Stefanini pointe les « jérémiades assez ridicules » de certains sarkozystes sur le projet de Fillon

Stefanini pointe les « jérémiades assez ridicules » de certains sarkozystes sur le projet de Fillon

« Les aigreurs d’estomac, il nous arrive tous d’en avoir. Mais il y a des comprimés pour ça » affirme le directeur de campagne de François Fillon, après les critiques de certains sarkozystes. Il a présenté un organigramme complété qui « illustre le rassemblement des sensibilités ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Pas toujours facile de faire l’unité de sa famille, même après une victoire remportée haut la main. Plusieurs sarkozystes ont exprimé leurs différences cette semaine avec François Fillon. Ils demandent notamment le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires. Brice Hortefeux, Laurent Wauquiez, Valérie Debord y sont allés de leur sortie. Christian Estrosi a même rappelé, devant François Fillon lui-même, lors d’un meeting à Nice, qu’il fallait parler « aux millions de Français issus des classes moyennes ».

« Grotesque »

Interrogé par Public Sénat vendredi, lors d’une conférence de presse sur l’élargissement de l’organigramme, le directeur de campagne de François Fillon, Patrick Stephanini, a vite remis les derniers récalcitrants à leur place : « Les aigreurs d’estomac, il nous arrive tous d’en avoir. Mais il y a des comprimés pour ça, si j’ose dire, et ça finit par se soigner »… (voir la vidéo). Et d’ajouter, sur ce qu’il appelle « l’affaire des sensibilités » :

« Il y a eu des jérémiades assez ridicules et un peu à contre temps. On m’a reproché de vouloir cantonner le directeur des études des Républicains (Franck-Philippe Georgin, ndlr) au traitement des courriers. C’était juste grotesque. J’ai constitué une cellule courrier en fusionnant les équipes de Fillon, Le Maire et Juppé, je n’ai pas eu besoin des Républicains pour ça ».

Fillon et Sarkozy ont déjeuné ensemble

Preuve du besoin qu’il y avait à se parler et mettre les choses au point : François  Fillon et Nicolas Sarkozy ont déjeuné ensemble vendredi midi. Les deux hommes ne s’étaient pas vu depuis le dernier débat avant premier tour de la primaire.

Pour mieux illustrer le « rassemblement politique », selon les mots du député Serge Grouard, coordinateur politique du projet, l’organigramme déjà pléthorique a été complété par des responsables thématiques, parmi lesquels de nombreux sénateurs, et tout un pan société civile. Au risque de donner l’impression d’une belle armée mexicaine. Qu’importe, c’est le prix de l’unité. Le très sarkozyste Frédéric Péchenard, ex-directeur de campagne de l’ancien Président, rejoint ainsi le pôle sécurité. L’ex-PDG de Numéricalbe, Pierre Danon, préside lui un Conseil national de la société civile. Il avait déjà chapeauté le travail de « 500 experts » qui ont œuvré pour le candidat ces derniers mois.

Fillon « amené à préciser » le projet

« C’est la première fois que la droite et le centre font cet exercice qui consiste à rassembler les forces, quatre mois avant la présidentielle. Ce rassemblement porte aussi sur nos structures d’action militante dans les départements. (… ) Parallèlement au rassemblement de l’essentiel des sensibilités, on est en train de faire une fusion de nos comités de soutien à l’échelle de nos départements » ajoute Patrick Stefanini. Autrement dit, à part quelques mécontents, le rassemblement est bien là. Les sarkozystes Guillaume Larrivé et Eric Ciotti ont ainsi participé à la préparation du discours du candidat sur l’immigration.

Si c’est bien le projet de François Fillon qui va s’appliquer, puisqu’il « a été désigné à la primaire », rappelle le directeur de campagne, cela n’empêche pas aujourd’hui de faire « de la pédagogie. Et dans ce cas, on est amené à précisé sa pensée, à rentrer dans le détail », notamment sur « le niveau de rémunération » des fonctionnaires à 39 heures.

Contrairement à ce que disait le candidat après sa victoire, il va bien falloir arrondir les angles ou aborder de nouveaux thèmes pour lancer le nouvel étage de la fusée Fillon. Celui qui doit le mener à la victoire. Patrick Stefanini le sait bien :

« On n’a pas attendu Laurent Wauquiez et Christian Estrosi pour mesurer qu’une belle primaire amène 4,4 millions d’électeurs. Bon, il y en beaucoup plus en France. C’est clair qu’il y a des catégories de populations qui ne se sont pas intéressées à la primaire, dont les préoccupations n’ont pas été au centre des débats, alors qu’ils vont l’être pendant la campagne présidentielle ».

C’est tout l’enjeu des semaines à venir pour François Fillon : parler aux catégories populaires et aux classes moyennes, sans qui la victoire sera plus difficile.

Dans la même thématique

Strasbourg : European Parliament session
6min

Politique

Européennes 2024 : que disent les derniers sondages sur les tendances ?

Jordan Bardella reste toujours loin devant, quand Valérie Hayer peine à contenir la dynamique de Raphaël Glucksmann. Le candidat PS/Place Publique talonne de plus en plus la liste de la majorité présidentielle. Manon Aubry pour LFI progresse un peu, quand François-Xavier Bellamy est plus ou moins stable.

Le