Syrie: Macron juge « inacceptables » les critiques d’Assad contre la France
Emmanuel Macron a qualifié mardi d'"inacceptables" les vives critiques prononcées la veille par le président syrien Bachar al-Assad, qui a...

Syrie: Macron juge « inacceptables » les critiques d’Assad contre la France

Emmanuel Macron a qualifié mardi d'"inacceptables" les vives critiques prononcées la veille par le président syrien Bachar al-Assad, qui a...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron a qualifié mardi d'"inacceptables" les vives critiques prononcées la veille par le président syrien Bachar al-Assad, qui a accusé la France de "soutien au terrorisme".

"Nous avons été cohérents depuis le début", en luttant contre un seul ennemi, "Daech" (acronyme arabe du groupe Etat islamique), en Syrie, a déclaré M. Macron devant la presse après avoir reçu le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

"C'est pour cela que les propos étaient inacceptables" car "si quelqu'un a combattu et peut gagner d'ici fin février c'est la coalition internationale", a-t-il ajouté.

"Tous les autres ont des ambiguïtés" et "une priorité : frapper les opposants" au régime, a dénoncé le chef de l'Etat.

"Le peuple syrien a un ennemi, il s'appelle Bachar. C'est une réalité", a-t-il poursuivi, en évoquant les millions de Syriens ayant fui le pays depuis la révolte réprimée de 2011 dans la foulée des Printemps arabes.

Selon M. Macron, "si nous voulons construire un processus de paix qui conduira à la stabilité, nous nous devons de mettre les parties autour de la table et construire une transition qui permettra, non pas le statu quo durable, (mais une transition) qui conduirait à faire vivre des millions d'opposants hors des frontières".

Le président Emmanuel Macron, le 19 décembre 2017 à l'Elysée, à Paris
Le président Emmanuel Macron, le 19 décembre 2017 à l'Elysée, à Paris
POOL/AFP

"C'est un processus où les représentants de Bachar al-Assad seront là car il est aujourd'hui à la tête du pays (…) mais il est indispensable que l'ensemble des oppositions soient présentes et que nous ayons un processus politique et électoral qui permette à l'ensemble des Syriens de pouvoir s'exprimer".

"Je ne crois pas que la Syrie se résume à Bachar al-Assad", a-t-il ajouté, en dénonçant aussi les "puissances extérieures qui voudraient imposer une paix qui viendrait d'eux".

Bachar al-Assad a déclaré lundi que "la France a été le porte-étendard du soutien au terrorisme en Syrie dès les premiers jours" du conflit. Il faisait référence au soutien apporté par Paris aux rebelles qui luttent contre son régime depuis 2011 et que Damas qualifie de "terroristes". "Elle n'est pas en position de donner une évaluation d'une conférence de paix", a-t-il ajouté à Damas.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian lui a répondu en disant lundi à Washington : "Quand on a passé son temps à massacrer son peuple, on a généralement un peu plus de discrétion".

Le dernier cycle de pourparlers organisé sous l'égide de l'ONU entre régime et opposition syriens s'est achevé jeudi à Genève sans avancée.

A ce jour, toutes les tentatives pour trouver une issue au conflit syrien se sont avérées infructueuses, avec comme principale pierre d'achoppement le sort du président Assad.

Au processus de Genève, Damas préfère celui d'Astana, parrainé par la Russie, principal allié du régime. Mais, pour M. Macron, "le processus d'Astana n'aboutit pas à un résultat car il n'est pas inclusif", en ne permettant pas "une juste représentation des opposants".

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
6min

Politique

Affaire Lyhanna : la proposition d’une peine de perpétuité pour les violeurs en série, laisse perplexe le monde judiciaire

A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.

Le