien joueur de football américain, Richard Tardits, à la tête de la liste « Biarritz d’abord », qui rejettent le projet immobilier.

Un parc de logement social insuffisant

Pour Jean-Baptiste Dussaussois Larralde, candidat soutenu par Renaissance (liste « Cap Biarritz »), la ville devrait opter pour une stratégie différente consistant à racheter des logements plutôt qu’en construire d’autres. Selon lui, cela devrait permettre de réduire le niveau des amendes actuellement payées par la ville à cause du non-respect de loi SRU qui impose un minimum de 25 % de logements sociaux dans le parc immobilier des communes. En 2024, la ville de Biarritz ne disposait que de 11 % de logements sociaux et s’est donc acquittée d’une amende de 3,8 millions d’euros. « On va pouvoir faire avec 2,5 millions, 7 ou 8 logements par an », assure Jean-Baptiste Dussaussois Larralde.

A l’inverse, la candidate écologiste, Ana Ezcurra (liste « Biarritz Berri »), refuse de choisir entre le sport et le logement : « Nous devons à nos sportifs de haut niveau des infrastructures

et nous nous devons de produire du logement ». « Aujourd’hui, on va aller dire aux 1 400 familles qui sont en attente de logement social, aux Biarrots qui ont dû quitter la ville et ne peuvent plus se loger chez eux, que demain ils ne pourront plus habiter à Biarritz, je ne partage pas ce constat », explique Ana Ezcurra qui promet de mettre à disposition 1 000 nouveaux logements.

« Il faut aimer le rugby pour investir »

Autre sujet brûlant à Biarritz, la santé financière et sportive du club de rugby, le Biarritz Olympique Pays Basque (BOPB). Détenu depuis l’été 2025 par le milliardaire et proche de l’extrême-droite, Pierre-Édouard Stérin, le club reste enlisé en deuxième division. « C’est quelqu’un avec qui nous n’avons que très peu de relations directes. Pour moi le dossier du BOPB est derrière nous. Je suis satisfaite à partir du moment où les Biarrots peuvent venir au stade regarder des beaux matchs », relativise l’édile sortante. Sur un raisonnement proche, Jean-Baptiste Dussaussois Larralde considère que le Biarritz Olympique ne doit « pas être un parti politique » et estime que « le sujet de l’actionnariat n’est pas celui qui intéresse » les électeurs. Plus radical, Guillaume Barucq plaide pour cesser les subventions et « couper le cordon avec le Biarritz Olympique » jugeant que « c’est un sujet qui relève de la sphère privée ».

Pour Serge Blanco, ancien joueur emblématique du Biarritz Olympique, l’intérêt du club doit primer. « Le choix qui s’est manifesté n’était peut-être pas le bon. Il faut aimer le rugby pour investir », estime l’ancien international français. A gauche, la position est plus tranchée. « Monsieur Stérin n’est pas là pour le rugby, il a un agenda politique. Il a investi la ville de Biarritz comme un laboratoire de ses idées », attaque Ana Ezcurra.

Retrouvez le débat en intégralité : 

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