Surveillante tuée à Nogent : « 57% des homicides commis par des mineurs le sont par armes blanches », indique le ministre François-Noël Buffet

Après le meurtre d’une surveillante, tuée à coups de couteaux par un collégien mardi matin en Haute-Marne, François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, plaide pour la mise en œuvre d’une expérimentation sur les portiques de sécurité.
Romain David

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Au lendemain du meurtre de Mélanie, une surveillante poignardée à mort par un élève de 14 ans à l’entrée d’un collège de Nogent, en Haute-Marne, les propositions se multiplient au sein de la classe politique pour lutter contre la criminalisation des mineurs. Le Premier ministre, notamment, a évoqué sur TF1, puis devant le Sénat ce mercredi 11 juin, un élargissement de la liste des armes blanches, – ce qui pourrait empêcher la vente de certains couteaux –, et le recours à des portiques de sécurité à l’entrée des établissements.

« Nous constatons depuis plusieurs années une augmentation de la violence des mineurs au sens large du terme. Non pas qu’elle augmente en nombre, mais elle progresse fortement en intensité. On est passé entre 2016 et 2024 de 39 à plus de 130 homicides », a relevé François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, au micro de Public Sénat à la sortie de la séance de questions d’actualité au gouvernement, ce mercredi 11 juin. « 57 % des homicides commis par des mineurs le sont par armes blanches », pointe-t-il.

« Il y a plusieurs réponses », estime ce responsable gouvernemental. « Incontestablement, il y a une réponse sur le contrôle et le durcissement des règles, telle qu’annoncée par le Premier ministre. En particulier l’interdiction de la vente d’un certain nombre de couteaux, ou alors la possibilité qu’un adulte contresigne l’achat », explique-t-il.

« Un problème de rapport à l’autorité, de respect de la règle »

Reconnaissant que le recours aux portiques de sécurité ne fait pas l’unanimité, certains redoutant une bunkérisation des établissements scolaires, François-Noël Buffet plaide pour une expérimentation du dispositif. « On n’est pas obligé d’avoir des systèmes complexes, il y a des sortes de bâtons que l’on utilise à l’entrée des stades de football et qui permettent de voir tout de suite si vous portez quelque chose de métallique ou pas », explique l’ancien sénateur. « L’installation peut être très rapide, et ça ne coûte pas très cher. »

« Nous devons réinterroger notre stratégie à l’égard des mineurs, être capable de détecter les signaux faibles », poursuit François-Noël Buffet. « Nous nous rendons compte qu’il y a un problème de rapport à l’autorité, de respect de la règle et un problème de santé mentale de plus jeunes. C’est un constat documenté », ajoute-t-il.

À cette fin, une série de propositions sera présentée avec la future stratégie nationale de prévention de la délinquance, « bientôt rendue publique ». « Avec comme fondement le retour de l’autorité parentale, de l’autorité de la justice et de l’autorité du maire », ajoute le ministre.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Surveillante tuée à Nogent : « 57% des homicides commis par des mineurs le sont par armes blanches », indique le ministre François-Noël Buffet
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le