Echirolles Securite : controle des sacs des eleves  par la police devant le Lycee Marie Curie
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Surveillante tuée à Nogent : quelles réponses propose la classe politique ?

Hier, une surveillante d’éducation est décédée à la suite de coups de couteau portés par un élève de 14 ans lors d’un contrôle des sacs devant un collège à Nogent (Haute-Marne). Indignée, la classe politique a proposé de nombreuses mesures pour lutter contre ce type de drame.
Marius Texier

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Après le décès, en mars dernier, d’un jeune de 17 ans lors d’une rixe devant un lycée, les ministres Bruno Retailleau et Elisabeth Borne mettaient en place une circulaire pour instaurer des contrôles aléatoires de sacs dans les établissements scolaires. C’est à l’occasion d’un contrôle de sacs qu’un élève de 14 ans a asséné plusieurs coups de couteau à une assistante d’éducation de 31 ans.

Interdire les armes blanches aux mineurs

« Ce n’est pas possible qu’un adolescent ait une arme blanche dans la rue ou à l’école », a prévenu Emmanuel Macron le soir même à l’occasion d’une interview sur France 2. « On ne pourra plus vendre ces armes blanches », a-t-il précisé. Peu de temps avant, François Bayrou annonçait la même chose sur le plateau de TF1 précisant que l’interdiction allait arriver « tout de suite ». Pour ce faire, le Premier ministre envisage d’élargir la « liste des armes blanches » affirmant vouloir que « tous les couteaux qui peuvent constituer une arme » soient compris. « Pour l’instant, il n’y a que les poignards qui sont interdits », a-t-il expliqué. Un contrôle de l’âge sera également étendu notamment lors d’une réception de colis contenant un couteau. Un adulte devra systématiquement apposer sa signature lors de la réception

Du côté du Rassemblement national, on trouve que la proposition « n’est pas à la hauteur de la gravité de la situation ». Dans une déclaration, Marine Le Pen a appelé à l’application des textes qui existent sur le « port d’arme illégal ».

Expérimentation des portiques

Le Premier ministre s’est également montré favorable « à ce qu’on expérimente les portiques comme dans les aéroports », en particulier dans les établissements dans lesquels il y a du « désordre ». Si François Bayrou s’est dit conscient du risque de ralentissement devant les établissements, la mesure proposée présente quelques failles. Pour Gabriel Attal, les portiques déjà en place sont des « tourniquets avec une badgeuse » qui ne permettent pas « d’empêcher qu’une arme blanche rentre dans l’enceinte des établissements scolaires ». Le maire du Havre, Edouard Philippe, a qualifié la proposition de « fausse bonne idée » tandis que le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a souligné que les portiques de sécurité ne permettent pas de détecter des « couteaux en céramique ».

Certains pointent également le coût d’une telle installation pouvant atteindre quelques dizaines de milliers d’euros. D’autres redoutent les attroupements devant les portiques. « Avec la menace terroriste, on veut éviter les attroupements », a précisé Gabriel Attal.

Interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans

Une autre proposition, régulièrement ressortie à l’occasion de drames comme celui survenu hier, a été émise par le président de la République : l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Dans son interview sur France 2, il s’est dit favorable à une interdiction dans le cas où l’Union européenne ne le faisait pas elle-même. Mais cette interdiction peine dans la pratique. En théorie, les plateformes de réseaux sociaux doivent déjà interdire la création d’un compte pour les mineurs de moins de 13 ans. Néanmoins, d’après l’enquête menée par l’association Génération Numérique, près de 63 % des jeunes de moins de 13 ans sont titulaires d’au moins un compte sur les réseaux sociaux.

Après s’être rendue sur les lieux du drame, la ministre de l’Education nationale, Elisabeth Borne, a dénoncé « l’usage excessif des écrans et des réseaux sociaux » dans les « comportements violents et déréalisés ». Elle a également insisté sur l’importance de la santé mentale et la santé scolaire » avant d’annoncer que « les jeunes signalés par l’Education nationale » seront pris en charge pour des problèmes psychologiques et psychiatriques.

La santé mentale des jeunes

Sur TF1, le Premier ministre a reconnu le manque « d’infirmières, de psychologues et de psychiatres » dans la société. Selon la secrétaire générale du SNES-FSU, une « psychologue de l’Education nationale a en charge 1 600 élèves ». François Bayrou souhaite une « politique de formation » de la communauté éducative sur la santé mentale des adolescents. « Il faut que toute la communauté scolaire commence à acquérir la connaissance des signes qui permettent de penser qu’un adolescent ne va pas bien », a-t-il souligné.

A gauche, on insiste sur l’urgence de la santé mentale. Sur X, Jean-Luc Mélenchon a rappelé la nécessité « d’agir à temps » et de veiller à la santé mentale des jeunes. Selon un rapport du groupe néerlandais KidsRights, sorti aujourd’hui, les problèmes de santé mentale chez les adolescents sont en hausse dans le monde, notamment à cause d’une utilisation non conforme des réseaux sociaux. Plus de 14 % des 10-19 ans dans le monde sont touchés.

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