Comme Emmanuel Macron, François Patriat a lui aussi fini par se résigner à mettre sur pause, temporairement, la réforme des retraites de 2023. Intégrée par le gouvernement dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) comme signe de bonne volonté à l’égard du Parti socialiste, la mesure n’en tiraille pas moins le bloc central.
Le sénateur Renaissance, président du groupe RDPI (Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants), considère que les parlementaires macronistes ont « courageusement » voté cette réforme il y a deux ans et demi. « Nous pensons qu’elle n’est même pas suffisante », ajoute-t-il, à notre micro ce 12 novembre.
« Il y a malgré tout l’impératif de la stabilité et l’obtention d’un budget. Quels seraient les dégâts aujourd’hui pour les finances publiques de vouloir s’entêter et qu’il n’y ait pas de budget ? » s’interroge-t-il. Défendant un « déplacement dans le temps » et non une « suspension », le sénateur de la Côte-d’Or devrait suivre la même ligne d’une majorité de députés Ensemble pour la République (EPR) ou MoDem, « Je plaiderai dans mon groupe peut-être pour l’abstention. On verra, il y aura sans doute deux ou trois voix qui voudront malgré tout maintenir la [réforme], et je les comprends. Je crois que c’est l’efficacité budgétaire qui doit primer aujourd’hui », a-t-il expliqué.