Stefanini: la droite doit « faire l’inventaire » de sa défaite qui « ne se limite pas aux affaires »

Stefanini: la droite doit « faire l’inventaire » de sa défaite qui « ne se limite pas aux affaires »

Patrick Stefanini, ancien directeur de campagne de François Fillon, souhaite que la droite "fasse l'inventaire de sa défaite" qui...
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Patrick Stefanini, ancien directeur de campagne de François Fillon, souhaite que la droite "fasse l'inventaire de sa défaite" qui "ne se limite pas aux affaires" autour de son candidat, mais qui est due aussi à son incapacité à s'allier avec le centre.

"J'ai peur que les responsables de la droite soient à nouveau tentés de ne pas faire l'inventaire de la défaite". "Et cet inventaire, il ne se limite pas aux affaires ! Moi je n'ai jamais écrit que les affaires à elles-seules étaient responsables de notre défaite", a expliqué sur RTL M. Stefanini, auteur d'un livre sur la campagne de M. Fillon ("Déflagration", Robert Laffont).

"Il y a deux autres causes à notre défaite: la première, c'est que depuis 2008 nous avons perdu des pans entiers de notre électorat, notamment l'électorat populaire et une partie des classes moyennes. Et ça n'est pas la faute de Nicolas Sarkozy, c'est en grande partie (la faute) de la terrible crise économique et financière qui est tombée sur notre pays".

*Deuxièmement, nous avons perdu le centre. Je sais bien qu'en disant cela je ne vais pas me rendre sympathique auprès d'un certain nombre de militants des Républicains. Mais c'est une réalité incontestable: quand la droite, qui est sociologiquement minoritaire, s'allie avec le centre, elle gagne l'élection présidentielle; quand elle n'a pas le centre avec elle, ou qu'elle l'a contre elle comme ça a été le cas en 2017, elle perd l'élection présidentielle", a développé M. Stefanini.

A présent, "la droite compte beaucoup de personnalité fortes, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand. Je parle avec toutes ces personnalités. J'assume aussi le fait que j'ai eu plaisir à travailler avec Valérie Pécresse et je continue à lui apporter mon concours", a indiqué M. Stefanini.

Artisan de la victoire de Jacques Chirac en 1995, proche d'Alain Juppé, M. Stefanini a rejoint François Fillon en 2013. Il a démissionné à quelques semaines du premier tour de la présidentielle après la décision de M. Fillon de se maintenir malgré sa mise en examen.

Pour Maël de Calan, ancien porte-parole d'Alain Juppé et candidat à la présidence des Républicains interrogé par L'Opinion, ce livre "relève surtout une chose: la droite n'a pas perdu cette élection du fait d'un grand complot des juges ou des médias ou de la gauche, comme on l'entend très régulièrement au sein de notre parti, et comme d'ailleurs le disent certains des candidats à cette élection des Républicains".

"La droite a perdu toute seule, et elle a perdu parce qu'elle s'est coupée de ses alliés du centre au terme d'une chasse aux sorcières absolument inimaginable, parce qu'elle s'est coupée de très nombreux Français en défendant des pratiques qui étaient inacceptables sur le plan éthique, et enfin qu'elle s'est coupée d'une partie de ses propres électeurs en étant maximaliste, excessive sur certains sujets", a insisté M. de Calan.

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