Succession de Didier Guillaume : « La sérénité est essentielle à la survie du groupe PS »
Le patron du groupe PS, Didier Guillaume vient d’annoncer son retrait de la vie politique. Le groupe socialiste désignera son successeur mardi prochain. Si aucun candidat n’est pour le moment officiellement déclaré, un profil se dessine.

Succession de Didier Guillaume : « La sérénité est essentielle à la survie du groupe PS »

Le patron du groupe PS, Didier Guillaume vient d’annoncer son retrait de la vie politique. Le groupe socialiste désignera son successeur mardi prochain. Si aucun candidat n’est pour le moment officiellement déclaré, un profil se dessine.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Chez les socialistes du Sénat, l’annonce du retrait de la vie politique de Didier Guillaume a surpris pratiquement tout le monde (voir notre article). « On peut le regretter parce qu’on vient de l’élire il n’y a pas si longtemps que ça. Mais c’est son choix et ça lui appartient » rappelle Henri Cabanel, sénateur de l’Hérault.  Selon une information du bi-hebdomadaire Midi Olympique, Didier Guillaume pourrait prendre la présidence du Groupement d’Intérêt Public qui organisera la coupe du monde du rugby en 2023.

Si Didier Guillaume reconnaît ce mardi « s’être éclaté au Sénat », ses derniers mois à la tête du groupe n’ont pas toujours été une partie de plaisir. Réélu, président du groupe au premier tour à une voix de plus que la majorité (36 sur 70), après les dernières sénatoriales de septembre, son positionnement constructif à l’égard d’Emmanuel Macron, était contesté chez certains sénateurs socialistes (voir notre article). Ses félicitations à Olivier Dussopt, lorsque ce dernier intégra le gouvernement, révélèrent au grand jour ces tensions.

« Maintenir l’unité »

Mardi, même ses opposants au sein du groupe  saluent « son action en tant que président pour maintenir une unité qui était loin d’être acquise » comme l’explique Xavier Iacovelli, sénateur des Hauts-de-Seine. Le profil « d’un rassembleur » ou d’une « rassembleuse » du prochain président ou présidente du groupe socialiste ressort chez tous les sénateurs interrogés.

« Pas quelqu’un de sectaire pour lui succéder »

Proche de Didier Guillaume, la sénatrice de Marseille, Samia Ghali « ne souhaite pas voir quelqu’un de sectaire lui succéder ». « La sérénité est essentielle à la survie du groupe PS. Il y a ceux qui prônent l’opposition de principe et ceux, comme Didier Guillaume qui laissent à chacun soin de faire ses choix. Je suis dans un groupe politique, pas à l’armée ». Pour Xavier Iacovelli, un « président de groupe doit savoir faire travailler le collectif, plutôt que d’utiliser ce poste comme tremplin. Depuis sa réélection, Didier Guillaume n’était plus en phase avec le groupe. Le renouvellement est partout. Et je pense qu’au groupe PS, qui est le deuxième groupe du Sénat, nous avons aussi besoin d’une nouvelle tête » estime ce jeune sénateur élu en 2017 et qui pour le moment « ne s’interdit rien ».

« Il faut qu’il y ait un vote le plus rassembleur possible »

Rachid Temal, sénateur et coordinateur national du PS, fait lui aussi partie des « nouvelles têtes » de la Haute assemblée. « Il faut qu’il y ait un vote le plus rassembleur possible. Moi, je suis un jeune sénateur. Je travaille… Et c’est suffisant à ma tache » élude-t-il.

Martial Bourquin : « Je ne sais pas encore si je vais me représenter »

Martial Bourquin, sénateur du Doubs, avait lui recueilli 12 voix lors de la dernière élection à la présidence du groupe en septembre dernier. « Je ne sais pas encore si je vais me représenter. L’idée c’est d’avoir un groupe qui reste uni. La principale qualité d’un président c’est d’avoir une conception collective de son management » observe-t-il. Toutefois, Martial Bourquin souhaite que sous l’impulsion du prochain ou de la prochaine présidente, « le groupe PS soit capable de s’opposer à certaines réformes comme la loi de finances ». « Le groupe ne doit pas temporiser mais avoir des positions fermes ».

Au micro de Public Sénat, Frédérique Espagnac, sénatrice proche de François Hollande, a listé un « cahier des charges  à remplir pour qu’un candidat ou une candidate puisse potentiellement être élu mardi prochain : à savoir, « défendre les valeurs, les incarner et faire du collectif »

Frédérique Espagnac: le prochain pdt du groupe PS devra répondre à "un cahier des charges"
00:27

 

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le

Paris : Session of questions to the government at National Assembly
3min

Politique

Affaire Lyhanna : perpétuité pour les viols en série, enquêtes plus rapides…  les premières réponses de Sébastien Lecornu

Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.

Le

Succession de Didier Guillaume : « La sérénité est essentielle à la survie du groupe PS »
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le