Suppression de la redevance : « Cette annonce est démagogique » s’indigne Catherine Morin-Desailly
Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste de la Seine-Maritime et présidente de la commission de la culture, revient pour Territoire Sénat sur la réforme de l’audiovisuel public et la directive droit d’auteur.

Suppression de la redevance : « Cette annonce est démagogique » s’indigne Catherine Morin-Desailly

Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste de la Seine-Maritime et présidente de la commission de la culture, revient pour Territoire Sénat sur la réforme de l’audiovisuel public et la directive droit d’auteur.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ce matin, Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, a proposé la disparition de la contribution à l’audiovisuel public. Catherine Morin-Desailly est en désaccord et craint « un nouvel impôt » pour financer le manque à gagner.

Elle redoute aussi « une mise sous tutelle de l’audiovisuel public » qui ne sera plus libre de ses droits. Elle dénonce « une volonté de reconcentrer les pouvoirs » et de « décider des moyens de l’audiovisuel public » de la part du gouvernement.

De toute façon, pour Catherine Morin-Desailly, le responsable n’est pas le ministre des Comptes publics mais celui de la Culture. Franck Riester sera reçu par la commission de la culture sur la distribution de la presse et sera aussi entendu sur l’audiovisuel.

Elle trouve l’annonce « démagogique », comme celle de la suppression de la taxe d’habitation. D’autant plus que « la redevance française est une des plus basses d’Europe » et est acceptée dans la mesure où « il y a un effort de qualité et de différenciation ».

Les GAFA ont « une force de frappe considérable » pour « saper l’action publique »

Pour Catherine Morin-Desailly, le vote de la directive droit d’auteur est « une immense victoire ». Elle permettra « la rétribution de la création » et « un cercle vertueux » dans l’offre culturelle. Elle se félicite au nom de « la diversité culturelle européenne ».

La sénatrice déplore toutefois « un lobbying effréné » de la part des GAFA, qui rend difficile le vote des textes. Elle-même, en tant que présidente de la commission de la culture, fait l’objet de « tentatives de [la] convaincre » d’aller dans tel ou tel sens.

Elle affirme que « les GAFA exercent une pression, des menaces et des intimidations » au Parlement européen et au sein des États membres. Ainsi, la victoire est « collective », de la part des eurodéputés et des ministres Françoise Nyssen et Franck Riester.

Les droits voisins vont permettre « une rémunération des journalistes par les plateformes ». La sénatrice insiste sur le fait qu’actuellement le modèle n’est « pas gratuit », puisque les internautes payent via l’utilisation de leurs données.

Le modèle actuel génère des revenus par la publicité, qui met les GAFA « largement à l’abri du besoin ». Ainsi, la sénatrice ne doute pas de leur capacité à financer la création. Une baisse de ces revenus ne sera « qu’une goutte d’eau pour eux ».

Catherine Morin-Desailly rappelle que « la liberté est davantage bridée par les GAFA que par les États », via un « hyper conditionnement » de ce qu’on lit sur Internet. Elle réaffirme : « Ne pas se battre pour la juste rémunération, c’est tuer la création. »

Partager cet article

Dans la même thématique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le

Meeting of French centrist Renaissance party
8min

Politique

Présidentielle : Retailleau, Attal, Bertrand, Philippe… Les candidatures se multiplient à droite et au centre, mais l’hypothèse d’une primaire divise toujours autant  

Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.

Le

Voting session on the assisted dying bill at the National Assembly
10min

Politique

François Hollande, le pari du retour : peut-il redevenir président, 10 ans après ?

Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l’Élysée. À huit mois de la présidentielle de 2027, l’ancien chef de l’État sort un livre avec 80 propositions, multiplie les apparitions et mise sur une gauche sociale-démocrate sans candidat naturel. Mais dans une Ve République où les anciens présidents ont rarement réussi leur retour, son pari consiste à transformer une popularité retrouvée en véritable désir de candidature.

Le