"Emmanuel Macron, on vient te chercher chez toi": des dizaines de "gilets jaunes", sans leur chasuble fluo mais armés de ballons et de sifflets,...
Sur les Champs-Elysées, des ballons jaunes et des sifflets pour Macron
"Emmanuel Macron, on vient te chercher chez toi": des dizaines de "gilets jaunes", sans leur chasuble fluo mais armés de ballons et de sifflets,...
Par Sofia BOUDERBALA et Isabelle TOURNE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
"Emmanuel Macron, on vient te chercher chez toi": des dizaines de "gilets jaunes", sans leur chasuble fluo mais armés de ballons et de sifflets, ont copieusement hué le chef de l'Etat lors du défilé du 14 juillet, avant d'investir l'avenue des Champs-Elysées.
C'est une première depuis l'"acte 18", à la mi-mars: des dizaines de personnes, "gilets jaunes" contestant la politique fiscale et sociale du gouvernement mais aussi jeunes encapuchonnés prêts à en découdre, sont parvenus à déferler sur la célèbre avenue, rouverte au public dans l'après-midi.
"Ce matin on est venu assister au défilé car on est citoyen. On nous a tellement interdit de Champs, c'est important d'être de retour", a déclaré à l'AFP Cid, 33 ans, venu de Seine-et-Marne. Bleu, blanc, rouge des pieds à la tête, il est encore révolté par le traitement réservé aux manifestants, encerclés et "traités comme des chiens".
Barrières renversées, poubelles brûlées: un face à face tendu a duré environ deux heures en haut de l'avenue, les forces de l'ordre usant de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui se réfugiaient dans les rues adjacentes.
La matinée avait débuté par des sifflets et lancers de ballons jaunes au passage du président, déjà une petite "victoire" pour le mouvement de contestation sociale, qui a rassemblé jusqu'à 280.000 manifestants en novembre et s'est considérablement essoufflé ces dernières semaines.
- "Ca va péter" -
Au passage du président de la République, les protestataires ont sorti les sifflets et donné de la voix: "Gilets jaunes ! Ça va péter !", "Emmanuel Macron, on vient te chercher chez toi".
"C'est sûr, il a dû nous entendre", a lancé Stéphane, jean et casquette. "Ouais, mission accomplie", a renchéri Samuel, une vingtaine d'années, tandis qu'un petit groupe descendait puis remontait l'avenue en chantant: "On est là, même si Macron ne veut pas, pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, nous on est là".
Des gendarmes entourent une jeune femme habillée en jaune criant des slogans anti-Macron, lors du défilé du 14 juillet 2019 sur les Champs-Elysées à Paris
AFP
Dès le début du défilé, des figures emblématiques du mouvement de contestation avaient été interpellées et ont été placés en garde à vue quelques heures: Jérôme Rodrigues, érigé en symbole des "violences policières" depuis la perte de son oeil droit en janvier, et Maxime Nicolle, dit "Fly Rider" pour sa passion des motos, pour "organisation d'une manifestation illicite", le routier Eric Drouet pour "rébellion".
Au total, 175 personnes ont été interpellées en marge du défilé, a indiqué la préfecture de police. Arié Alimi, l'avocat de Jérôme Rodrigues, a dénoncé à l'AFP des "interpellations d'opposants politiques".
Le long de la célèbre avenue, la colère était intacte. Les motards de la police furent les plus copieusement sifflés - "Tout le monde déteste la police", "Assassins ! Ils crèvent les yeux !" -, les pompiers les seuls applaudis.
Le dialogue fut parfois âpre avec les "patriotes": "Vous avez gâché le défilé de ma fille de 12 ans", a lancé Jean-Pierre, entrepreneur, à une blonde qui s'époumonait, sifflet en bouche. "Mais on est là aussi pour votre fille. Quand elle sera dans un Ehpad ou un hôpital et qu'on ne lui changera sa couche qu'une fois par jour faute de personnel soignant, vous verrez..."
"Maintenant c'est +ferme ta gueule et consomme+. Mais il y a des riches de plus en plus riches et nous on crève. Les courses, la santé - je dois refaire mes dents -, on n'y arrive pas et ces cons ils chantent la patrie", a tonné Monique, retraitée de 63 ans.
Alors que se succédaient cavaliers, chars et képis de couleur sur l'avenue, Roselyne tempêtait: "Mais c'est nous la France. Des hôpitaux qui ferment, des chômeurs à qui on dit de traverser la rue. C'est une honte".
En fin de journée, avant un match de l'Algérie en demi-finale de la Coupe d'Afrique des Nations, le préfet de police a prévenu que les forces de l'ordre étaient prêtes à faire face si "de nouvelles difficultés apparaissent".
Ce lundi 3 août, la justice administrative française a rejeté un recours formé par Xenia Fedorova contre l’arrêté d’expulsion la visant. Les juges ont écarté la demande formée par la chroniqueuse du groupe Bolloré.
Le 27 septembre 2026 se tiendra l’autre scrutin de l’année, les sénatoriales. Comme tous les trois ans, la chambre haute du Parlement est renouvelée de moitié. Quels départements sont concernés ? Quel mode de scrutin ? Le calendrier ? Explications.
Terre de refuge pour les protestants persécutés lors des guerres de religions, puis lieu d’accueil pour les républicains espagnols fuyant le régime de Franco et enfin village refuge pour les juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, la commune du Chambon-sur-Lignon et ses habitants ont dans leur histoire souvent aidé les personnes persécutées. En mémoire de cet engagement, il y a quelques années, un homme a fait du village son héritier. Mais qui était-il ? Pourquoi a-t-il fait ce legs ? Et qu’est-ce que cela nous dit que ceux qui ont lutté discrètement contre les nazis durant plusieurs années, c’est ce que raconte le documentaire "Le Chambon-sur-Lignon, un legs pour l'Histoire", de Jérôme Lévy diffusé cet été sur Public Sénat.
Les sénatoriales sont les prochaines élections à se tenir en France. Tous les trois ans, le Sénat est renouvelé par moitié : ce sont ainsi 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger qui sont concernés. La rédaction de Public Sénat fait le point sur le prochain renouvellement de la chambre haute.