Sur l’immigration, « il n’y a pas de moratoire possible », estime Éric Woerth
Invité lundi de la matinale de Public Sénat, le député LR Éric Woerth s’est montré plus nuancé que les candidats à l’investiture de son parti sur la question de l’immigration. Face à la fermeté affichée par les postulants, l’ancien ministre du Budget estime que la vraie question doit être « celle de l’intégration ou de l’assimilation ».

Sur l’immigration, « il n’y a pas de moratoire possible », estime Éric Woerth

Invité lundi de la matinale de Public Sénat, le député LR Éric Woerth s’est montré plus nuancé que les candidats à l’investiture de son parti sur la question de l’immigration. Face à la fermeté affichée par les postulants, l’ancien ministre du Budget estime que la vraie question doit être « celle de l’intégration ou de l’assimilation ».
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Une fois de plus, l’immigration s’est imposée comme l’un des thèmes centraux du débat - le troisième - qui a opposé les cinq candidats à l’investiture LR pour la présidentielle dimanche soir. Chacun y allant de sa proposition pour limiter l’arrivée d’étrangers dans le pays : du « passeport républicain » défendu par Xavier Bertrand au droit du sang pour lequel milite d’Éric Ciotti, en passant par le système de quotas voulu par Valérie Pécresse, ou encore le « moratoire » de Michel Barnier. Déjà samedi, dans les colonnes du Parisien, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, dénonçait « l’obsession immigrationniste » de son ancienne famille politique, estimant que Les Républicains « singent Zemmour où Le Pen ».

« Gérald Darmanin monte un peu le ton, il était lui-même Républicain il n’y a pas si longtemps, il est ministre de l’Intérieur, il faut qu’il rétablisse l’ordre… déjà dans sa propre pensée ! », a ironisé lundi au micro de « Bonjour chez vous », sur Public Sénat, le député LR Éric Woerth. L’ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy affiche toutefois une position plus mesurée que celle des candidats à l’investiture de son parti sur ce sujet. « Il y a un niveau d’immigration plus élevé qu’il y a dix ans, mais pas énormément plus élevé. La question c’est celle de l’intégration ou de l’assimilation », estime-t-il. « Toutes les politiques publiques doivent en découler comme les politiques européennes. Il ne peut pas y avoir de politiques migratoires différentes entre les États. »

« Le grand remplacement, ce sera celui de Le Pen par Zemmour ! »

« Il faut une immigration en France. C’est absolument nécessaire, il n’y a pas de moratoire possible », assure Éric Woerth. « Mais il faut une volonté absolue de contrôler cette immigration », assure celui qui est également président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Il tient ainsi à tordre le cou à la théorie complotiste du grand remplacement, souvent évoquée à l’extrême droite de l’échiquier politique, notamment par le polémiste Éric Zemmour et Marion Maréchal. Mais qui fait aussi des émules à la droite de la droite, puisqu’Éric Ciotti a indiqué à plusieurs reprises au cours des dernières semaines y adhérer. « Le grand remplacement, ce sera celui de Le Pen par Zemmour ! », tacle Éric Woerth. « Il n’y a pas de grand remplacement, tout le monde peut venir sur des plateaux de télévision et amener des chiffres faux », s’agace-t-il.

Également interrogé sur le candidat qui aura sa préférence lors du vote des militants LR les 2 et 4 décembre, Éric Woerth avoue n’avoir pas encore fait son choix. « Je trouve que personne n’émerge vraiment, ils sont tous bons », balaye-t-il. Avec un regret toutefois : « On ressasse les mêmes idées qu’en 2007 et 2012. On est toujours sur les mêmes sujets », relève-t-il, en pointant l’importance accordée aux thématiques régaliennes.

>> Lire aussi : Immigration : quand le Sénat durcissait les conditions d’obtention des visas, contre l’avis du gouvernement

Partager cet article

Dans la même thématique

Sur l’immigration, « il n’y a pas de moratoire possible », estime Éric Woerth
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le

Paris French President Emmanuel Macron closing speech at the national convention on mental health
5min

Politique

SERIE D’ETE – Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? La santé mentale, Grande cause nationale

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce quatrième épisode : la santé mentale, Grande cause nationale de 2025 et de 2026.

Le

Tarbes Hautes Pyrenees manifestation contre la reforme des retraites
6min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le serpent de mer de la réforme des retraites

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.

Le