Suspension des dissidents PS : « J’espère que la commission des conflits saura être suffisamment souple », affirme Patrick Kanner
A l’issue du bureau national du Parti socialiste qui s’est tenu mardi 28 juin, 79 dissidents socialistes ont été suspendus. Leur faute : avoir refusé de rejoindre la Nupes et s’être présentés face à des candidats de cette coalition. Si leur sort est loin d’être scellé, certains sénateurs socialistes s’agacent déjà de ce qu’ils perçoivent comme une « mélenchonisation » du parti.

Suspension des dissidents PS : « J’espère que la commission des conflits saura être suffisamment souple », affirme Patrick Kanner

A l’issue du bureau national du Parti socialiste qui s’est tenu mardi 28 juin, 79 dissidents socialistes ont été suspendus. Leur faute : avoir refusé de rejoindre la Nupes et s’être présentés face à des candidats de cette coalition. Si leur sort est loin d’être scellé, certains sénateurs socialistes s’agacent déjà de ce qu’ils perçoivent comme une « mélenchonisation » du parti.
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Par Héléna Berkaoui

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« Il y avait les procès de Moscou, maintenant il y a les procès d’Ivry-sur-Seine », raille un sénateur PS au lendemain de la suspension de 79 dissidents socialistes. Mardi 28 juin, le bureau national du parti socialiste s’est réuni dans une ambiance qu’on devine électrique. La direction a décidé de suspendre ceux qui avaient refusé de joindre la Nupes avant de présenter leur candidature contre un candidat de la coalition de gauche. C’est donc 57 candidats socialistes et 22 suppléants qui sont dans le viseur.

Selon L’Express, on retrouve dans cette liste Frédéric Cuvillier, ancien ministre des Transports de François Hollande, qui était le suppléant de Mireille Hingrez-Cereda dans le Pas-de-Calais. Mais aussi des dissidents soutenus par le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, dans l’Hérault. Ou encore, Laurent Panifous, le protégé de Carole Delga dans l’Ariège.

Suspension ne veut pas dire exclusion, tempère le chef du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner. Il rappelle que ces dissidents devraient passer devant la commission des conflits du parti dont la présidence est actuellement vacante. L’ancien président, Laurent Azoulai, a démissionné au moment de l’alliance avec la France insoumise.

« J’espère que la commission des conflits saura être suffisamment souple pour décider qu’il n’est peut-être pas le moment d’exclure », réagit sobrement Patrick Kanner. « Il y a aussi des questions qui se posent sur les soutiens financiers qui ont pu être attribués au plan local. Nous ne sommes pas la LFI, il y a des règles et il faut que chacun puisse défendre son point de vue », poursuit-il. Une commission d’investigation ad hoc devrait donc se pencher sur les comptes des fédérations qui auraient pu financer des candidats dissidents.

Patrick Kanner qui a assisté au bureau national, sans prendre part au vote, rappelle que cette décision a été débattue et que le vote a été clair. « C’est une procédure interne qui ne regarde que les socialistes et j’espère qu’elle se réglera dans de bonnes conditions », conclut le sénateur du Nord.

« En 2017, il y avait des socialistes qui avaient utilisé la photo d’Emmanuel Macron ou le logo de la majorité présidentielle et on ne les a pas virés », rappelle le sénateur du Val d’Oise, Rachid Temal. Sans préjuger de cette décision, il lâche succinctement : « Je pense qu’il faut toujours additionner ».

Lors des législatives de 2017, des personnalités socialistes telles que Pierre Jouvet faisait effectivement campagne sous la bannière « Majorité présidentielle ». Désormais porte-parole du Parti socialiste, il a été le candidat malheureux de la Nupes dans la 4e circonscription de la Drôme.

Selon Le Parisien, la direction du PS souhaite également organiser un débat pour aborder le cas des cadres du Parti qui ont affiché un soutien appuyé à des candidats dissidents. Sur le banc des accusés pourraient donc se retrouver François Hollande, son ex-premier ministre Bernard Cazeneuve, Carole Delga ou encore Stéphane Le Foll.

« Tout cela est d’une hypocrisie crasse », peste un sénateur socialiste qui estime que ce coup de balai a lieu « pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon ». « Dans le parti, il y a un rapport à la démocratie qui s’est mélenchonisé », poursuit-il sur le même thème et de s’étrangler sur le fond : « On n’a plus beaucoup de militants et on veut purger, c’est de la folie ! ».

Les réunions devraient se poursuivre entre responsables socialistes d’ici le Congrès du Parti qui aura lieu peu après à la rentrée.

 

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