Syrie : François Hollande rappelle que Bachar al-Assad aurait pu être renversé en 2013, « si Barack Obama nous avait suivis »

Lors d’un hommage à Robert Badinter organisé au Sénat par l’Institut François Mitterrand et le groupe socialiste de la Haute assemblée, François Hollande est revenu sur l’un des regrets de son quinquennat : ne pas avoir utilisé la force contre Bachar al-Assad en 2013.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Laurent Fabius, Lionel Jospin, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Jean-Pierre Bel, Ségolène Royal, Édith Cresson, les deux présidents des groupes socialistes du Parlement, Patrick Kanner et Boris Vallaud… le gratin du parti socialiste, passé et présent, était présent l’espace de quelques heures au Sénat, pour un hommage à l’ancien sénateur et ministre, Robert Badinter, organisé par l’Institut François Mitterrand en présence d’Élisabeth Badinter.

Malgré nos tentatives, François Hollande et Bernard Cazeneuve seront restés muets lorsqu’on les interroge sur la question politique du moment, à savoir la composition du nouveau gouvernement. « Nous sommes souvent ensemble avec Boris (Vallaud) en cette période. Il doit y avoir un évènement particulier qui anime la vie politique française », souligne pourtant, amusé, Patrick Kanner avant l’intervention « des grands témoins » qui ont fait appel, durant leur carrière politique, à Robert Badinter, ancien sénateur et garde des Sceaux.

Parmi eux, François Hollande rappelle que Robert Badinter, en 2016, avait été chargé de remettre un rapport au Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, sur la réforme du code du travail. « Celle qui simplifie, qui allège, qui donne de grands principes […] Ce travail a-t-il été traduit comme il convenait ? Je laisse aux historiens […] faire la lumière sur ce sujet », avance dans un sourire, le député de Corrèze.

« Il faut parfois utiliser la force si l’on veut que le droit l’emporte »

L’ancien chef d’Etat indique aussi que Robert Badinter « l’appuyait sur les choix » qu’il avait à faire en matière de politique étrangère, « notamment sur la situation en Ukraine et en Syrie ». Au lendemain de la chute du dictateur Bachar al-Assad, François Hollande rappelle l’un des regrets de son quinquennat. En 2013, les preuves de l’usage d’armes chimiques par le dirigeant syrien sur sa population avaient conduit la France et les Etats-Unis à prendre la décision de frapper militairement le régime de Damas. Mais au dernier moment, le président des Etats-Unis avait fait volte-face.

« En 2013, il eut été possible de le renverser (Bachar al-Assad), si Barack Obama nous avait suivis. Ce qui veut dire qu’il y a des interventions qu’il ne faut pas faire, parce qu’elles peuvent avoir des conséquences graves, c’est ce qui produit en Irak. Et il y a des interventions qu’il faut faire malgré toute la réticence que nous avons à utiliser la force quand nous défendons le droit. Mais il faut parfois utiliser la force si l’on veut que le droit l’emporte », a-t-il préconisé.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Tarbes Hautes Pyrenees manifestation contre la reforme des retraites
6min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le serpent de mer de la réforme des retraites

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.

Le

Syrie : François Hollande rappelle que Bachar al-Assad aurait pu être renversé en 2013, « si Barack Obama nous avait suivis »
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le