Invité de la matinale de Public Sénat, Stéphane Le Foll a réitéré sa demande d’un débat au sein du Parti socialiste pour désigner un candidat à la présidentielle. L’ancien ministre de François Hollande ne sera en revanche pas candidat, si le choix du PS se porte sur Anne Hidalgo, ce qui ne fait maintenant guère de doute.
Stéphane Le Foll : « Je n’irai pas rajouter une candidature à l’extérieur du Parti socialiste »
Invité de la matinale de Public Sénat, Stéphane Le Foll a réitéré sa demande d’un débat au sein du Parti socialiste pour désigner un candidat à la présidentielle. L’ancien ministre de François Hollande ne sera en revanche pas candidat, si le choix du PS se porte sur Anne Hidalgo, ce qui ne fait maintenant guère de doute.
A l’occasion de la sortie de son livre « Renouer avec la France des Lumières », Stéphane Le Foll est revenu sur la fin de non-recevoir que lui a adressé Olivier Faure alors que le maire du Mans demandait « un minimum de débat » dans la désignation du candidat ou de la candidate socialiste à la présidentielle. Les adhérents du Parti socialiste ont en effet voté jeudi soir les nouveaux statuts du parti, entérinant une désignation interne d’un éventuel candidat et mettant ainsi définitivement fin aux primaires ouvertes. Alors qu’Anne Hidalgo a officiellement annoncé sa candidature dimanche à Rouen, l’idée d’un véritable débat sur la candidature socialiste à la présidentielle s’éloigne de plus en plus.
« S’il n’y a pas de débat, il n’y a plus de Parti socialiste »
Stéphane Le Foll le confirme, Olivier Faure n’a pas répondu à sa candidature : « J’ai fait acte de candidature, je n’ai pas eu de réponse du Premier secrétaire. » Pourtant, ce débat est « nécessaire » d’après lui. Ou en tout cas l’absence de débat isolerait le Parti socialiste et serait préjudiciable électoralement : « Cette désignation sans débat est porteuse de beaucoup de risques électoraux. »
L’ancien ministre de François Hollande en veut pour preuve la faible participation au vote des nouveaux statuts du Parti socialiste jeudi dernier : « 20 000 militants se sont déplacés alors qu’avant on était à 80 ou 100 000 militants. S’il n’y a pas de débat après ça, il n’y a plus de Parti socialiste. » Stéphane Le Foll renchérit : « Il reste 20 000 militants, on se referme. On n’est pas dans la renaissance, on est dans la dégringolade Je demande un débat qui soit un peu ouvert, c’est dans l’intérêt de celui ou celle qui sera candidat après ce vote. »
« Anne Hidalgo a plutôt dit qu’elle était écologiste »
En fait, Stéphane Le Foll reproche un peu plus au Parti socialiste qu’un simple manque de débat interne. D’après lui, la démarche d’Anne Hidalgo n’est pas la bonne, il lui reproche par exemple les premières mesures annoncées par la maire de Paris et notamment le doublement « au moins » du salaire des professeurs : « Il faut un projet pour la France, ce n’est pas une question catégorielle, il n’y a rien de pire que de commencer par une mesure catégorielle. Si vous doublez le salaire des professeurs, les autres vont venir demander : pourquoi pas nous ? »
Stéphane Le Foll va même plus loin et fait d’Anne Hidalgo une candidate plus « écologiste » que socialiste : « Anne Hidalgo a annoncé sa candidature hier, c’est légitime, mais elle ne s’est pas revendiquée du Parti socialiste. Elle a plutôt dit à France 2 qu’elle était écologiste. » Sur la méthode, l’ancien ministre de l’Agriculture regrette d’ailleurs que le Parti socialiste n’ait pas imité « les Verts » qui « ont eu un débat ». Sur le fond en revanche, « l’écologie politique » que Stéphane Le Foll appelle « comportementaliste » aurait « un plafond de verre », parce qu’elle demanderait des changements de comportements trop coûteux aux classes « insécurisées » : « Le total de gauche aujourd’hui c’est tout juste le score de François Hollande au 1er tour en 2012. On a perdu tout un électorat insécurisé. La modification du comportement quotidien elle ne coûte pas aux classes sécurisées. Pour celui qui est autour du SMIC, toute modification du comportement coûte. » C’est pourquoi le Parti socialiste devrait affirmer son « identité » et sa « différence » avec les écologistes.
« Je reste fidèle au Parti socialiste »
Stéphane Le Foll est donc dans un désaccord profond avec la candidate annoncée du Parti socialiste. Jusqu’à présenter une candidature dissidente ? Là-dessus, le maire du Mans s’est montré clair : « Je suis quelqu’un qui a un cadre, une méthode, c’est le Parti socialiste. Si Olivier Faure ne me répond pas, cela veut dire qu’il n’y a plus de Parti socialiste, mais je suis suffisamment responsable je n’irai pas rajouter une candidature à l’extérieur du Parti socialiste. »
Sans aller jusqu’à une candidature dissidente, Stéphane Le Foll pourrait-il soutenir un autre candidat que la maire de Paris ? Peut-être un ancien socialiste, membre du même gouvernement sous François Hollande ? « Je reste fidèle au Parti socialiste, je suis cohérent. La démondialisation est une erreur, je ne voterai pas Arnaud Montebourg », répond, là aussi sans transiger, l’ancien ministre de l’Agriculture.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
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