Suppression de l’AME : « L’aide médicale d’État est un dispositif essentiel de santé publique », rappelle Aurélien Rousseau
Au lendemain de l’adoption au Sénat du projet de loi immigration qui prévoit la suppression de l’aide médicale d’Etat, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau a réaffirmé son opposition à cette mesure.
C’est toujours non. Au micro de Public Sénat, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau a réaffirmé la position du gouvernement au sujet de la suppression de l’aide médicale d’Etat, votée par le Sénat dans le cadre du projet de loi immigration. « C’est une mesure qui concerne le code de santé publique. Ça n’a pas grand-chose à faire dans un texte sur l’immigration. S’il y a un point qui est aujourd’hui documenté, c’est que l’AME ne crée pas d’attractivité à l’immigration. Et puis, c’est un dispositif de santé publique ».
Le ministre pointe également les conséquences pour l’hôpital du nouveau dispositif, l’aide médicale d’urgence (AMU) qui sous la plume des sénateurs, est censé remplacer l’AME ». « Il faut que les médecins de ville restent dans la boucle de la prise en charge de ces personnes et qu’on ne renvoie pas tout sur l’hôpital au risque de le mettre en grande difficulté ».
Aurélien Rousseau conclut en rappelant la ligne du gouvernement : « L’AME est un dispositif essentiel de santé publique ».
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».
En Gironde, la droite et le centre abordent les élections sénatoriales en position de force, après plusieurs victoires aux dernières municipales. À gauche, cinq listes se disputent les voix des grands électeurs, tandis que le Rassemblement national espère profiter de la dispersion pour décrocher, pour la première fois, un siège dans le département.